‹ L'alcoolisme, voilà l'ennemi! [microforme]Chapitre 3 sur 3 · DEDICACE · texte numérisé non relu

DEDICACE

A Sir Louis Jette,

Lieutmant'Goimrneur

de k nrovince de Québec.

Monsieur,

Vous avez bien voulu être l'un des patrons «le la " Li-ue anti-alcoolique de Québec " et donner ainsi l'appui morarde votre influence personnelle et de votre haute magistrature à une cause d'un intérêt de tout premier ordre pour l'individu la famille et la société. Permettez-moi de vous en remercier en vous dédiant ces quelques pages que je suis heureux do consacrer au succès de l'œuvre que vous patronnez.

L'Auteur.

Rivière du Loup, 1er juillet 190P.

vv'^." r~

MoXHBiaifltUB, MlMDAMEH BT MfJWIEUK»,

SoIIiciW par la bienveillance de la Liyue antiHifcoofiqne, de collaborer à l'œuvre de régénération nationale entrepris par elle, je n'ai pas cru devoir refuser mon concours, tout humble qu'il soit. Il m'eut d'ailleurs été difficile de me soustraire à l'honneur d'adresser la parole dans cette ville historique des Trois-Rivières, jardin fleuri de la vallée du Saint Maurice, où l'on retrouve pieusement conservés dan» leur intégrité primitive, mais avec un regain de splendeur et les parfums de "la violette " qui ombragea son berceau et les plantes vi- aces des traditions de foi et de vaillance française dont il noun est donné de retracer encore tant de nobles rejetons, sous les noms illustres dont s'enorgueillissent vos fastes trifluviennes. Il est réconfortant pour tout conférencier de s'adresser à une assemblée d'élite comme celle qui m'entoure, à une classe de compatriotes toujours disposés à mettre à profit les ari» désintéressés de ceux qui ont à cœur de les guider dans la voie du devoir et de la prospérité matérielle.

Justement émue des proportions gigantesques de l'hydre, qui, chaque jour, semble se complaire à dilater ses serres pour faire de nouvelles Nictimes et est d'auUnt plus dangereux qu'il opère le plus souvent dans la pénombre, ne faisant voir et miroiter que les prismes factices de jouissances passagères, la liyue anti-alcoolique l'a recherché et, l'ayant découvert, elle le poursuit, bien déterminée à le traquer jusque dans ses derniers recranchementa, à le dépouiller des écailles trompeuses dont il s'aflfuble, pour l'exhiber au grand jour dans toute sa hideuse nudité, clamant tirhi et orbi, à tous et partout, la présence de l'ennemi, afin de les prémunir de ses astucieuses et funestes Atteintes.

Sachons reconnaître et apprécier le travail ardu mais patriotique que la ligue anti-alcoolique s'impose et, loin de lui en témoigner du dédain, empressons-nous de lui prêter main-forte, tout comme nous ne manquerions point de faire pour air'er le voisin ami à chasser le voleur, par lui découvert en train de pénétrer la nuit dans sa maison, pour s'approprier les biens les plus précieux.

Ce reptile, cet hydre, ce monstre il est force et légion ; il est partout et, quand il ne lève pas la tête avec une jactance superbe dans les endroits où on lui a complaisamment accordé le droit de cité, il rampe subrepticement, versant de-ci de-là, le fluide venimeux du serpent, défiant les lois divines et humaines, méprisant le» revendications de la morale, du bien-être matériel, insinuant dan» toute l'économie le virus d'une désorganisation latente. La patri©

est menacée dans ses assises fondamentales; l'ordre social est Iwuieversé ; il n'est point jusqu'au sanctuaire de la famille où le vampire n'ait pénétré et où, sous l'action de ses morsures délétères, la sécheresse de l'indifférence et souvent une haîne rageuse ont ren.placé les épanchements de l'affection et la tendresse conjugale ; où l'autorité paternelle a lâchement cédé le pas à la plus insolente camar«lerie; où le foyer s'est transformé en un «lésert sibérien, parfois sans pain et sans feu ; où l'inconduite et la débauche ont favorisé l'incubation de maladies funestes dont les vestiges se retrouveront, avec leurs tares accusatrices, jusque dans les générations futures.

