SCÈNE VII Les MÊMES, BLANCHE, et GASTON, j^ ^^^ »AcA
BLANCIIE. ^
Nous allons nous séparer, Jeanne, mais ce n'est pas pour longtemps; lu nous rejoindras.
I GASTON
Oui, nous venons, en présentant nos adieux à madame la marquise, la supplier de vous permettre de venir nous rejoindre bientôt.
LA DOUAIRIÈRE
Vous rejoindre? '
BLANCHE
Je serai bien malheureuse, madame, si vous lui défendiez d'assister à mon mariage.
LA DOUAIRIÈRE
Ah! vous voulez qu'elle vous serve de demoiselle d'honneur, qu'elle vous pare elle-même de cette couronne de mariée qui vous donnera tout, à vous, l'amour, le bonheur, la richesse!... vous voulez que ce soit elle...
BLANCHE
Oh! ne me refusez pas, madame ; si vous saviez combien ce refus me rendrait malheureuse, combien je souffre déjà à la pensée de me séparer d'elle...
JEANNE
Blanche! ma sœur!
LA DOUAIRIÈRE
La pauvre enfant!... la voilà, en effet, toule émue, toute Iremblanle...
BLANCHE, souriant tristement.
C'est que je ne suis pas encore bien forle, madame!... on dit que j'ai élé tout près de mourir, et le moindre ch.igrin sutTil pour m'al)altre. Tenez, dans ce momonl, je me sens plus laible que de coutume.
L\ DOUAIRIÈRE
Allons, remettez-vous... voyons... (lui désijjnani le verre) prenez cela!... Jeanne sera libre d'agir comme il lui plaira!
BLANCHE
Soyez bénie, madame!... (Elle s'approche du gucriJon ; Jeanne s'en approche vivement aussi; Blanche tendant -la main pour prendre le verre.) Tu as entendu, petite sœur?
JEANNE
Oui, j'ai bien entendu... (elle met la main sur le verre) et j'ai bien compris! (La douairière la regarde avec ctonnement.)