SCENE II
Les Mêmes, LE LIEUTENANT DURSAY
LE LIEUTENANT, Tenant par le fond; il s'arrête un instant et regarde le groupe; saluant.
Excusez-moi, madame, de vous interrompre dans ces charmantes occupations.
LIA, se releTant.
Vous cherchez quelqu'un, monsieur?
LE LIEUTENANT
Je cherche mon oncle, M. Dursay. Il m'attendait hier soir; j'ai manqué le train. Je vois que je tombe aujourd'hui en peine fête, et j'en suis charmé... Mais personne, à la maison, ne sait où est mon oncle; et si vous pouviez me le dire, madame, je vous en serais fort reconnaissant.
LIA
Je regrette, monsieur, de ne pouvoir mieux vous renseigner : je sais seulement que M. Dursay a organisé pour ses invités une promenade sur le lac; il est sans doute avec eux.
LE LIEUTENANT
Tous mes remerciements, madame.
LIA, corrigeant.
Mademoiselle, si vous le voulez bien.
LE LIEUTENANT
Pardon... mais ces petits enfants... J'avais cru...
LIA
Je ne suis, monsieur, que la tante... On a le grade qu'on peut.
LE LIEUTENANT
Mademoiselle, vous méritez de l'avancement au choix. Permettez cette métaphore à un lieutenant de hussards.
C'est une belle arme, monsieur, et qui donne de l'assurance.
LE LIEUTENANT
J'en ai moins que de respect, croyez-le bien, mademoiselle... Je vais toujours, en attendant que mon oncle se retrouve, réinstaller dans le pavillon où il a coutume de m'héberger.... Mademoiselle..
LIA
Monsieur...
Il sort.