‹ L'Algérie agricole en 1906Chapitre 17 sur 40 · I. - La Culture Fruitière · texte numérisé non relu

I. - La Culture Fruitière

La culture fruitière, en Algérie, remonte à une période déjà ancienne, mais ce n'est que depuis quelques années que nous voyons un mouvement de progrès se dessiner en faveur de cette culture fort intéressante. D'une part la consommation, sans être illimitée, est considérable, elle est loin de trouver sur place les quantités suflisantes. D'un autre côté, les Oranges, les fruits subtropicaux, peuvent fournir un article d'exportation, mais il faudrait pour cela obtenir encore ([uelques améliorations dans les moyens de transport. Les créations de vergers ne prendront, d'autre part, une grande extension, que par la participation de capitalistes. Le colon peut difïicilement se consacrer entièrement à l'arboriculture, il faut souvent attendre trop longtemps les premiers fruits.

La culture fruitière doit aussi en Algérie, comme dans les pays similaires du Nouveau continent, être aidée par l'industrie des conserves de fruits. Le séchage est déjà pratiqué, notamment pour les figues; mais d'une manière rudimentaire qui ne laisse pas aux fruits toute leur valeur.

La consommation et l'exportation s'accroîtront dans des proportions extraordinaires quand le producteur aura amélioré ses produits sans cesser de les offrir à des prix abordables pour la masse des consommateurs.

Presque loiiles les cullures fruitières réclament des améliorations, les variétés d'Europe introduites se trouvent souveni, en Algérie, dans un milieu qui ne leur convient pas. Il faut évidemment, par un long tâtonnement et des recherches méthodiques, choisir les types résistants qui dégénèrent le moins et il faut surtout, comme Tout fait les Américains, créer de nouvelles races bien adaptées au pays.

Les arbres fruitiers que Ton multiplie par graine, comme le Néflier du Japon ont, en cinquante années de séleiîtion, produit de très bonnes variétés qui sont fixées aujourd'hui par la greffe, aussi ce fruit n'est l'objet de ventes importantes, sur les marchés, que depuis une dizaine d'années. Il devient tous les ans meilleur et plus abondant.

Sur le lilloral, l'Oranger est fortement attaqué par les Cochenilles ; il subit de ce fait une dépréciation considérable. Avec* l'Oranger et ses congénères, Mandariniers. Citroniers. nous trouvons un certain nombre de fruitiers cultivés dan« la même zone, comme les Néfliers du Japon, les Goyaviers, Grenadiers, Anoncs, les Kakis ou Pla(|ueminiers, qui commencent à prendre une place importante, le Pistachier, qui est tro|) rare.

La zcne de l'Olivier et du Figuier est beaucoup plus étendue que celle de l'Oranger ; elle comprend tout le littoral, les plaines basses du Tell et une bonne partie de la région montagneuse jusqu'à une altitude dépassant i.OOO mètres. C'est à une altitude moyenne que ces deux arbres donnent des produits abondants et de choix. Sur le littoral, l'Olivier, comme l'Oranger, est attaqué par de nombreux parasites, surtout par les Cochenilles et le Ver de l'Olive.

Dans la zone montagneuse, TOlivier est remplacé par le Chêne-vert à glands doux ; les fruitiers d'Europe, Cerisiers, Pêchers, Poiriers y acquièrent un beau développemeat et donnent de bons fruits ; le Châtaignier et le Noisetier même y prospèrent si le sol leur convient ; la Vigne y donne encore d'excellents fruits.

La zone saharienne pu du Dattier est caractérisée par l'élévation des températures estivales, l'hiver est le plus souvent moins tempéré que sur le littoral, la moyenne des mois d'été est de 30°, tandis que dans le Tell cette moyenne ne dépasse pas 25''. La région d'Orléansville, (|ui présente une moyenne de mois d elé plus élevée que celle des autres régions du Tell, voit certaines variétés de Dattier mûrir comme dans le Sahara. U\ moyenne dos maxima d'élé ne dépasse pas 21)*^ sur l<» littoral ; elle atteint i3'' dans le Sahara. Les lenïpéralures les jilus élevées et la sécheresse de l'été, les abaissements de moins de (V* fré(|uonls en hiver, limitent beaucoup le nombre des végétaux (|ni s'arconnnodenl de ce climat saharien.