N'allez pas croire. Messieurs, que ce soient là de vaines appi-éhensions et des chimèi-es Cet ennemi comumn possédant le don d'ubiquité, il est à vos portes, dans votre ville, pourtant si réfractaire à toute contagion malsaine, dans votre maison où il a ses coudées franches, je le crains, sans cependant que vous vous rendiez compte de la domination inconsciente mais certaine qu'il exerce sur vous et les vôtres.

Seriez-vous étonnés. Mesdames et Messieurs, de m'entendre relater les pas et démarches de ce quidam aux allures de politesse officieuse t C'est la première fois que j'ai l'honneur d'être votre hôte et cependant, dites-donc, la main sur la conscience, ce favori— dont l'intrusion sur le sol de la Nouvelle-France remonte à la date néfaste de 1629— n'est-il pas un habitué de votre maison î N'est-il pas de toutes vos fêtes de famille, de vos réunions mondaines ? Ns premi-il

point part à toute» vos transactions commerciales, tabellion obséquieux de voB contrats, témoin indispensable de vos négociations comme de vos plus intimes affaires t Rien ne se conclut hors la présence de ce parasite, se constituant tour à-tour : gai troubadour dans les excursions nocturnes, "violoneux" pétulant au sein des veillées dansantes, voire même consolateur suprême dans les plus tristes épreuves de la vie. Pour varier l'effet et le plai-ir, il se présentera, tantôt solennellement drapé de noir et les lèvres scellées, jusqu'à ce qu'uue main autorisée ne fasse officieusement tomber son cachet de cire, tantôt sous des livrées vertes ou jaunes avec des étiquettes fraîches et pimpantes portées en sautoir. Toujours et I)artout, sauf de bien rares exceptions, il est le bienvenu, vivement recherché, cajolé et accueilli comme le meilleur ami, le plus aimable compagnon. Et pourtant, sous ces dehors trompeurs et enjoués, (•est l'ennemi le plus intransigeant, le plus irréductible. Qu'il ait nom "gin", "bière", "whiskey ou brandy" peu importe ! Le poison que l'alcoolisme infiltre sous ses multiples dénominations, le rend maître du foyer, qui devrait pourtant rester inaccessible à toute ' domination extérieure. Déjà il vous dicte ses lois ; bientôt il deviendra tyran, jusqu'à l'heure où il se fera bourreau.

On lit, Messieurs, dans l'histoire romaine, qu'un jour un grand orateur, montant à la tribune du forum, où siégeaient les législateurs de l'empire, alors que la ville était menacée, leur tint ce langage : " Eh ! quoi, Catilina, notre ennemi juré, est aux portes de Rome et

vous délibérez ! " L'effet fut immédiat : tous laissèrent là la discussion des projets de lois pour courir aux armes et Rome fut sauvée.

L'ennemi le plus acharné de la patrie canadienne, de la société, de la famille- l'alcoolisme— puisqu'il faut l'appeler par son nom— nous envahit ; il nous gagne, il nous gangrène, il nous sature de son air ambiant et malsain ; il s'ingénie à nous dicter ses ukases, à nous imposer le despotisme de son empire. Herait-il interdit à la Ligue n7ifi-alcoo/if,ne~qm «'est constituée éreusement sentinelle aux «vant-postes, gardienne jalouse de nos pas précieuses prérogatives nationales,— lui sera-t-il interdit, dis-je, de je«^er le premier cri d'alarme à travers notre chère province de Québec, d'emboucher le clairon du combat et à l'instar de Cicéron de clamer d'une voix de stentor à tous les échos de la patrie :

