‹ L'Algérie en 1844Chapitre 73 sur 108 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Maladies.

On avait cté frappé de l’augmentation de la mortalité dans les hôpitaux de France; la commission du projet de loi relatif à l’appel des 80,000 hommes sur la classe 1844, reconnaît « que cela résulte de ce que l’armée d’Afrique évacue sur la'France une part ie assez considérable de ses blessés, malades ou convalescents '. »

M. le maréchal Bugeaud évaluait à 50,000 le nombre de soldats morts jusqu’en 1 839. En 1 840, ce nombre s’est accru de 12,000, et chaque année l’augmente encore de 7 à 8,000 ; en sorte qu’on peut penser que nous avons déjà perdu en Afrique 80,000 des enfants les plus vigoureux de la France.

Pendant quelque temps, l’Afrique avait honte de ses œuvres ; elle n’osait plus envoyeren France ses malades effrayer de leurs visages moribonds les garnisons du littoral Elle craignait que quelque jour le démon colonial qui apparut à l'ile de Léon n’apparût à Marseille ou à Toulon. Elle imagina un hôpital à Mahon , où elle condamnait ses victimes à périr sur la terre étrangère. Cet hôpital n’est plus : le cimetière était comblé.

Mais avant d’arriver au terme de leurs maux,

1 Rapport du général Paixhans, du 4 mai 1844.

2 « Pendant mon séjour à Toulon , j’ai vu débarquer ou plutôt exhumer les tristes restes d’un convoi de 300 malades, embarqués et restés en mer depuis un mois. » Discours de M. le comte de Tascher à la chambre des pairs, le b janvier 1838.

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