‹ L'air et le monde aérienChapitre 64 sur 210 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

tesse de cette expression, il suffit cependant de réfléchir aux effets du rayonnement. La surface de la terre échauffée par le soleil, et même l’atmosphère jusqu’à ses couches supérieures, rayonnent librement vers le ciel. La déperdition qui en résulte dépend presque uniquement de la différence de température entre les espaces célestes et les dernières couches d’air. Quelle énorme perte de chaleur n’aurions-nous donc pas à subir par cette voie, si la température de l’espace, au lieu d’être de — 60°, ou de — 90°, ou même de — 140°, se trouvait réduite à — 800° ou à mille fois moins encore.

La température de l’air varie, en vertu des propriétés physiques de ce gaz, suivant son plus ou moins de densité, et en vertu de sa composition selon qu’il est plus ou moins chargé de vapeur d’eau. De ces causes intrinsèques résulte un abaissement de température sensiblement proportionnel à l’élévation des couches atmosphériques ; à ce refroidissement de l’air est due l’existence des neiges et des glaces éternelles, partout où se trouvent des montagnes assez hautes pour que leurs sommets atteignent les régions où l’air ne s’échauffe jamais au delà du point de congélation de l’eau. J’ajouterai à ce sujet que l’altitude de ces régions dépend de la latitude : en d’autres termes, que la limite des neiges perpétuelles est, d’une manière générale, d’autant moins élevée qu’on s’avance plus près des pôles, et d’autant plus qu’on s’approche davantage de l’équateur. Dans les régions arctiques, et à plus forte raison dans les régions antarctiques, la ligne qui forme la limite des neiges perpétuelles descend jusqu’au niveau de la mer. « Sous l’équateur et en Amérique, dit encore Humboldt, la limite inférieure des neiges atteint la hauteur du mont Blanc de la chaîne des Alpes, puis elle baisse vers le tropique boréal; les dernières mesures la placent à trois cent douze mètres environ plus bas, sur le plateau du Mexique, par 19° de latitude nord. Elle s’élève, au contraire, vers le tropique austral. »

La répartition de la température dans le sens horizontal peut, comme celle des pressions barométriques, être représentée par des lignes à peu près parallèles dans leur direction générale, et s’échelonnant avec une certaine régularité entre l’équateur et les pôles. On donne le nom d 'isothermes aux lignes qui réunissent tous les points pour lesquels la moyenne thermométrique annuelle est la même. En réunissant sur une mappemonde tous les lieux qui ont la même moyenne estivale, on a de nouvelles courbes appelées isothères (Va-oç , égal; 6Époç, été); et celles qui passent par les points ayant une même moyenne hibernale sont dites isochimènes (/etawv, hiver). C’est à Humboldt qu’on doit ce mode ingénieux de réprésentation graphique qui, dit- il lui-même, donnera une base certaine à la climatologie comparée, si les physiciens consentent à réunir leurs efforts pour le perfectionner.

Quant aux lignes isothermes, Humboldt a établi que leur forme est modifiée par un très grand nombre de causes, dont les unes élèvent la température moyenne, tandis que les autres l’abaissent.. Parmi les premières, il signale :

La proximité d’une côte occidentale, dans la zone tempérée;

La forme découpée des continents, et la présence de méditerranées et de golfes pénétrant profondément dans les terres ;

PHÉNOMÈNES DE I.’AIR

La direction sud ou ouest des vents régnants, s’il s’agit de la bordure occidentale d’un continent situé dans la zone tempérée ;

La rareté des marécages, l’absence de forêts sur un sol sec et sablonneux;

La sérénité constante du ciel pendant l’été; enfin le voisinage d’un courant pcéanique ayant sa source dans l’un des estuaires équatoriaux.

bes principales causes d’abaissement de la moyenne thermométrique annuelle sont :

L’élévation de la contrée au-dessus du niveau des mers;

Le voisinage d’une côte orientale, pour les hautes et les moyennes latitudes;

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