" Eh ! quoi, Canadiens, que vous soyiez nobles rejetons des Francs ou vaillants fils d'Albion, héritiers des traditions glorieuses de ces deux grands peuples, créateurs au même titr«, sur cette terre d'Amérique, d'une nouvelle nation, issue du plus bel alliage qui se puisse rêver,— l'alcoolismk— ce fléau qui ronge les vieux pays d'Europe, que Balzac déclare pire que le choléra et dont les horreurs, au dire de l'illustre Gladstone, évoquent le cortège des maux suscités par la peste, la famine et la guerre réunies, l'alcoolisme nous menace et, comme un flot montant, nous contamine, nous pénètre, nous hypnotise. Et vous délibérez ! Et vous temporisez ! Secouez votre torpeur, votre insouciance. Debout ! Hommes-liges

— iode la patrie canadienne, qui la voulez forte, saine, heureuse et prospère. Aidez-nous dans la revendicatior de nos devoirs nationaux, sociaux et domestiques ; secondez généreusement nos efforts pour le maintien de notre intégrité morale et assurer notre prospérité matérielle ; joignez-vous avec empressement à cette croisade de toutes les énergies, de toutes les bonnes volontés. Devant cette imposante levée de boucliers, devant cette avant-garde incorruptible, le flot envahisseur endigué reculera ; l'ennemi sera écrasé et anéanti sous le poids de la conscience publique outragée, ou, tout au moins, réduit à d'impuissants et stériles efforts."

> j tiendrez-vous pas, messieurs, à l'honneur d'être au nombre des combattants, dans ces phalanges patriotiques qui, de toutes le» parties de la province, surgissent au premier appel î

Votre intérêt individuel, la prospérité matérielle de vos familles, le bien-être de la nation canadienne vous en font un impérieux devoir.

Pour vous bien convaincre de l'importance qu'il y a pour vousmême de combattie le mal dès les premiers indices, me permettrezvous de rappeler ici un incident, d'occurrence journalière dans la vie ?

Plus d'une fois, sans doute, vous vous êtes trouvés au chevet d'un malade à l'arrivée du médecin. Que se passe-t-il 1 L'homme de science, tout d'abord, jette un long regard inquisiteur sur le patient, constate l'état de la langue, puis il saisit le pouls du malade, pour en compter, montre en mains, les pulsations. Il appuie ensuite son oreille succès-

»«.UetlW„.8.eo„te„.e.«d«d„n„黄U„ti«,„„der.„.e„l. tofon, Oh! ,u,„„„. P„„rdi.g„«ti,„e, .are.,.„t h „.|^i, „ lu, faut le concoure ,. ,^„«„„ ,, ,,^^^^^ ^,^^ ^ ^^^

'.ge qu'il .pp,.„d le. prtdi,p<»iti„„.<,.™u«i., «. h.w.„d.^ ^. »n.ec*i™^ „. ^.rt. j, ^^^^ ^„,„ ,^^ d™„,„^ de 1. on» qui le cloue impotent bu, „„ lu de douleur»

Il «mt impo«bl. .„ médecin. d.„, bie„ d« ^, j, ,.5^ ,, .y^,^ g.e de 1. ™>Udie «„, ce. i„f„rM.ti„u^ ,„e votre »ffec,i„„ «e votre

p.ete«H,de.'empre,«„t de lui fournir minutieusement, U taille du maUdo et, entr, t„„^ 1. fe„„, « ,^, g,u,„„^„,„^ ,. ^„__^

