SCÈNE XV
M. et MADAME PETERMANN, LIA puis NORAH, puis JOSABETH, puis ELSA, Pu.s DESDÉMONE, puis DOROTHÉE.
LIA. Elle vient du fond du jardin et s'approche, pâle d'angoisse, de M. et de Madame Petermann.
Eh bien, mon père, consentez- vous ?
PETERMANN
Tu savais donc que le pasteur Mikils aimait Norah ?
LIA
11 a eu la bonté de m'en faire la confidence.
PETERMANN'
A la vérité, il ne me paraissait pas que Norah, si vive, si fantasque, dût être distinguée, de préférence à mes autres filles, par mon jeune et éminent confrère ; et j'aurais plutôt cru...
LIA
Vous auriez eu tort, mon père.
PETERMANN
Mais Dieu a ses desseins... qu'il est hasardeux d'entraver, fut-ce en vertu de considérations inspirées par la prudence humaine.
Enfin, mon père, avez- vous consenti ?
MADAME PETERMANN
Il fallait pour Norah, si légère, un mari sérieux, très sérieux. Pouvions nous mieux trouver?
XORAH, survenant.
Mes chers parents!
Elle les embrasse.
H A DAME P E ï E il M A N N .
Mais d'où sors-tu ?
N'ÙRAH.
J'attendais dans ma chambre, bien tranquillement.
PETERMANN
Madame Petermann?
11 lui fail signe quil a à lui parlée N 0 R A II , Rapprochant de Lia.
Lia?... Tu m'en veux?... Oui, c'est vrai, j'ai été un peu... cachottière... C'est que je l'aimais tant! et j'avais si peur qu'il ne t'aime ! Tu comprends? si j'y étais allée de franc jeu, tu te serais peut-être un peu mise en frais; et tu as tant d'avantages sur moi qu'il m'aurait certainement lâchée...