Olivier. — l/OIivier, qui est l'arbre des rives méditerranéennes, a une histoire qui se lie aux anciennes civilisations qui y ont surgi et s'y sont éteintes, depuis trente siècles. Kn Grèce, l'Olivier était l'arbre de la Paix, l'arbre qui fait vivre ; mais ce sont les Romains qui ont su donner à la culture de l'Olivier une extension considérable vers l'Ouest et pendant les siècles de la domination latine le Nord de l'Afrique se couvrait d'olivettes. Les forêts d'oliviers sortaient de cette terre si propice

par Je tait rrun** volonté qui netoiimU ptis (i'obslaclf et ({ui 8Ùt iiiatlriser les besoins du moment pour organiser la prospérité des génèralions n venir.

Il est certain que l'Olivier e^{ spontané en Algérie ; mais la forme vrainienl sauvage est TOtéastre vraî à 1res

|ieiils fruits rlorit il est très ditïirile de retirPi' île l'iiuile pour un usage courfinl. Lr^s Pliéuicieiis întportéreut probablement les raees déjà rullivées en Orient, ers rares auiétiorées se propagèrent de ta (-yrènaïciue an Maroe el même en Espagiie ; Ip nom ;n*Hlie de l'Otpastre est Zebondj, tandis quu t Otivier cultive est noauné, en aral>e, Z4loun, don l'espagnol, Aerytuno*

Ce!«l M, Ikinrde qui, ihius un inernoialde iH|>f>ort sur

la Culture de l'Olivier dttm le centre de la Tanvne (1893), a élablî par des observalions nombreuses et d^ textes très clairs que l'Olivier avait été. pendant la période si heureuse de l'occupation romaine, l'agent presque unique de la prospérité de la Tunisie. Il est non moins certain que dans une grande partie du littoral algérien l'Olivier a joué un rôle beaucoup plus important que de nos jours.

Dans le massif du Chenoua, entre deux anciennes villes qui «e comptaient pas moins de 60.000 habitants, Tipaza et Cherchell, on trouve encore des ruines nombreuses d'huileries romaines et cepeadant l'Olivier y est devenu rare et les quelques arbres témoins ne sont même plus exploités.

Dans la région de Tébessa les ruines d'huileries sont importantes ; M. Gsell nous a communiqué la photographie d'une usine très remarquable qui est encore debout à une trentaine de kilomètres au Sud de Tébessa.

On attribue aux grandes invasions arabes la destruclion des forêts d'olivier. Dans le massif de l'Aurès, une légende rend aussi responsable de cette destruction la Kahena, héroïne qui commandait dans cette région lors de la sixième invasion arabe. La Kabena pensait décourager l'envahisseur en ruinant le pays ; tous les arbres fruitiers furent abattus par ses ordres.

Enfin, il est probable que l'exportation sur Rome devint plus difficile, la mévente découragea à ce moment déjà plus d'un producteur. Depuis plus de six siècles la culture de l'Olivier s'est localisée dans quelques sites plus particulièrement favorables, comme la Kabylie où, actuellement, la production de l'huile est bien loin de suttire à la consommation locale, car l'Algérie importe

tous les ans dix à douze millions de liires d'huile comestible. La tradition comme les documents historiques semblent bien établir que les Carthaginois comme les Romains ont provoqué par des mesures administratives la plantation des immenses olivettes qui s'étendaient de Sfax aux rives de TOcéan.

Au moment de la conquête la fabrication de i'buiie

Huilerie romaine près Tébes-a (photog. de M. Gaell)

par des procédés primitifs était confinée en Kabylie, et, dès les débuts de notre occupation, les émigrants jetèrent leurs vues sur Tindustrie de Thuile. Les oliviers sauvages de la banlieue d'Alger furent greffés et déjà, en 1832, trois moulins importés de France avaient été montés par MM. Nadaud, Lacroutz et P. Raynaud Ces premiers essais démontrèrent que les olives d'Alger pouvaient donner une huile fine comparable à colle do Provence et d'Italie.