".tr.ce de IKomme de «ience d.n, ce, ,«he,.he. Si donc, dinstiuct, par .ntuition, 1. femme .Ingénie , .(der, d.„. de »mbl.ble. ci,«,„. tance,, le mWecin pour .-enquérir de. eu», prochrine. et de la nature du ml ,.i «reint cruellement un étr, tendrement .imé, que ne »nge.t.lle à remplir, dé, le principe, le noble et beau rOIe que |n.eux que U.ut .utre. elle e.t .pte à exécuter. Oh ! je »i. bien 1 extrême délicte«e, l'éne^^e inU».ble, le dévouement i™dté„ble déployé, .upréad'un lit de m.Udep.rno. mére. canadienne.. ,i ,„i. lemeut tr».fonnée, en ««„r, ho-piflié,,.. Certe., ce n'«t point là m aie,, ,u'elle, »ngent à forWre à le„„ devoir, d'épon» et de mère S. loutefoi,, W«nt un retour ,„r le p«.é, elle, remontent avec le Médecin j„.q„..uxc„,e. initiale, de U maUdie, ne »ro„telle. pomt tentee., dan, bien de. c, de « W un reproche amer de

n'avoir pas bâillonné et étouffé le mal dès ses premières attaques, de s'accuser peut-être même d'avoir, par une complaisance inqualifiable, wntribué à développer chez les siens, un ferment devenu, sous l'action du temps, inextinguible t

Et ne dites pas. Mesdames et Messieurs, que j'exagère. Avec moi constatez plutôt et jugez vous-mêmes :

Vous plairait-il de jeter un rapide coup d'oeil dans nos hôpitaux, nos hospices, nos asiles î Que de salutaires leçons apprises dans cette visite à vol d'oiseav. Tout un peuple y séjourne, y végète lamentablement ; toutes les misères humaines s'y entas8ent,attendant l'apport nouveau que le flot journalier de la marée montante des maux inhérents à l'existence y déverse incessamment.

Ici, c'est un paralytique sans mouvement, dont une partie du corps est déjà inerte et sans vie ; là, un vieillard rachitique et goutteux dont les articulations toutes déformées font peur à voir ; plus loin, tout un essaim de précoces phtisiques se débattant dans les affres d'une toux caverneuse contre les dernières étreintes de la tuberculose. Dans une autre mile, de pauvres mères de famille, qu'une affection cardiaque, que des cancers du foie, de l'estomac rongent prématurément ; de frêles jeunes filles étiolées sur leurs tiges printanières, à peine écloses aux rayons de la vie et dont les traits émaciés, dans plus d'un cas, outre qu'ils laissent voir les rides de l'inconduite, semblent faire retomber sur les parents coupables la lourde responsabilité de leurs flétrissures.

Si de là. nous nou8 rendons dann non hospices, que de petits étre« d»%énéréH. orphelinn. privés dès le berceau des soins essentiels et abandonnés, livides, difformes et sans défense sur le pué des rues et qui seraient infailliblement voués à une mort imminente, sans la main et le coeur d'une .-eligieuse, à l'âme pétrie d'abnégation et d'affection maternelles pour les i-ecueillir et écarter, par une sollicittKle éclairée et incessante, les dange,-» qui menacent leur frêle existence !

Vous a-t-il jamais été donné de visiter un asile d'aliénés ? Là, le spectacle est encore plus horrible en quelque sorte: à côté des infii-mités du corps, qui s'y greffent d'oitiinaire, on voit, dans tout leur repoussant étalage, ces ruines morales, cette dégradation extrême qui fait déoheoir l'être humain, créé à l'image de Dieu et divinisé par l'intelligence, de son titre et de son auréole d'être raisonnable, pour le ravaler à des actes de la plus répugnante abjection, auxquels se refuse l'instinct de la brute elle-même.

Tenez-vous à poursuivi-e plus loin. Mesdames et Messieurs, cette enquête sommaire et à entrer dans les prisons et les pénitenciers, véritables sépulcres où languissent dans l'exil et la réclusion tant de jeunes gens, .l'hommes mûrs, voire même de>7 femmes ? Ne nous attardons point à pénétrer les horreurs des cachots où gisent un trop grand nombre de nos compatriotes. Contentons-nous à titre d'enseignement salutaire et pour vous détourner à jamais, jeunes gens, d'appr.x-her wos lèvres .le la coupe empoisonnée de Tivrognerie, de

citer au hasard de la mëinoire les noms de quelques infortunés que chronique judiciaire de ces dernières années nous y signale.

