Sanson. Traité de zootechnie, t. II, p
LES FONCTIONS ÉCONOMIQUES DU BÉTAIE
« Les dépenses de nourriture comprennent, disentils 1 : l'entretien proprement dit ; 2° les matériaux de croît; 3° les frais de transformation de ces matériaux en matière vivante. Nous constatons dans nos étables un gain journalier moyen de :
687 grammes du 5 a au 12 e mois, 776 — de 1 à 1 1/2 année, 753 — do 1 1/2 à 2 années, 570 — de 2 à 2 1/2 années.
« Dans la suite, le gain faiblit encore, mais nos phi fifre s ne sont plus assez nombreux pour nous permettre de présenter une moyenne.
« Sans entrer dans le détail des calculs dont nous venons de fournir les éléments, nous dirons que le gain d'un kilogramme vif a dû nous coûter en unités nutritives :
4 k ",187 de 5 à 12 mois, 5 kU ,497 de 1 à 1/2 année, 7 ki! ,148 de 1 1/2 à 2 années, 9 ki, ,900 de 2 à 2 1/2 années.
« Si, pour faciliter l'intelligence des chiffres, nous convertissons les unités nutritives en « valeur foin », soit 48,7 unités par 100 grammes de bon foin, et, sur ce point, nous sommes d'accord avec les tables de Woltf, le gain d'un kilogramme de poids vif a été obtenu moyennant une alimentation correspondant aux quantités de foin suivantes :
8 kil ,598 de 5 à 12 mois, 11*" ,288 de 1 à 1 1/2 année, 14 kll ,678 de 1 1/2 à 2 années, 20 kil ,328 de 2 à 2 1/2 années.
1. Communication à la Société nationale d'Agriculture, Voir Bulletin de la Société nationale cT Agriculture, n° 8, année * 1910, p. 695.
« Après ce dernier âge, les dépenses de production progressent bien davantage, la vitesse d'accroissement diminuant peu à peu.
« La quantité de fourrage nécessaire pour mener trois animaux, comme les nôtres, du sevrage à l'âge de trois ans et demi, représente La valeur de 33.000 kilogrammes de foin. Cela suffirait à la nourriture de sept bêtes, jusqu'à La fin de la deuxième année. Or, le rendement en viande dos sept jeunes serait supérieur de 40 % à celui des t rois animaux adultes.
« On voit donc qu'en renouvelant son cheptel aussi rapidement qu'il le peut, l'éleveur, non seulement sert son propre intérêt, mais, avec les mêmes ressources fourragères, arrive à jeter sur le marché des quantités de viande de beaucoup supérieures à celles qu'il produisait quand il laissait les animaux s'éterniser dans son étable. Si on revenait aux usages du passé, le public en serait victime le premier. »
On voit quelles sont les conséquences du développement hâtif des individus et de l'abatage au bout d'un temps [dus court.
Au point de vue statistique, la connaissance de la précocité sans cesse plus marquée de nos animaux de boucherie donne seule une idée juste de l'accroissement de nos ressources en viande.
Ainsi, nous possédons environ 14 millions d'animaux de l'espèce bovine. Si tous ces animaux étaient abattus — vers cinq ans — par exemple, le nombre des bêtes de boucherie ne dépasserait pas 2.800.000. L'âge adulte et l'abatage se produisant à quatre ans nous donneraient, en revanche, un effectif disponible de 3.500.000 têtes, soit 700.000 unités en plus !
C'est ce qui se passe en réalité pour tous les animaux abattus au moment de leur complet développement. Avec un même nombre de bêtes nous pou-
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vous produire plus «le viande, et ce fait ne saurait être ignoré de ceux qui veulent interpréter correctement les chiffres relatifs à nos effectifs d'animaux de boucherie, autrefois ou aujourd'hui.
Enfin, notre bétail de boucherie n'est pas seulement plus précoce. Les progrès accomplis ont porté sur deux caractères de la plus haute importance :
1° Le poids individuel; 2° La qualité de la viande nette fournie par chaque animal.
Gomme la précocité, l'augmentation du poids individuel est la conséquence d'une meilleure alimentation. A ce point de vue, les progrès sont certains autant que rapides, et nous pouvons aisément les préciser en relevant, par exemple, le poids moyen des bœufs abattus sur divers marchés 1 .
Poids par tête de bœuf.
Années. Kilogr.
L'enquête agricole de 1882 nous fournit les chiffres suivants, qui se rapportent aux augmentations de poids des diverses catégories d'animaux, de 1840 à 1882 :
Adultes.
Vaches 33,75 °/ 0
Moutons 12,42 —
Porcs 31.86 —
Jeunes.
Veaux 69,56 °/o
Agneaux 66,66 —