En 1833, plus de 10.000 Oliviers étaieni greffes et

M: Fougeroux plantait 2.000 oliviers venus de France.

En 7 ans, 60.000 oliviers furent greffés dans la banlieue d'Alger, à Bône le même élan était donné. Mais rriâlgré le concours de toutes les administrations locales en 1846, la situation était peu brillante, à peu près toutes les espérances étaient déçues; des lois douanières antilibérales refusaient d'ouvrir le marché français aux produits d'origine algérienne.

l/administration locale avait cependant, dès les premiers jours, soutenu l'effort des colons et le Jardin d'essai ou Pépinière centrale ne pouvait fournir les greffes en suffisante quantité, il fut créé une importante collection d'Oliviers. Pour cela on ffl appel aux agents consulaires de France, en Espagne et en Italie ; en I8i;), un premier envoi d'Espagne comprenait 200 rejets de souches et 200 boutures d'Olivier nain dit Arbeca et de plants de Palma et de Séville. En 18ifi, 72 plants et 18 variélés furent introduits dllalio.

En I8i7 et I8i8, le Jardin d'essai recevait de Provence deux envois, et 27 variétés venaient s'ajouter aux collections espagnoles et italiennes.

En 1854, cette collection était, d'après J. Duval, un des plus beaux et des plus précieux ornements du Jardin d'essai. Des sujets étaient* envoyés à Misserghin et à Bôné.

Une instruction sur le greffage des Oliviers était rédigée par M. Hardy et distribuée largement.

Ees premiers moulins créés à Alger, n'avaient pu continuer, car non-seulement les huiles algériennes étaient grevées de droits à leur entrée en France à titre de prodnits exotiques; mais une ordonnance du 2 février 1848 accordait aux produits des graines oléa-

gineuses étrangères entreposées a Marseille, la faveur de rimporlalion en franchise dans les ports de la colonie.

L'accès en franchise du marché national n'a été accordé aux huiles et autres produits agricoles d'Algérie que par la loi du 11 janvier 1851.

A ce moment, le Gouvernement fut poussé à primer les greffes ; mais TAdministration jugea qu'il valait mieux encourager la créations de moulins européens et des primes importantes furent accordées. Le meilleur encouragement à donner était de fournir aux colons les moyens de tirer parti des récoltes obtenues. On y arriva par des primes aux meilleurs moulins.

En 1853, J. Duval estime à 2 millions de litres l'exportation en huile d'olive par le port d'Alger, et s'exprime ainsi à ce sujet : « On expédie en France, k vil prix, des huiles d'olives de qualité supérieure en échange d'huiles très inférieures et très chères, Le commerce s'enrichit à ce va et vient ; mais la production s'y ruine ».

A ce moment, la province d'Alger comptait 18 moulins ; la province de Constantine 20 ; la province d'Oran n'avait que 11 moulins : 2 à Mascara, 9 dans la région de TIemcen. L'importance de ces moulins est très variable : les uns. avaient coûté 50.000 francs d'installations, d'autres 4 à 5.000 francs. La force motrice était empruntée à des chutes d'eau. Le moulin Picot, établi en 1850, à Miliana, et le moulin Castelbou, à Pouka, étaient actionnés par le vent ; beaucoup de ces usines avaient des manèges.

Le mouvement en faveur de l'Olivier était général et partout où la colonisation pénétrait après la pacification

complète du pays, des eHorts considérables étaient faits, En IS50, la Compagnie des Mines de Mouzaîa faisait grefler les nombreux oliviers de sa concession par les soldats grefïeurs du capitaine Bréautie et aujourd'hui encore on trouve dans cette région, qui fut longtemps abandonnée après la fermeture des usines métallurgiques, des oliviers donnant de bonnes olives et formant une véritable station d-essai où il sera possible de choisir les races qui se comportent le mieux.

A Saint-Denis-du-Sig, dès 1832, 4.000 oliviers étaient plantés. L'élan gagnait la population indigène, et dans la région de Mascara les Beni-Chougran qui avaient, dès 1844, reçu des mattres-greffeurs, envoyés par le général Bugeaud, greffèrent 2.000 pieds par an avec l'aide des soldats. Le même travail s'effectuait dans la région de Sidi-bel-Abbès.