Pour ne parler que des districts avoisinants : C'est ua fonctio

naire prépose à la protection et à la sécurité du public qui, du joi

au lendemain, de gardien de la paix, devient un assasin de son ëpoust

c'est une femme versant délibérément le poison dans la potion de

tinée à son mari malade ; c'est un jeune homme accusé d'avoir pous!

la passion jusqu'à déshonorer sa propre mère ; c'est, naguère encor

un homme blanchi par l'âge, père d'une famille considérée, qui e

plein jour, sur une place publique, à l'ombre même du drapeau q,

redit la bravoure de son fils aine— tombé victime volontaire du devoi

sur les veldts de la terre africaine— s'approche de la compagne de se

jours, as..ise sur une banquette de l'esplanade de Québec, human

avec une fébrile avididé, dans l'isolement matinal, l'air pur des frai

et réconfortants effluves du printemps, sans doute pour lui mui

murer un nouveau témoignage d'affection, mais qui, bien loin de là

dans le .'51ire de sa passion, ceint de son bras le front de sa jeun*

femn.rf, comme pour la caresser, et, par jalousie, presse sur sa temp«

la détente de l'arme meurtrière qui lui fracasse le crâne.

Il y a quelques années à peine, sur les hauteurs de Montmagny, se dressait l'ignominieux apparat de l'échafaud,pour venger la mémoire d'une pauvre femme poignardée sur sa couche conjugale, par celui-là même qui avait solennellement juré au pied des autels d'être son protecteur et son plus fidèle ami. Et, pendant que la voix de l'opinion

— lô —

1 lugubre théâtre de semblables tragédies Pnf

-;:::i::::::::tr:^^

nttant le sentiment unanime de la nati,.n . il'eureux de rpr... canadienne, je m estime

de rendre, en cette circ-onstanee. un public et éclatant 1 o n.age au eivi.„. d.plové par les autorités civL et ; f '"'^"^ ''°'"-

-~,uileso„tsi.aillamment.ute:::i::Z^^

«nce. ^"intnestbesoin, n'est-ce ms de f, -an y i vill«<. ,1 ' - ^ ' "anchir les murs de nos

ou se présente un aussi lamentable spectacle ? NW. , •

TelH «ont tle» faits notoireti, dont vouh ne Muriez contester l'exiu;titude et que vous êtes, d'ailleurs, à même de contrùlor personnellement choque jour.

Or, Mi des effets, néfastes, pour la santé de l'individu, le bien-être de la famille, la sécurité de la société et de la patrie — i|ui tous, bien qu'à divers titres, wmt affectés et gravement compromis par la perte incalculable de forces vives restées ainsi inactives et irrémédiablement stérilisées, — nous remontons à la cause initiale et primordiale de ce trouble dans l'économie individuelle et sociale, vous devrez admettre et reconnaître avec nous que l'alcooubmk est le principe de tout ce mal, qui répand ses sucs infectieux jusque dans les flbfes les pU: intimes de notre entité nationale, et vous ne vous étonnerez plus, Messieurs, que nous ayons jeté aux échos de notre province le cri d'alarme, que vous ne manquerez point, Mesdames, je veux l'espérer, de répercuter au foyer de la famille, pierre <le base de tout l'édifice social.

L'alcoolisme n'est pas l'ivrognerie, bien que souvent il y conduire fatalement. On pourrait définir l'ivntgnerie : l'habitude de l'excès, et l'alcoolisme : l'habitude de l'usage. L'abus lui-même consiste dans l'usage fréquent, sans nécessité réelle, mais plutôt par routine, par respect humain mal compris ou par désir de plaire. L'alcool étant, de sa nature, un médicament toxique, ne devrait être administré, de même que l'arsenic et la strychnine, «{u'avec la plus grande circonspection et dans des cas d'absolue nécessité.

