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APRES DIX ANS DE VIE AU KLONDYKE

Moi, Eugène Vadebonevvur, ei devant de Haver- DL. Mass, reviens du Yukon où pendunt dix années ai Graraillé aux mines d'or des environs de Dawson.

Ayant rédié quelques économies, j'ai décidé de revenir à Haverhil, Mass, À rejoindre ma femme, mon Hs &gé de IS ane et deux mes files mariées depui men dépend pour le Yukon. De passage à Cidgury, Yidée

me vint d'aller visiter les terrains situés au nord d'Edmonton.

Je me rendis à Végreville, St-Paul des Métis, puis Moose Lake où je trouvai 52 familles canadiennes-françaises, y ayant pris du terrain depuis le printemps 1905. Je fus réellement surpris de la prospérité gériérale chez ces compatriotes nouvellement établis, ce qui m'a décidé de prendre deux terres de 160 acres à $10.00 chacune, l’une pour moi et l’autre pour mon fils. À Mouse Lake le terrain est absolument propre à la culture ct à l'élevage, et je considère cet cndroït très avantageux pour s'y établir. Le terrain est planche, facile à travailler et très fertile. I1 y a du bois à proximité, de l'eau en quantité, et grand nombre de lacs poissonneux. Cet hiver un moulin à seie sera installé pour les colons, ct l’été prochain on y élèvera une chapelle qui sera desservie par un prêtre résident. Dès le printemps 1908, j'irai m’installer à Moose Jake avee ma femme et mes enfants. .

Tout à Vous, Eugène Vadeboncoeur.

LETTRE D'UN COLON DE SOUTH ASHBURN- HAM, MASS., DEMANDANT DES RENSEIGNEMENTS.

29 Sept., 1907.

Révérend Père,

Permetiez-moi de vous demander des renseignements à J'égurd du Nord-Ouest, dont on parle boaucoup ici, les uns avee avantage, les autres avec désavantage. Ne pouvant trouver Ja vérité dans toutes les choses que j'entends dire, je mets toute ma confiance en vous, car je suis convaincu que Je serai TTICUX renseigné. Tant prêtre, je ne vous crois pas capable

de me trantper, puis ayant vécu dans l'Alberta-Nord, colonisateur de ectte partie de l'Ouest, vous êtes l'homme Je mieux qualifié pour nous renscigner. Nous sommes trois fanuiles ici qui désirons partir pour l’Alberta- Nord en murs 1998, et notre but est de prendre des homesteuds à St-Paul des Métis. Nous aimerions d’être près d'un village, ct au milieu de Canadiens- Français, car nous avons besoin de l'église et de l’école.

Croyez-vous qu’il nous soit avantageux de prendre du terrain dans cette partie de l’Ouest et combien d’acres pouvons-nous prendre? Qui peut faire l'entrée du terrain? Quelles sont les conditions pour avoir le contrat de sa terre? Dites nous tout et tel que c’est, ainsi que la manière de s'y rendre. Pourriez-vous nous envoyer quelques livres en français sur l’ Alberta ?

Encore une fois, nous voulons être dirigés par vous et être placés au milieu des Canadiens-Français.

Pourriez-vous nous dire quels sont les gages pour un homme sans métier qui désire travailler en dehors: de sa terre? Quels sont les salaires des menuisiers, des maçons ci des barbiers ?

Rév. Père, j'ai hâte de connaître tous les avantages de ce pays de l'Alberta, dont on parle beaucoup. J'attends bientôt, une réponse de vous-même.

Votre tout dévoué Léonidas Rogers, , South Ashburnham, Mass., U. S.

REPONSE A CETTE LETTRE : Beaumont, 1 Nov. 1907.

Bien cher Monsieur, TT J’accusc réception de la vôtre du 29 sept. Pardon de mon retard à vous répondre, c'est que depuis un mois je suis à diriger des colons ct en même temps à

faire l’inspcetion de nouveaux terrains. Merci d’abord de votre grande confiance à mon égard et veillez eraire que mon but en colonisant le Nord de l'Alberta n’est pas de tromper mes compatriotes ni de les mettre dans un pays inculte et sans avenir. D'ailleurs, les colons d'autrefois et d’aujourd’hui sont. là et proclament bien haut les avantages du Nord de l'Alberta. Sur aude-là de 200 familles que j’ai placées dans le district de St-Paul des Métis, pas une seule n’est pas satisfaite, quoïque plusicurs soient venues sans le capital requis, $1.090,et je suis certain de leur succès, car elles sont toutes bien placées. N’écoutez pas les gens qui connaissent tout sans avoir vu, et entendez quelque chose à ce sujet. Votre intention de venir iei en mars est excellente. C’est le meilleur temps d’immigrer. Je me charge de vous placer, près d’un village et au milieu de Canadiens-Trançais. Actuellement les paroisses qui offrent le plus d'avantages pour la colonisation sont Moose Take et Rivière Castor, où on a formé de belles paroisses entièrement catholiques et canadiennes-françaises. Vous avez 160 acres chacun pour $10. Vous êtes obligés de bâtir une petite maison, de Jabourer 5 acres par année, et y demeurer 6 mois durant 3 années avant d’avoir votre patente.

Les salaires pour Iles ouvriers de fermes sont S1.50 par jour avec nourriture. Les menuisiers gagnont de 82,50 à 3.50, les maçons de $4.09 à $6.00 par jour. T/ouvrage se trouve partout dans les mines, dans Jes chantiers, dans les villes et sur les fermes. Le marché et très bon cl offre beaucoup aux produits des cultivateurs. Bon et bien cher ami, n'oubliez jus que malaré tous les avantages de l'Alberta, vous avez certaines difficultés à surmonter, it faudra du cnurage, du travuil et de Ja bonne volumté, Te serai à Montréal à Ja fin do ilreslie, cf tout hiver sors emploré à donner de: rensoionements sur V’Afbers, soif pur écrit on de vive voix. Tn janvier écrivez-nrot, on pre

sez à mon bureau, 806 St-Antoine, Montréal, ex je vous donnerai un certificat qui vous permettra de voyager pour un cent du mille. I] faudra prendre le train à la gare Windsor, Montréal, pour Winnipeg, et là changer de ligne, prendre le Canadian Northern jusqu’à Végreville. De là le trajet se fait en voiture, avec de beaux chemins et des hôtels à tous les 15 milles.

Rendus à St-Paul des Métis, le guide du gouvernement vous conduira selon vos désirs et vos goûts. Je suis certain d'avance que le pays vous plaira et que vous le trouverez avantageux.

Dites à vos amis que je suis À la disposition de tous les Canadiens-Françaïs. Pour plus-amples renseignements, veillez adresser vos lettres au:.

Rév. J. À. Ouellette, Ptre.,

Colonisateur de l’Alberta, 306, St-Antoine, Montréal.

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