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L'Agriculture moderne

Trois faits caractérisent l'Agricul luffïsent à la distinguer de celle qui éti r a un siècle. Ces trois faits sont : l'aboi >roduction sous des formes de plus en plus variées, a spécialisation des cultures et la connaissance exacte mssi bien que le respect des aptitudes productives des ois, enfin, la mise en valeur des territoires nouveaux jiie la transformation des moyens de transport a >ermis d'utiliser.

A ces divers points de vue, l'œuvre accomplie :orrespond à de merveilleux progrès. Un exemple qui onstitue une preuve suffit à le montrer.

En 1789, la population de la France ne dépassait >as 26.500.000 habitants 4 , dont la condition et le >ien-ètre étaient bien inférieurs à la situation des 0 millions de Français qui vivent aujourd'hui sur le nême territoire. Sans doute nous importons davanage et le commerce international nous fournit à ette heure une quantité bien plus grande de den-

1. Dénombrement fait par ordre de l'Assemblée nationale en 790. Le chiffre exact est 26. 363. 000, mais il convient d'y ajouîr la population du Comtat et d'Avignon réunis à la France en

INTRODUCTION

rées alimentaires ou de matières premières industrielles, mais, en revanche, nos exportations se sont largement accrues. Tout compte fait, c'est, presque exclusivement, au développement de la production rurale qu'est lié le progrès du bien-être général d'une population plus nombreuse de moitié.

L'essor de l'industrie est lui-même la conséquence des progrès de l'Agriculture. Cette dernière fournit, en effet, aux manufactures la plupart des matières à transformer; elle leur assure le débouché sans lequel leur vie économique resterait impossible.

Ce qui est vrai pour notre pays l'est également pour la plupart des autres nations. La prospérité même et la puissance des peuples plus spécialement industriels restent subordonnées au développement de la production agricole dans le monde, car l'industrie a pour fonction d'opérer une transformation, et l'on ne saurait transformer des matières que l'Agriculture n'aurait pas produites.

L'industrie minérale fait seule exception à cette règle.

Les progrès accomplis en agriculture sont le plus souvent attribués aux transformations techniques des méthodes de culture.

Cette opinion renferme, cela est clair, une grande part de vérité, mais il est indispensable de compléter l'explication qu'elle nous fournit et de ne pas oublier les transformations économiques qui ont exercé une influence tout aussi importante et décisive. La production agricole suppose l'emploi de capitaux immenses représentés par le sol lui-même, par le bétail, les semences, les matières fertilisantes, par l'outillage mécanique, et par les avances de toutes sortes que le cultivateur doit posséder pour tirer parti des forces productives de la terre.

INTRODUCTION

L'amélioration du sol. l'accroissement des avances cul tu raie s, sont indispensables au développement de la production et constituent des transformations économiques puisqu'il s'agit de l'accumulation des épargnes, de leur répartition et de leur emploi.

La rapidité et le bon marché des transports exercent une influence décisive sur la division du travail agricole, provoquent la spécialisation des cultures, permettent d'utiliser ainsi l'aptitude .culturale des sols, aptitude favorisée d'autre part par la diversité des climats. Enfin, la loi des débouchés s'impose à l'Agriculture comme à toutes les industries, car l'objet propre des efforts du cultivateur, c'est d'échanger, de trouver des acheteurs, d'obtenir des recettes, et de réaliser des profits.

L'association et le crédit facilitent la production ou la vente et excercent ainsi la môme influence que l'améliorai ion des procédés techniques.

En résumé, le problème agricole moderne comporte à la fois l'étude des transformations techniques et des transformations économiques. Les unes et les autres nous intéressent égalehient, car elles expliquent, par leur action isolée ou simultanée, tous les progrès que Ton constate : elles rendent raison de leur lenteur ou de leur rapidité sans qu'il soit possible le plus souvent de séparer cette double influence qui s'exerce au même moment.

Une division naturelle s'impose donc à nous au début de cette étude.

Nous marquerons, tout d'abord, les modifications successives qui caractérisent les procédés techniques. Nous exposerons ensuite les principales questions économiques si intimement liées au problème de la production agricole.

Bien entendu, nous n'avons pas le dessein d'entrer

INTRODUCTION

dans des détails trop précis et trop spéciaux: Ce livre ne doit être ni un traité d'Agriculture, ni un manuel d'Economie rurale. La division même que nous avons introduite en lie les questions techniques et économiques ne saurait (railleurs être à ce point rigoureuse qu'elle nous interdise de marquer fréquemment le lien qui les unit. Cette étude de leur [influence réciproque el simultanée est indispensable à l'intelligence des faits.

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