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Porunt ... plu. .p„„v.„..bl«. ..,«!«,. ..„.. ^„. ,.,.^^ ^, ___^ ,«*»,^„„u.dit ,a P.„ U.e„.„, „,„„„,, ,^,^^^^^, toute leur rtpug„.„,e W,..,.» Aunlelà de deu. .iM». „o„. .<p^„t de cette mé™.rr.ble e.t«,tr„ph„ d. 1663, où, pour ,.,„ ^^^ ^ »pnUe„eu,-„We..„„yeHe «à.„ de liv^gnerie, rég..». „„ u-«^^ .ur ee .„, de k. Nouvelle-France et ,.i„ ^p.^.., ,. ^ ., Wlut ,„» 1. .ou courroucée do Dieu „ « entend.., eou,„e .u „„. met du Si„.l au milieu ,1„ tonnerre et de, «Wr., d.„, „„ .„„ et ^n..r.l t„„.,.W de .rre ,„i. .. .„, d:r.nT::ie~ colon-e, ebn.„l„t, renver»„t, d«rui«„t tout ,„r „„ ^.^, .- pomt ,ue 1. for^t e.le.„..e .e™bl.it ivre. Et cependant, d«l U. chron.,ue du temp,, p.. „„„ «,„„ p.,^ „„ ^„ „,, ,^

-an. toute 1. durée de cet effroyable e...c,,..e. Ceci dlntr. ,ue le bu de 1. P„videnc„, ,»r cette n,.„ifc.t.tio„ „.e„pl.ire, était do convertir, non de châtier.

Mieux ,u'„n décret r„,.l du g„„,„ Ononthio Loui, XIV, la .,. "Me ,e,.n .ut profit... Oepui, l„r, une nouvelle .. de civili«tion

ett venue, faisant diiiparattre pmgreMivntneiit le« barbarefi vcntiges de la uuvagerie, mniH apportant avec elle, pour tenir lieu de l'ivrognerie repoaasante et dédaignée, les raffinenienta de l'alcoolisnie, recherchant toujount (>t partout la place d'honneur et l'obtenant héla* ! trop iiouvent et trop coniplaisamment.

Telles personnes, qui ne voudraient NÛrement pas être taxt^s d'ivrognerie, ne dédaignent point cependant d'abHorber régulièrement, chaque jour et plusieurs fois le jour, une forte done d'alcool. Et pourtant on feint d'ignorer que loin d'être cet apéritif de bon aloi, le réconfortant que l'on prétend, l'alcool est un poison, qu'il ne se transforme pas dans l'économie vitale, que loin do nourrir, il afTocto fatalement les organes de la digestion et qu'il entraine avec lui, en paralysant l'action bienfaisante du rein, l'albumine, l'un des plus précieux éléments de la nutrition, qu'il détraque le corps et l'Ame et désorganise toutes les facultés. C'est là l'opinion d'une pléiade do médecins savants, tels que les docteurs Trousseau, Lalemand, Cauderlier, Galtier-Boissière, qui n'hésite pas à déclarer " qu'une livre de viande équivaut en qualités nutritives à des centaines de pintes de bière ou de vin. "

On trouve l'alcool partout : au berceau do l'enfant,— à qui des mères imprudentes l'administrent bénévolement sous mille prétextes futiles sous forme de '* castoria " ou autres médecines patentties, contenant toutes, quoiqu'on proportion varitv, de l'alcool — au berceau de J'en-

— lofant. .Ii.-je. d«„« |e« réuMiu.» «kUIch, «u chevet de. m.Me. et où «aivjo eiicMre.