Après ce premier effort qui est trop souvent méconnu, l'Algérie avait, en 1854, 23.000 hectares d'oliviers en rapport, cinquante moulins européens et arrivait à une production évaluée approximativement à onze millions de litres d'huiles dont près de (rois millions étaient exportés.

Les chiffres cités sont tirés d'un important mémoire de M. J. Duval et basés sur des renseignements officiels. Il parait donc évident que, depuis 1854, l'oléiculture n'a fait en Algérie que des progrès assez lents. En 1904 on compte 59 moulins à vapeurs, 918 moulins à eau et 3.475 moulins à manège ; la production est d'environ 300.000 hectolitres, dont 50.000 hectolitres sont exportés.

En 1893, M. Bourde, directeur d'Agriculture en Tunisie, adressait au Résident général un très remar-

qiiable rapport sur la culture de Tolivier dans le centre de la Tunisie. Ce travail, très documenté, fut un événement dans l'agriculture du Nord de TAfrique. En Tunisie, l'élan fut considérable et de très importantes plantations furent faites notamment dans la région de Sfax. Le rapport de M. Bourde ne fut pas sans eflet en Algérie et t)ien des colons se sont de nouveau préoccupés des avantages que peuvent présenter, dans certains sites, la culture de Tolivier ; l)eaucoup d'Oléastres sont greffés tous les ans et des plantations sont faites dans les trois départements.

La Région de l'Olivier. — L'Olivier caractérise en Algérie une zone naturelle très étendue comprenant le littoral, les plaines qui y aboutissent et reparaissant dans rintérieur quand l'altitude est inférieure à 900 mètres dans les vallées qui descendent des massifs montagneux du Tell. Toute cette zone de TOlivier n'est pas également propice à la culture de cet arbre.

Les rendements en huile sont aussi bien différents d'une contrée à une autre et souvent à de faibles distances. Le rendement en huile est beaucoup pl4js élevé à Relizane, à St-Denis-du-Sig que dans les olivettes de la base de l'Atlas dans la Mitidja. Quand 100 kilogr. d'olives donnent 18 litres d'huiles à St-Denis-du-Sjg, on obtient que 14 litres dans le Sahel et dans la Mitidja.

C'est un fait du reste bien connu que le rendement en huile augmente à mesure que l'on avance vers les régions plus chaudes.

L'Olivier parait se plaire à une altitude de 300 à 600 mètres. Des peuplements considérables d'oliviers sont en pleine production ; mais il est facile de constater

que beaucoup de vides pourraient être comblés, soit par le grelTaf?e, soit par de nouvelles plantations.

Dans le département de Constantine la région de La Galle ne présente l'Olivier qu'à l'état épars, les arbres ne sont pas greffés, les fruits sont cependant récoltés par les Indigènes qui en fabriquent une huile de leur goût. Les grés de Numidie et les gneiss sont surtout boisés de chênes. Ce sont lesalluvions des vallées et les formations marneuses ou calcaires qui sont occupés par les oliviers. Ces arbres s'avancent jusque dans le Sud sur le versant de l'Aurès à Batna et dans la vallée de rOued-Chabro, près Tébessa. Les hautes plaines de Constantine, Sétif, Batna, Aïn-Beïda sont trop élevées froides pour l'Olivier que l'on retrouve très abondant à Guelma, dans toute la vallée de la Seybouse, à Gastu et Jemmapes, d'El-Kantour à Philippeville.

Un petit peuplement s'observe dans le massif des Dreats, mais c'est dans la vallée de la Soummam et les vallées secondaires qui en dépendent que l'on retrouve les plus importantes plantations. On évalue à quatre millions le nombre des oliviers greffés de ce département ; cette richesse est en majeure partie entre les mains des Indigènes.

Dans le département d'Alger, la Kabylie est le centre principal de la culture de l'Olivier. Les vallées de la base des massifs que bordent la Mitidja et le Chélîf sont le plus souvent peuplées d'Oliviers. Cet arbre s'avance jusqu'à Médéa, remonte sur les rives des affluents du Chélif. On évalue à deux millions le nombre des Oliviers greffés.

