DECLARATION SOUS SERMENT
Révérend Monsieur J.-A. OÙELLETTE, colonisateur,
Je vois avec un vif plaisir que vous continuez à vous occuper de la belle œuvre de la colonisation et suis heureux de.constater que vous marchez de succès en succès. dans cette grande entreprise, qui promet tant pour nous Canadiens-Français de ce pays ; et moi, pour un, je vous dois certainement une grande reconnaissance de m'avoir conseillé et encouragé à à venir m'établir dans ce beau pays d'avenir, que je voudrais voir se remplir des nôtres.
Laissez-moi vous assurer que je me félicite d’avoir quitté Lowell, Mass., où je végétais comme bien d’autres font, et d’être venu m'établir ici à Saint-Paul, Alta. Je suis arrivé le 24 septembre 1907 ; après avoir
installé ma famille, j'avais contracté une dette de tren-
te-quäâtre piastres, et il me restait en poche cinquante centins, ‘ce n’était, certes, pas un commencement doré. Mais j'ai pu travailler à un salaire de quarante à cinquante piastres ] par mois, et nourri, suivant les saisoñs. Maintenant, j'ai quitté le travail des autres et je travaille sur mon homestead qui. vaudra aussitôt ma patenté obtenue, dans les quatre mille piastres. J'ai en TS rois ‘chevaux de travail, harnais, wagon, sleighs | et “métrüthents agricoles, vaches, pourceaux, volailles, ete, valant ‘au moins huit cents piastres au delà de toutes desttes, je posséderai quand mon homestead sera à moi, (ces qui” sera l’automne prochain) au: Moins quatre mil ‘huit cents piastres et même plus, car je compte faire quelques choses d'ici # un an, après avoir ainsi réussi, je suis à me demander,.si nos compatrio: tes de l’Est et, ceux des Etats- Unis ne feraient pas mieux de venir s'établir dans ce beau pays en prenant possession de nos terres si riches, dont un chacun peut
- obtenir cent soixante acres pour. dix piastres, et se
créer un bel avenir'et pour eux et pour leurs enfants, au lieu de peiner comme un Si grand nombre le font
ete
-tions être vrai eb sans exagération aucune.
dans les manufactures; pour moi, un offre de quatre milles piastres ne pourrait me renvoyer à Lowell ni autre pays semblable. Si je donne mon expérience,
c'est que je la connais, mais un grand nombre ont fait
tout aussi bien que moi, tous ceux qui ont du courage ont pu très bien faire, et quelques- -uns' mieux que moi encore. - ;
Veuillez,.Révérend Monsieur, me croire Votre respectueux et reconnaissant serviteur,
Hermel Gauthier.
Je déclare le compte-rendu ci-dessus de mes opéra-
H. Gauthier.
Signé, déclaré, certifié devant moi, à Saint-Paul des Métis, Alta, ce dixième jour de‘décembre A.D.1910.
* Ernest Guertin,
Commissaire dans et pour la Province d’ Alberta, ‘ Canada.