Kt pourtant. ..udlc e.t lu eau., la ,.lu, frc^.uente.I. ^ule «cuvent cJeee.maMK,,e ce- infirnutéH phpi,„c. ,«« je v«u. nignalalt«>ut.à-rhe«n. et .lunt ch«,ue jour ramène le «ombre tableau î Je l«.«He le Hoin de la ré,..n.e à l'autorité de« d...t«.ur, de la neience. de- «avants .,ui vont vous faire part .le leur, «...«breunes expc-rienc. et de leunt judieieuNes obNervations :

I^ docteur r>ebove. doyen de la faculté .le «é.lc..i„e de Pari., ens..iK„e .,„., •• ,„,,,,,Un.e e.t l'en.pois..nne„.ent chroni.,ue.,ui résulte .le 1 Wkc habituel .le raI«K>l, alon. n.,-.„.e .,ue celui-ci ne pi^uit point l'ivresse."

N'e«t-ce pas le.loc-teur Unceivaux. un des médecinH les pluH ju.ten.e«t re„.,n„„éH de l'Europe, «péc-ialiste pour les affection, des po..mons. qui déclare c,ue " l'alcoolisme est l'engrais de la phtisie ? "

"L'alcoolisme, dit le Dr Fournier. favorise le dévelop, .-nent delà Phthisie. Il paraît même que la phthisie revêt .ssez souvent c:.ez les buveurs la forme dite galopante."

Les docteurs Pit..u>c. Jansen. Desguin. Perrin. partagent et confirment cette opinion.

Le docteur Laberge. du bureau d'hygiène, .ie Montréal, n'affirmet^l pomt. dans un rapport, qu'il meurt de consomption, dans la seule cte de Montréal, au moins cinq cents personnes par année î

:^-'iimm

Un médecin anglais», le Dr Richardson, prétend que l'alcool mu plie et accentue les pulsations du cœur, ce .qui le fatigue outre i sure et le ruine.

" Ia plupart des maladies, d'aprôs le docteur Ôroves, dans clinique médicale, sont plus ou moins compliquées des effets de 1 tempérance."

" C'est l'alcoolisme qui fuit le lit de la tuberculose ", dit le doct Landouzy.

Il est reconnu que l'alcool produit à la longue et souvent fatt ment l'inflammation chronique de l'estomac. De là, les inflammatio la gastralgie, les cancers.

L'hypertrophie du foie, sa dégénérescence graisseuse est encc

due à l'alcool.

" C'est le foie qui subit le plus facilement, dans l'appareil digesl l'influence des boissons alcooliques ; c'est encore le buveur qui pa le plus lourd tribut à cette affection ". (Dr Perrin).

Vous connaissez, pour l'avoir entendu appeler du nom du célèl médecin qui a étudié tout spécialement les affections du rein, fréquente maladie de " Bright ", qui n'est autre chose que l'albui nurie, " Aucune maladie, dit-il, ne fait plus de victimes parmi 1 ivrognes ".

[cool multi-

I outre m».

s, dans la sts de l'in-

le docteur

ent fataleiininations,

est encore

■il digestif, qui paye

du célèbre

II rein, la 3 l'albumi-

parmi les

le Dr Bugeret, pénible, très

" L'irritation provoquée imr les liqueurs fortes, engendre dans la région vé.sicale, le catarrhe i opiniâtre ".

" De tous nos organes, déclare le Dr Ix-febvre, c'est le cerveau , qui ressent le plus vivement le choc des boissons alcooliques ".

Et ajouterons-nous, avec le Dr Delaunois, « les maladies du cer veau occasionnées par les .xcès alcooliques, sont si non.breuses et si variées que le classement en est très .Hffieile et IVtude très compliquée ".

En effet le système nerveux, siège de lintelligenoe, du sentiment, du mouvement, est d'ordinaire, la première et bien souvent la dernière victime de l'alcool, qui fatalement amènes par une dépression progressive, la paralysie et laliénation u.entale.

