‹ L'ainée; comédie en quatre actes, cinq tableauxChapitre 11 sur 97 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

DOROTHÉE

Elle exprime ironiquement son admiration par ce sifflement familier qui équivaut à « fichtre ! » ou « mince ! »

MADAME PETERMANN

Mais j'ai à te parler, Lia. (Eiie remmène un peu à récart.) D'abord, on a besoin de toi à la cuisine. Victoire patauge dans son entremets : elle a totalement oublié la recette... Et puis, j'ai fait une découverte dans la chambre de IS'orah, une découverte qui m'effraye.

LIA

Oh ! mon Dieu !

MADAME PETER U ANN

Oui, sous son matelas, j'ai trouvé ce cahier... J'ai cru tout de suite que c'était un album spirituel comme celui de Desdémone. Mais pourquoi aurait-elle mis son album spirituel sous son matelas ?... J'ai lu, et j'ai vu que c'était une sorte de journal intime où elle écrit ses pensées... quelquefois en vers... Des pensées... un peu inquiétantes... d'une forme à peine convenable... et d'où il ressort que la malheureuse enfant est éperdument amoureuse. Mais de qui ? C'est ce qu'il m'est impossible de deviner... Je te prie de lire ce cahier (Eue le lui remet.), d'interroger Xorah et de lui faire tes observations. De ta part, cela lui paraîtra moins dur; et ton intervention, plus familière, pourra être aussi plus eflicace que ne serait la mienne.

LIA

Bien, maman... Mais cela ne saurait être bien grave. Norah est une étourdie qui se moque de tout, comment pourrait-elle être amoureuse ?

MADAME PETERMANN

Tu es si parfaitement simple et transparente, ma pauvre Lia, que la plus petite complication t'étonne chez les autres... Mais Victoire t'attend. Va vite.

LIA

Oui, maman.

He se dirige vers la maison. En même temps, Dursay et Georges s'approchent de madame Petermann.

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