Dans le département d'Oran, la région de l'Olivier comprend toutes les plaines et les vallées de la mer à la

limite des steppes ; Mostaganem est environné de peuplements considérables ; Relizane et Saint-Denis-du-Sig sontiemarquables par de très belles plantations eri terres irriguées. Des Chougran à Mascara se trouvent aussi de nombreuses olivettes ; mais Tlemcen est le centre le plus important ; TOlivier peuple le pays jusqu'à la frontière du Maroc d'un côté et jusqu'à la mer de l'autre. La slatis-

Olivette irriguée à Saint-Denis-du-Sig

tique accuse pour ce déparlement 700.000 Oliviers greffés appartenant pour la plus grande partie aux colons.

Les variétés de VOlivier. — Tous les auteurs qui ont écrit sur l'Olivier se sont trouvés aux prises avec la difficulté de la détermination des races locales et surtout de leur assimilation avec les variétés déjà décrites dans les autres contrées. Ce fait avait déjà frappé l'abbé Rozier qui, dans son cours d'agriculture, indiquait, il y a un sièclo, le moyen de remédier à cette situation :

« Il y aurait un moyen sûr de parvenir à une bonne

(( classification de ces espèces jardinières de TOlivier, « il faudrait réunir dans un champ les principales va- « riétés et les comparer, établir une synonymie sûre. Il « est étonnant que les états de Provence et Languedoc (( n'aient pas encore tenté celte opération.

(( Sans une synonymie exacte comment se faire (( entendre d'un bout de la province à l'autre ? Dès lors ft il faut se contenter d'écrire des généralités et les géné- « ralités sont peu instructives. . .

(( N'est-il pas singulier que dans toutes les provinces (( du Royaume on ait établi des pépinières d'ormeaux, (( de mûriers, de peupliers, d'arbres fruitiers, tandis que « dans celles qui ont par leur position le privilège d'éle- (( ver l'Olivier, l'Administration n'ait pas encore songé (( de vouloir en établir de semblables pour un arbre « dont le produit constitue un revenu qu'aucun autre « canton du royaume ne peut lui enlever.

« Il faut donc conclure que les lumières que l'on a sur (( l'Olivier sont purement locales, de village à village et « il n'y a point d'ensemble pour la généralité d'une (( région. Preuve sans réplique de la nécessité d'établir (( une nomenclature alin que les cultivateurs puissent (( s'entendre, savoir par l'expérience quelles sont les (( conditions qui conviennent à chaque espèce. »

Depuis nous n'avons pas fait grand progrès. Les auteurs espagnols nous ont fait connaître leurs Oliviers, les italiens en ont décrit aussi, la France n'est pas resté en retard ; tout récemment une nomenclature des Oliviers tunisiens a été établie.

Kn Algérie, le Gouvernement a établi à la Station botanique une importante collection de variétés algériennes et aussi de toutes les variétés étrangères.

La détermination pour être rigoureuse nécessite des comparaisons, il faut donc constituer une collection vivante, c'est ce qui a été tenté à la Station botanique de Maison-Carrée.

Les variétés d'Oliviers cultivées en Algérie sont assez nombreuses ; chaque région a ses formes particulières et il est impossible d'assimiler ces Oliviers aux races connues dans les autres centres de culture de cet arbre.

Les noms indigènes n'ont pas une grande fixité et des variétés très différentes ont une même dénomination ; il y a cependant lieu d'adopter la nomenclature indigène qui seule permettra de retrouver facilement les variétés indiquées.

Le tempérament de chaque race d Olivier doit être bien connu quand on veut faire des plantations. Certains Oliviers ne donnent pas de récoltes s'ils ne sont pas arrosés, d'autres aiment les alluvions des vallées et ne donnent rien dans les marnes.

Le Chemial, qui est si beau dans le fond de la vallée de rOued-Sahel, jaunit et dépérit quand il est placé sur les versants du crétacé, à Seddouk, où il est avantageusement remplacé par l'Adjeraz qui est peu fertile dans la plaine*

Dans les plantations il est donc très important de ne pas accueillir, trop facilement, les Oliviers dont on ne connaît pas bien les aptitudes à supporter les particularités du sol ou du climat.

