PREMIERE PARTIE
que les lois d’équilibre et de pression des liquides s’appliquent également aux gaz. Parmi ces lois, nous nous contenterons de rappeler celle dont la découverte est due au célèbre physicien de Syracuse, Archimède. Elle peut s’énoncer ainsi : Tout corps plongé dans un fluide perd de son poids une quantité égale au poids du volume de lluide qu’il déplace, et se trouve, en conséquence, sollicité par deux actions contraires : l’une est celle de la pesanteur, qui l’attire verticalement de haut en bas; l’autre est la poussée du fluide qui agit en sens contraire, c’est-à-
dire verticalement de bas en haut. Selon que la première de ces deux actions l’emporte sur la seconde, ou la seconde sur la première, ou que toutes deux se font équilibre, ce qui dépend du rapport de densité entre le corps immergé et le fluide ambiant, le corps descend ou monte, ou demeure immobile. C’est sur ce pi’incipe que reposent l’ascension et la suspension des corps légers, et en particulier des ballons ou aérostats dans l’atmosphère. Une ingénieuse expérience instituée par Otto de Guericke, l’immortel inventeur de la machine pneumatique et de la machine électrique, rend sensible la pression exercée par l’air sur les corps qui y sont immergés.
A l’une des extrémités du fléau d’une balance le bourgmestre de Magdebourg suspendit une petite sphère massive en cuivre; l’autre extrémité portait une sphère beaucoup plus volumineuse, mais creuse, à parois très minces, et dont le poids faisait, au sein de l’air, exactement équilibre à celui de la sphère pleine. Il plaça cet appareil, appelé baroscope, sous le récipient d’une machine pneumatique, où
L’AIR
il faisait le vide. Dès lors l’équilibre fut rompu : la balance pencha du côté de la sphère creuse. L’explication de cette apparente anomalie est simple : dans l’air, chacune des deux sphères perdait de son poids « une quantité égale au poids du volume d’air déplacé », ou, ce qui est la même chose, recevait une poussée proportionnelle à ce même volume. La sphère creuse, plus grosse que la sphère massive et déplaçant un plus grand volume d’air, recevait donc une poussée plus forte. L’équilibre établi entre elles était factice, il ne correspondait pas à une égalité de poids réelle. D’où l’on voit que, comme les corps qu’on pèse dans les balances n’ont jamais le même volume que les poids dont on se sert comme terme de comparaison, une pesée, pour être rigoureusement exacte, devrait toujours être faite dans le vide.