MÉCANIQUE ATMOSPHÉRIQUE (SUITE
Peu de temps après que Torricelli et Pascal eurent démontré l’incontestable réalité de la pression atmosphérique et l’existence du vide, un homme qui peut être regardé à bon droit comme le plus ipgénieux physicien de cette époque, Otto de Guericke, bourgmestre de Magdebourg, entreprit de construire une pompe à l’aide de laquelle on pût extraire l’air de différents vases, et se rendre compte, par diverses expériences, des propriétés et des effets de la pression atmosphérique comparés. avec ceux qui résulteraient de l’absence de celte pression. Otto de Guericke parvint à ce but en créant le remarquable appareil que tout le monde connaît sous le nom de machine 'pneumatique, et qui figure aujourd’hui comme instrument indispensable dans tous les cabinets de physique et dans tous les laboratoires de chimie. Car le vide est devenu, lui aussi, entre les mains de la science, une force, un agent énergique, capable de donner naissance à des phénomènes qui, durant des siècles, étaient restés inconnus ou inexpliqués.
La machine pneumatique est, nous l’avons dit, une véritable pompe, mais une pompe qui, au lieu d’utiliser la pression atmosphérique, agit contre cette pression, et tend à la supprimer dans un espace donné. Imaginons une pompe aspirante dont le tuyau d’aspiration, au lieu d’être vertical et de plonger dans un réservoir d’eau, soit horizontal et aboutisse à un récipient dont on puisse, à volonté, établir ou interrompre la communication avec l’air extérieur. La soupape qui commande l’entrée de ce tuyau s’ouvre de haut en bas; une autre soupape adaptée au piston s’ouvre de la même manière. Au sommet du corps de pompe se trouve un simple orifice qui le fait communiquer avec l’extérieur. Supposons le robinet fermé et le piston au bas de sa course. Si l’on soulève le piston, l’air contenu dans le corps de pompe fermera la soupape du piston, et s’échappera au dehors par l’orifice pratiqué au sommet du corps de pompe. Quant à l’air contenu dans le récipient, il se dilatera et se répandra en partie dans le corps de pompe au-dessous du piston. Que celui-ci, maintenant, redescende : l’air intérieur fermera la soupape du tuyau d’aspiration, ouvrira celle du piston, et une certaine quantité de cet air