CALYPSO
Vers tes mains fileuses de caresses troublantes, Mes bras se sont tendus en geste triomphal , Plante dont un Aïeul fut L'ombre bienfaisante Et qui se sent renaître à ton charme royal.
Les délices laissaient en mon cœur un parfum De clair passé que tu ressuscites en toi, Et des bouquets d'Aurore ornent mes yeux défunts Qui palpitent comme une aile à ta jeune voix; i. 1 i
234 L'Album
Une mer bondissante a rendu ta beauté , Héros dont l'effigie est de mon cœur chérie; Je cueille à ton regard un peu des voluptés Que châtient, en douleur, d'anciennes rêveries;
La Grotte où succomba ma divinité chaste
Parée ainsi qu'un temple, a gardé le secret
D'une empreinte adorée, et mon Cœur est trop vaste
Et voudrait contenir l'Image et le Reflet
Si, tel un jeune dieu d'Olympes éblouis Tu ne m'avais domptée en ta grâce orgueilleuse; — L'ombre vaine d'un cœur pieusement s'oublie Et meurt, comme un départ d'antiques visiteuses...
Mon Image s'absente aux yeux de tout mortel Qui m'aima. Ne suis-je pas la grande Oubliée ? Et pourtant je suis faite avec l'azur du ciel, Mais la terre amoureuse à l'Ile m'a liée.
Ton'casque d'or allume à mes yeux tout un Rêve Qui flotte éperdûment autour de tes cheveux : Aussi, je viens t'offrir dans mes troublants aveux Ma Beauté radieuse, écumante de sèves:
des Légendes 235
Ployée ainsi qu'un arc vers les fougueux printemps J'aspire à te verser la coupe des plaisirs, Car tu fus évoqué dans mes amours d'antan , Et j'ai brûlé pour toi d'un éternel désir.
Prisonnier de ma joie avidement vaincu , Pour lien mes deux bras enchaîneront tes bras, Aux sourires des Fleurs ton cœur aura vécu, Eteint doucement dans la fuite de mes pas.
Tes lauriers pâliront étouffés sous les roses Que je t'apporterai sur mes deux seins pressées, J'éveillerai tes yeux rougis d'aubes écloses Dans l'attente de l'Heure ardemment caressée;
A mes tempes les rieurs immortelles des dieux Me prédirent pour toi des lauriers héroïques, Ta gloire effacera la gloire des Aïeux... Si mes vœux n'ont brisé ton destin fatidique!
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