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LA HAUSSB DBS PRIX 245
M. Levasseur * signalait ce mouvement en 1909, pour la viande.
« Le prix, qui avait été variable de 1880 à 1900, a augmenté chaque année presque partout depuit 1900. . ^ Paris, le kilo était coté i fr. 79 en 1900 et 2 fr.44 en 1908 ; Tannée 1905 présente seule un arrêt dans cette hausse qui, en neuf ans, n'a pas été de moins de 39 «/o. '
« Quand on dresse les courbes du prix de la viande de boucherie d'après les tableaux de chiffres contenus dans les statistiques décennales de Tagriculture €jt continués par la statistique annuelle, on voit les quatre courbes (afférentes aux quatre catégories d'animaux) effectuer les mêmes ondulations en hausse et en baisse. Ce faisceau monte, puis il baisse jusqu'en 1888; |il se relève ensuite jusqu'en 1891, baisse de nouveau jusqu'en 1893, remonte en 1894-95, lentement d'abord, rapidement enfin, et atteint, en 1907, le niveau le plus élevé ».
Depuis 1907 le cours de la viande et du bétail n'a pas cessé de s'élever encore. Les plaintes retentissantes des ménagères ameutées attestent même l'am- ' pleur autant que la réalité de ce mouvement des prix. Sa généralité n'est pas douteuse, et il importe de ne pas oublier que le bétail abattu représente dans notre pays plus de 1.700 millions de francs, soit près de la moitié du produit brut agricole d'origine animlile*.
Le bétail et la viande qu'il fournit ne sont pas d'ailleurs les seules denrées que la hausse ait affectées
1. Enquête sur le prix des denrées alimentaires. Revue économique internationale y mai^l909.
2. Voir l'Enquête agricole de 1912 et notre ouvrage sur la CrUe agricole, Paris, Masson, 1904, 1 vol.
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depuis dix ans. Une matière première dont Timportance est hors de pair, la laincy subit la même influence. Un spécialiste autorisé, M. Cb. Marteau, de Reims, a bien voulu nous communiquer les prix cotés et relevés par lui depuis 1895, pour un type bien défini, la laine de Champagne lavée à fond. De 1895 à 1899, le cours ne dépasse pas 3 fir. 50 par kilo ; il s'élève, en revanche, & 3 fr. 90 de 1900 à 1904, et à 4 fr.80 de 1905 à 1909. La hausse ressort à l fr. 30 ou d37 Vo!
La laine n'offre pas un intérêt très grand au point de vue agricole dans notre pays, qui ne produit guère plus qu'une valeur de 48à50 millions de francs chaque année. Mais l'industrie française achète, en revanche, une énorme quantité de cette matière première. Nos importations représentaient 562 millions de francs en 1909, 458 millions en 1908, 580 millions en 1907. La hausse de la laine a donc une importance considérable et ses répercussions économiques intéressent tous les consommateurs.
L'élévation des prix affecte une autre matière première industrielle dont la production s'est pourtant accrue avec une extraordinaire rapidité. Nous voulons parlerde la soie. Dans l'espace de trente ans, de 1878 à 1908, la quantité de soie mise à la disposition de l'industrie dans le monde a plus que doublé ; elle a passé de 9 à 20 millions de kilos. Pendant près de vingt ans, il est vrai, jusqu^en 1898, la cote des soies a fléchi, mais la baisse est arrêtée depuis dix ans, et îa hausse se dessine malgré les brusques variations en sens inverse qu'expliquent des crises momentanées comme celle de 1907. Il suffit de jeter les yeux sur un des graphiques si intelligemment dressés par la maison Ghabrières, Morel et C'% de Lyon, pour vérifier Texaciitude de notre conclusion*
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Les patientes recherches de M. Levasseur ont uémontré que la hausse affecte en réalité bien d'autres produits agricoles et notamment les aliments dont il a étudié les fluctuations de prix. Pour prouver que les cours de cette catégorie spéciale de denrées ont subi la même influence depuis la fin du siècle dernier, il suffit de citer les indices généraux, c'est-à-dire les nombres qui représentent les variations moyennes et générales depuis 1895. Aux chiffres qu'a obtenus M. Levasseur, nous joignons de plus ceux qu'a publiés M. March, chef de la statistique générale de France.
Voici les deux colonnes dressées par ces auteurs et les chiffres que nous ramenons à 100 pour l'année 1895:
Nombres indices pour les denrées alimentaires.
D'après M. March.
D'après M. Lerasseur.
La hausse des prix et la cherté des vivres est ici bien accusée et parfaitement précisée. On voit quelle est son ampleur, et l'on constate qu'elle s'est produite depuis dix ans.
Mais remarquons bien que ce phénomène éconouiique d'une si haute portée exerce son action sur les matières premières industrielles aussi bien que sur les aliments. Il a donc pour caractère saillant la gêné-
ralitéy et il n'est pas moins certain que son action est persistante ; elle se fait sentir depuis le début de ce siècle quelles qu'aient été les circonstances diverses climatériques ou économiques qui en ont atténué ou exagéré Tampleur.
Pour acherer cette démonstration et pour préciser le caractère principal de la hausse, il nous reste à prouver qu'elle n'est pas spéciale à notre pays. Il s*agit d'un fait qui intéresse l'Agriculture moderne au début du XX* siècle.
En réalité, les preuves abondent. Le service de la statistique agricole à Washington nous fournit à cet égard des chiffres typiques. Ils concernent notamment les produits végétaux dont nous avons déjà parlé, c'est-à-dire les céréales et les pommes de terre ; ils se rapportent, en outre, à une matière première importante entre toutes, le coton. Voici les prix* dont le mouvement ascensionnel est parfaitement visible :
Prix en « cents » des produits agricoles d-^ssous indiqués,
Sar- Pommet Pèiodet. Coton. Mais. Blé. Avoine. Orge. Seigle, rasin. de terre.
La généralité et la physionomie spéciale de ces variations sont indiquées ici avec une extrême clarté. Les cours ont toujours fléchi durant la période 1890- 99 qui a été marquée par une baisse aussi bien aux Etats-Unis qu'en France. Tous les prix se relèvent au
1. Voir : Crop Reporter published by the authority of the Secretary of Agriculture. December, 1910, Washington, D. G.
250 L*A6RICDLTURB MODBRNB
contraire durant la dernière période, c'est^-à-diré pendant les premières annés de ce siècle.
En comparant les valeurs produites par unité de Surface (acre) en 1899 et en 1909, le chef du bureau de la statistique obtient les plus-values suivantes qui 'sont dues presque exclusivement aux augmentations des cours :
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Pour le maïs 78
— leble 114
— Tavoine 54
— Torge 24
— le seigle." 88
«- le sarrasin . 88
"i^ les pommes de terre 61
— le loin . 48
— le tabac , 65
— le coton 65
La comparaison faite entre deux années et non pas entre deux périodes a peut-être exagéré la hausse, mais néanmoins celle-ci est certaine autant que considérable. Notre premier tableau le démontre jus'qu'à révidence.
Les produits d'origine animale, le bétail notamment, ont subi les mêmes influences et ses cours obéissent aux mêmes lois. Les chevaux, les mulets, les vachcs^ laitières, les moutons et les porcs, augmentent de prix à partir de 1900.
Ce fait est trop saillant pour que nous puissions nous dispenser de citer encore quelques chiffres. Une affirmation ne saurait suffire. Voici les fluctuations de valeur relevées par le service de la statistique agricole américaine ^ :