Les Oliviers sont souvent, dans un but pratique, divisés en deux sections, les olives à gros fruits pour conserve, les oll*es à huiles.

Jusqu'à ce jour la culture des olives pour conserve a été très limitée. On prélève sur les grosses olives ce que la consommation locale exige.

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Il y aurait cependant grand intérêt à cultiver, dans de bonnes conditions, les grosses olives qui existent déjà chez nous, mais à Télat de rareté ; il faudrait aussi introduire d'Espagne, de Grèce et d'Asie Mineure les belles olives à confire.

Les olives à huile sont nombreuses et, bien que Tétude n'en soit pas achevée, on peut trouver déjà les éléments suffisants pour les plantations à faire.

L'énumération suivante n'est que le résultat d'une première investigation et ne doit être considérée que comme un catalogue provisoire, les races qui jouent un rôle important sont seules décriles.

Atljeraz de Seddouk. — Arbre moyen, plutôt petit, à feuillage dense, à hranclics étalées horizontales, raujeaux plus ou uïoins |iendanls d'un vert foncé avec des rellels blancs 1res accusés. IsMiilh^s moyennes tiès verles en dessus, très blanches en dessous.

Olive moyenne, cylindro-conicpie, pointue, noyau assez gros, terminée par une pointe aiguë longue. Les plus grosses olives pèsent- plus de 8 grammes, les moyennes 4 h 5.

L'Adjeraz convient pour les conserves et pour l'huile. Cueillies vertes, elles ont la chair blanche et la peau fine ; sous celte forme, elle pourrait être préparée en assez grande quantité dans la région de Bougie.

A maturité, l'Adjeraz est d'un beau noir et charnue, séchée ou mise en saumure, elle donne encore de très bonnes conserves. L'huile d'Adjeraz est très grasse et moins propre à l'exportation (|ue celle de Chemial, mais elle convient pour les coupages.

L'Adjeraz présente un assez grand nombre de formes; les plus intéressantes que j'ai notées sont :

Adjeraz des Heni-hoU'Mclek. — Arbre moins dense, feuilles moins blanches en dessous, belle variété pour les plantations.

drosse Adjeraz d' Ali-Chef if. — Gros fruit pesant plus de huit grammes.

Petite Adjeraz d'Ali-Cherif. — Arbre beaucoup plus grand que le type, feuillage moins sombre, fruit très abondant, olive ne pesant que 3 gr. 5 en moyenne. Variété intéressante.

Bouchouk, — Arbre élevé, feuilles grandes, larges. Fruit assez long, terminé par une pointe très marquée déjetée. Très bonne race pour conserve; est plus précoce que TAdjeraz, la chair est tine, il en existe de beaux sujets près Tizi-Ouzou.

Chemlal de Kabylie. — Arbre de grande dimension, atteignant un Age très avancé, à feuillage vert clair souvent vert jaune, formant un couvert assez clair ; feuilles grandes allongées. Fruit abondant le long des rameaux de forme ovoïde pointu, un peu déprimé d'un côté, blanc puis rouge et noir, pulpe charnue peu colorée. Cette olive ne pèse guère plus de 2 grammes à 2 gr. 5.

Assez répandu en Kabylie dans les alluvions, présente de nombreuses variations.

Le Chemlal est un Olivier très estimé en Kabylie, son huile est très fine et convient très bien pour l'exportation. On peut rapprocher les différents Chemlal du

Caillet et Blanquet, de France. En Tunisie, le Chemial de Sfax est justement estimé mais il est différent du Chemial de Kabylie.

On peut distinguer dans le Chemial les formes suivantes :

Chemial précoce de Tazmalt. — Très belle variété, très fertile.

Chemial blanche d*Ali Chéri f. — Olive moyenne de 2 grammes, donne une huile presque incolore.

Petite Chemial pendante, — Rameaux pendants, fruits très petits mais abondants. Azib d'Ali Cherif,

Chemial de VOued-Ahû, — Fruit moyen abondant sur des rameaux allongés. Oued-Aïssi, près Fort-National.

