L.V DLCIIESSE
Répondez, M. de Monlmarcy... Esl-il vrai que ce soit elli... que vous aimiez?...
ti ASTON.
Cela est vrai, madame, cl je puis sans liësiler le déclarer ici, puisque je sais que mademoiselle Jeanne reijardcrait comme un malheur un mariage entre elle et moi.
JEANNE
Un grand malheur, monsieur.
LA DOUA.R.iiaE. ^ O li, U^C
Silence ! (Biassou paraît avec Germaine dcrriùro un bosiiucU) Gi:n.MAlNE.
Oue se passe-l-il donc ici?
LA nOUAIRlÈnE.
Ah! je vois, je comprends enfin le but de celle précieuse sollicilude pour le boiilieur de i\ia pclilo-fille. M. le duc, il s'agit de ruiner voire lillc aînée au profit de la [)lus jeune. Li; nie.
Oue diles-vous, madame?
LA ULCllESSE.
Oh ! madame !
LA DOLAIRIÈIU;.
M. de Monlmarcy, |)our (pie vous entriez dans la famdlc île M. le duc, votre père n'exigera-t-il i)as (]u'en échange de l'iuimense fortune qu'il vous donne, voire l'cmine vous ap[)orle en dot ce duché-[)airie que le roi permet de Iran'Smeltre.
f; ASTON.
le crois, hélas! madame, (pie mon pcre l'exigera.
LA nOUAimÈRE, au duc.
Eh bien , monsieur, n'est-ce pas la ruine de Jeanne (pie l'on médite, de celle enfant (jui n'a plus sa mère |)Our la défendre?
LE UlIC.
Miidume, chacune de vos paroles est une mjiiré ptmr tuui. c )mmc |Hjur la diiclie-s»'. Si voi.s méc(innai>^ez sdii (l(''>iii(ér'SseuKMil cl kl nobh's^e de son àiiH-, c-l-cc (pic ji; ne suis pas là, iiMri ? I'!>1 ce que jf n'ai pa:> le iiièmi' cieur [luur ( Ine'iiie de inj-i lillea?
Ai; ri-: I)ki:xiéml:. 49
LA DOUAIRIÈRE
El que drcidc/.-YOUs cnfiii, monsieur?
hv: Dic.
Le roi veut qu'un riche mariage relève noire maison, et permet que dans ce but, l'une de mes lilles transmette à son mari, le titre qui devait s'clcindre avec moi. Kh bien , périsse l'éclat de cette maison, s'il l'aut le payer du bonheur de mes enfants.
LA DOUAIRIÈRE, avec colèro.
M. le duc !
LE DLC.
Ah ! VOUS ne me demandez pas, vous, de sacrifier l'une à l'auire; votre implacable orgueil veut les sacrifier toutes les deux, et je ne le permettrai pas,
LA DOUAIRIÈRE, mèmc jeu.
.M. le duc ! n
LE DUC. ; ' '
Ju ne le pcrmollrai |>as, madame. Ma fille, au nom de ctlle (\m n'est plus, c'est la vérité (jue je le domandi'. Jeanne, esl-ce sans arrière-pensée, que tu reluses ce mariage?
JEANNE
Sans arrière-pensée, oui, mon père.
LE DUC
Est-ce sans regret que lu renonces à ce litre que do\.ut porter Ion mari?
JEANNE
Qu'est-ce qu'un lilrc au prix du mullieur de li'.aucho ! t'o malheur nous tuerait l'une cl l'autre.
LE DUC
C'est bien, je puis prononcer maintenant.
LA DUCHESSE
Pailez, monsieur, parlez!
LA DOUAIRIÈRE, avec colore. j
Prenez garde à ce que vous allez dire ! Â ([/Aj'
LE DUC
Demain, nioii.-ieiu de IMunlmarcy, vous irez >(illiii|pr de Si Majesté, ?on agrément a voire mariage avec ma fille blanchi'
LA DOUAIRIÈKE.
Ah !
oO L'AÏEULE.
BLANCHE
Mon père!...
Jl^Mfi^ LA DOUAIRIÈRE, hors d'ellc-mèmc.
l Son... son mariage... Ain>i... elle... ma fille... ruinée, dé- ^ pouillée... el j'ai vécu jusqu'à ce jour... pour èlre témoin de...
non... non... je... je... (Tombant dans un fauiouil.) Ah! je meurs!
je meurs! / #
f LEDUC. ''*"^'/;
• Vite, du secours, du secours 1 (^ju^X^^^^
BIASSOU
Est-ce qu'ils nous l'auront tuée?...
JEANNE
Grand'raère...
LA DUCHESSE, s'élançant vers cUo.
Madame...
Laissez... elle respire mieux... elle revient à elle.
BLANCHE
Oui, elle rouvre les yeux I (La douairière les regarde avec égarement. Blanche s'ageDouille devant elle.) Ohl madame... madame... c'est moi qui suis cause... Au nom du ciel, pardonnez-moi!
JEANNE
Pardonnez-nous, grand'mère, dites que vous nous pardonnez?
BLANCHE
Ou du moins, tendez-nous votre main, en signe de pardon!
LA DOUAIRIÈRE
Ma... main... à vous... (Elle secoue la tête.) JEANNE, suppliant.
Grand'mère !
LA DOUAIRIÈRE
Je ne peux pas... (D'une voix brisée.) Je ne peux pas.
TOUS
Comment?
LA DUCHESSE
QuH dit-el'e ?
LE COMMANDEUR, lui proninl une main iju'il laiobC rclombor.
Madame la mariiuirc?...
LL DUC
Kl» Iticii .'