" Ce qu'on ne .sait pas .sse., ce qu'il faut dire bien haut, fait

remarquer le Dr I^febvre, c'est que l'alcool atteint des inncents ■

Le père ou la mère frappée d'alcoolisme, engendre des enfants qui

conservent l'empreinte de leur origine pendanttoute leur existence •

des troubles du système nerveux, l'intelligence épaissie, l'idiotie, la

paralysie générale"

Si, .p^, la ,,-..«„„ j„ „„ „„,„^,^ ^^^ ^^.^^^ ^^^ ^^^ ta.eu„„Me. «etae, ^>„e„t.bl« d„„t j'ai eho„M u„Me , v„„.

r„r; '\r" "'■-°"°""— ^^■>'. *-wf, ,■,*.,.»

terroir où s'active la germination des mauvaises herbes, où naît et i développe le germe de toutes les prédispositions infectieuses, la caui néfaste de la plupart de nos maladies, souvent de nos pertes mat rielles et que c'est son œuvre délétère qui peuple et remplit n( hôpitaux, nos asiles d'aliénés et nos prisons î

Puisque, de votre propre aveu, le mal existe, ses causes scientil quement attestées et reconnues : puisque l'alcool est, de son essenc un poison morbide qui produit l'empoisonnement chronique,la dépre sion prématurée des qualités intel! 'ctuelles et 'ques, il impori

donc, pour être logique, de se garer contre les atteintes de ce v< rongeur et à cette fin prendre les moyens les plus rigides, les pli efiicaces. Pour atteindre le but recherché, la bonne volonté, l'unie de toutes les énergies sont requises : il faut diminuer, par une sévèi réglementation, rendue effective par une sanction pénale adéquate, 1 contagion de l'ivrognerie, il faut bannir sans merci du foy« l'aboolisme, cet intrus, ce courtisan, ce tyran qui a nom " brandy " gin," " bière," " whiskey,"et fonde son existence sur les ruines qu' ne cesse d'accumuler. ,

Un autre excellent moyen, le plus salutaire peut-être, est la gueri à l'alcoolisme par Venseujnement antialcoolique, par les conférence la propagande littéraire et surtout par l'éducation à l'école, au moye de dictées, de répétitions, de concours, de déclamations anti-alcool ques, de mises en scène de tableaux, triés avec discernement et pr près à impressionner vivement et à inspirer une horreur souverair

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^u.deter^.eretdeeha.«. de 1. ter. canadienne, ■,,c„e,i.n,e,

M^ de I..ne ce „on,t. biden, ,„i, de tente, part,. „enac^ ,. famille, la société et la patrie.

Confiant que vous ne faillirez ni à la tâche ni à l'honneur, ce tain que vous serez galamment secondés par de valeureux chevalier sans doute en grand nombre dans cette historique viUo de Troi Rivières, qui partage avec Québec l'honneur de demeurer sur ce coi tinent américain le premier et inexpugnable boulevard de la ment lité canadienne-française, je veux croire, Mesdames, que vous i dédaignerez pas de prendre rang dans cette patriotique croisade. Je n flatte même d'espérer. Mesdames, que vous tiendrez, — esquissant à no veau dans un mouvement noble et généreux, le geste superbe du chev lier de Lévis faisant brûler à l'Ile Sainte-Hélène, dans une solennel apothéose, pour qu'ils ne tombassent point en des mains ennemie et les drapeaux, témoins inséparables de la vaillance française et 1 oriflammes fleurdelisées et à toujours chéries qui ombragèrent not berceau et les hampes glorieuses qui, sur ce sol béni de la No velle-France, tracèrent le profond et généreux sillon do la foi et ( la civilisation, — à aider, par votre puissant et généreux appui mon les ligitea anti-alcooliques à enlever des mains contumaces des hord indisciplinées de l'alcoolisme leure enseignes sordides, insolemmei déployées, pour les sacrifier — ces funestes trophées — dans le rayonn ment d'un immense auto-da-fé, sur l'autel de la Patrie, au bien-ét de vos familles, à la sécurité de la société et à la plus grande gloi du nom canadien.

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