Chemial de Sfax, fruit plus petit, arrondi.

Chemial (fc Djerba.

Chemial de Tebourba.

Limli d^ Seddouk. — Arbre arrondi, bas. pouvant atteindre de grandes dimensions, feuillage vert foncé, dense, feuilles moyennes, fruit par groupe à la base des rameaux. Olive ovoïde, régulière, noire, bleue à maturité, à jus coloré, pesant un peu plus de 2 grammes, avec un noyau petit ne pesant que 19 pour 0/0 de la pulpe.

Le Limli, qui se rencontre surtout à une altitude de 400 mètres sur la rive droite de la Soummam est un très bel arbre résistant bien à la sécheresse et donnant une belle olive — qui rend à Seddouk 13 litres d'huile pour 100 kilos d'olives,

Grosse Aberkav dfs Bem-Aïdel. — Arbre moyen, feuillage vert foncé, fruit régulièrement ovoïde. Olive assez grosse pesant en moyenne 4 grammes, le poids du noyau est de 19 0/0 du poids total.

L'huile est excellente mais le rendement faible. Cette olive convient surtout pour faire des conserves d'olives noires, elle est très peu amère. J'ai vu des Kabyles la manger sans aucune préparation.

Les Beni-Aïdel, près Seddouk.

Petite Aherkan de Seddouk. — Assez semblable à la grosse Aberkan, mais fruit toujours plus petit, ne pesant que 2 gr. 5, bonne variété, peu répandue, assez fertile, donne une huile très tine.

Seddouk.

Aaleth, (hmlette des Bem-hoU'Melek . — Arbre de grande dimension, élevé, feuilles moyennes, olives petites, arrondies, groupées à la base des rameaux.

Cet Olivier est encore assez abondant dans la région de Gouraya. Chez les Beni-bou-Melek il paraît avoir été cultivé du temps des Romains, car on trouve encore de vieux sujets alignés et francs de pieds.

VAaleth est un des Oliviers qui conviennent pour les plantations en terre sèche, son huile est très fine. Cette variété diffère très peu de la Chemlal de Sfax.

BoU'Hamar ou Asgouart, de la région de Gouraya.

Azouba'i, fruit allongé, Beni-bou-Melek.

Boudiss, se rapproche du Zeboudj, est cependant récolté, constitue un excellent porte-greffe.

Ardou, Beni-bou-Melek.

MXhiada, Beni-bou-Melek.

ZizQ, Beni-bou-Melek.

(ioum, Beni-bou-Melek.

Tefah

Abef'kan, région de Gouraya.

Grosae de Miliana. — Belle variété à coudre, noyau plus petit que dans les autres races indigènes.

Aaleth Beni-13ou-Melek

A z 0 u b a ï des 13 c n i - B o u - M e I c k

Aberkan de Tizi-Ouzou. — Belle olive observée sur la rive droite du Sebaou, au-dessus de l'huilerie Âillaud.

Arhoni, petite noire.

Aaberhe, Tizi-Ouzou.

Azibli, Tizi-Ouzou, forme à demi sauvage, peu estimée.

Akenna, Akbou.

Tefah. — Arbre peu élevé, à rameau pendant, feuilles de la base du rameau large. Olive en forme de pomme du poids de 7 grammes.

Le Tefah est cultivé par arbre isolé dans les jardins des Indigènes, il donne de très gros fruits bons pour les conserves, mais le rendement est faible.

Olivier de Sl-Denis-du-Sig. — Arbre moyen, fruit assez gros, abondant, demande Tirrigation. Rendement considérable en huile, pouvant atteindre 18 et 20 litres pour 100 kilos d'olives.

Cet olivier très répandu dans TOranie provient des anciennes plantations de Misserghin, il se multiplie facilement par bouture et se prête très bien à la constitution des Olivettes irriguées. Le fruit est assez gros pour pouvoir être utilisé pour conserves. L'huile est fine et très estimée.

Olive rouge de Hio-Salado, — Olive ronde, rouge cerise, en terre sèche.

Corni cabra, — Olive longue courbe. Pendoulier de Provence.

Olive de Mascara. — Olive régulière ovoïde produit beaucoup.

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