ACTE CINQUIÈME
simple, («t.. (avec inteniion) Cl nous pourrons y songer... dans iiuelques jours.
JEAN m:.
Dans quelques jours! Pourquoi attendre! pourquoi diirércr ce départ ?...
LA DUCHESSE
Quel niolif aurions-nous de le hâter à ce point? Votre père ne peut, en ce moment, s'éloigner du château.
JEANNE
Eh bien!... partez avec elle, vous, madame la duchesse; //
parlez, sans perdre un jour, une heure, une minute!.. (Au ^z/C^ commandeur.) Mais dites-iui donc de partir... joignez vos prières
aux miennes! El toi, ma sœur... n'oublie pas que tu me l'as ^
promis, que tu me l'as juré... Rester ici!., non! non! jamais! v/ a aucune condition!.,, n'est-ce pas. Blanche?.. J/,
LE COMMANDEUR. -^ ' VCv-v ^^ j
Pardon, cousine, jepense, moi, qu'il conviendraitd'allendre...
JEANNE
Attendre!..
LE COMMANDEUR
Parce que, dans quelques jours, voire sœur sera plus lorle. i ^
JEANNE, Irès-vivemcnl. U fl£j^^\Ji^ ' *^ El moi je vous dis qu'elle sera m.... 5,'/^ 1^/^^"^ AitÂ*"***
LA DUCHESSE. /*^ * , C'^'^ é^'C^
Jeanne!... (lias au commandeur.) Elle Connaît le coupable... Emmenez Blanche, emmenez-la! jt a /t
LE COMMANDEUR. /*'7tA*^ ^•' t^" fy'i.^U' t
Venez, cousine; je ne vous ai permis de quitter votre chambre que pour faire un tour dé; promenade. 11 est temps de rcnlror, cl, si vous devez partir, il faut prendre des forces avant de vous mettre en route. (11 lui oiïre son bras.)
LA DUCHESSE, à elle-mime.
Ah! je vais donc la savoir cette horrible vérité!...
RI.ANCME.
A tout à l'heure, ma mère!...
LA DUCHESSE
Va, mon enfant, val... (Bas à Jeanne) ^este! (Soilie du commandeur Cl de Blanche.) ^^ ^^^.^ j. ^, . ^< J^^ ; .
c^ SCÈNE IV , LA DUCHESSE, JEANNE.
LA DUCHESSE
Jeanne, tu connais la cause do la maladie de la sœur ?...
JEANNE
Oui, le poison.
LA DUCHESSE
Ce n'est pas tout. La main criminelle qui porte ici la mort, tu la connais?
JEANNE, avec terreur.
Moi!...
LA Ul'CHESSE.
Tu la connais !... nomme-moi l'assassin!...
JEANNE
Vous vous trompez, madame, je ne puis nommer personne!
LA DUCHESSE
Ce n'est qu'un indice, peul-ôtre, que t'a fait rencontrer le hasard. ..!Tu n'as que des soupçons?... N'importe, dis-nous ta pensée, jette un rayon de lumière au milieu de ces ténèbres qui nous entourent'; si faible qu'il soit, il nous suffira peutêtre pour nous guider!... un mot, Jeanne!... un seul mol!...
JEANNE
Mais si je pouvais vous le dire, vous le sauriez déjà, madame!...
LA DUCHESSE
Prends garde, enfant!... sais-lu qu'il y a des momcnls ou le silence devient criminel? sais-lu qu'il y a des secrets {[ui brûlent, qui déshonorent la conscience qui les garde, des secrets que Dieu réprouve, et (ju'il punit?...
JEANNE
Je me remets entre les mains de Dieu ; dussé-je être malheureuse, je bénirai sa justice!
LA DUCHESSE
Mais on a voulu luer ma fille, on a voulu luer IManclio, la Icnlalive peut se renouveler... ici... ou ailleurs, que sais-je, moi? comment la prévenir, conimcnl la délourner, si nous no parvenons pas à découvrir d'où vient le daiigor?... Ce cpie je le demande, c'est le salut do la sœur!... Tu ne veu,\ pas (}u'on la fasse mourir, n'est-ce jias?
JEANNE
Emmenez-Ia, madame, je vous l'ai déjà dit, parlez avec elle, et elle sera sauvée... oui!... elle sera sauvée... je vous le jure sur mon âme, je vous le jure sur Dieu, je vous le jure sur sa vie à elle!...
r.A DUCHESSE.
Ecoule-moi, Jeanne! j'ai pris la place de la mère, n;ais le ciel m'est témoin, qu(i je n'ai p:is été pour loi une marâtre!... je ne l'ai jamais lait de mal : je tachai? de l'aimer cuuinie mon
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propre enfanll je cherchais loules les occasions de le rendre lieureuse, et quand j'y roussissais, ce n'était pas pour le faire oublier celle que lu avais perdue, mais pour te donner à penser que tu avais deux mères qui veillaient sur toi, l'une là-liaut, l'autre à tes côlés...
JEANNE, avec cil'usiou.
C'est vrai, madame, vous avez été bonne, et votre tendresse n'est pas tombée sur un cœur ingrat, car je vous aime do toute mon âme.
Tu m'aimes I... Eh bien!,., si je te disais que lu peux me sauver plus que la vie... si je te disais que tu peux me sauver l'honneur!
JEANNE
Madame!... je ne comprends pas!...
LA DUCHESSE
Jeanne... sais-lu sur qui on fait planer le plus odieux soupçon, sais-tu qui l'on accuse du crime abominable? JEANNE, vivement.
Qui, cela?... madame, qui?...
LA DUCHESSE, avec éclat.
Moi!...
JEANNE
Vous!...
LA DUCHESSE
Entends lui... c'est moi que l'on accuse d'allenler à la vie de mon enfant!...
JEANNE
Ah! mon Dieu!
LA DUCHESSE, conliniianl.
Comprends-tu ce ([ui se passe dans mon âme 1... ce soupçon alfreux, celte accusation monstrueuse! j'en ai subi l'oulrage... j'en ai souffert la torture!... on m'a jui,'ée indii^ne de \eiller sur ma fille... On veut me séparer d'elle de crainte ipie je ne la tue!..- C'est en vain (pie je me débals sous la douleur qui m'accable ; le seul moyen de faire éclater mon inriocenci", serait de découvrir le coupable... et ce moyen, c'est loi qui en disposes... et cette branche de salut, c'est toi seule (jui peut me la tendre! N'oyons, Jeanne, voyons, [)arleras-lu, maintenant?
JEANNE, émue.
Madame!... je puis donner ma vie, et je la donnerais avec bonheur j)Our prouver que vous èles un an;^e de bonté, do tendresse, do dévouement. Je me placerai entre suas et \o^
accusateurs, et je leur crierai, du fond de mon âme, que vous êtes innocente, que je le sais, que j'en ai la conviction, la preuve, et je le jurerai!... voilà tout ce que je puis faire et ce que je ferai, madame; mais par grâce, par pitié! ne me demandez rien.de plus!...
LA DUCHESSE
Ah! elle reste insensible à mes larmes! Mais que lui ai-je donc fait pour qu'elle veuille me laisser mourir de douleur et de honte, quand elle sait que, d'un mot, elle peut nous sauver tous!...