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La différence en moins, sur l'année précédente,
est d'environ huit millions et demi de quintaux.
Après les céréales, la culture qui est appelée au plus grand avenir, en Algérie, est celle de la vigne. Déjà, la quantité d'hectolitres de vin produite se chiffre par centaines de mille et augmente rapidement. (1) On consomme, en outre, beaucoup de raisin de table et on en fait sécher. Tous les terrains paraissent convenir à la vigne ; mais pour savoir quels cépages seront mieux appropriés aux localités, il faut le temps et l'expérience. Il en est de même pour les procédés de fabrication du vin, qui doivent être modifiés selon les conditions climatériques du pays et la nature du raisin . Si le phylloxéra nous épargne, la vigne, seule, pourra faire la richesse de l'Algérie. Les vignerons de l'Hérault, du Gard, de Vaucluse, du Var, ruinés par le fatal insecte, commencent à le comprendre et à venir, sur cette terre d'Afrique, refaire leurs vignobles détruits. En 1877, le nombre d'hectares cultivés en vigne était de 17.728; il doit être maintenant d'environ 25.000 (2).
Les cultures maraîchères, pour la consommation locale, et celle des primeurs, pour l'exportation, constituent un revenu important. Les Mahonais des environs d'Alger ont réussi, à cet égard, d'une manière admirable, et il est certain que leur exemple pourrait être suivi sur tout le littoral et que
(1) 335, 582 hectolitres en 1878.
(2) Etat de l'Algérie, p. 61.
l'Algérie serait en mesure de fournir des légumes frais à une partie de l'Europe, en hiver.
Comme cultures industrielles, le tabac, le lin, la ramie, donnent de bons résultats. Le coton réussit dans quelques localités, mais ne peut, comme prix de revient, supporter la concurrence avec l'Amérique. Peut-être donnerait-il, dans les oasis du sud, des produits plus rémunérateurs et à meilleur compte.
Les plantes d'ornement et les plantes à essences sont cultivées avec succès aux environs d'Alger.
La sériculture, entreprise naguère sur différents points, est, en grande partie, abandonnée; et cependant, il y a, sans doute, quelque chose à faire sous ce rapport. Il en est de même de l'apiculture qui est pratiquée avec succès par les Kabiles.
Presque tous les arbres fruitiers de France viennent bien en Alcrérie.
Comme fruits d'exportation, l'orange et le citron donnent déjà un certain chiffre. L'oranger vient bien partout où l'altitude ne dépasse pas une moyenne de cinq cents mètres. Cette production peut donc facilement être décuplée.
Un autre fruit d'exportation est la datte. Le nombre des palmiers peut être grandement augmenté, et, comme des Français viennent d'acheter des quantités considérables de ces arbres dans les oasis de In province de Constantine, il faut espérer
que cette production suivra également une marche ascendante et que partout où la sonde amènera l'eau à la surface, on plantera des palmiers.
L'olivier, indigène en Algérie, où il atteint les proportions d'un arbre de haute futaie, donne d'excellents fruits et en abondance. L'huile entre pour un chiffre important dans le tableau des exportations et il s'en consomme beaucoup sur place. La quantité d'hnile fabriquée en 1 877 a été d'environ 1.500.000 hectolitres, dont les deux tiers produits par les Européens. Quant à celle que préparent les indigènes, elle est de qualité inférieure, par suite du mauvais procédé de fabrication.
Comme productions naturelles, nous citerons : le liège, qui est déjà sérieusement exploité, les écorces à tan, les bois, les prairies naturelles et les plantes textiles croissant spontanément, c'est-à-dire VHalfa, le Dis et le palmier nain. L'Haï fa exploité surtout dans la province d'Oran, donne lieu à une exportation moyenne de 80.000 tonnes. Un chemin de fer a été établi, d'Arzeu à Saïda, dans le but spécial d'aller chercher cette plante dans les hauts-plateaux. Ce textile est expédié particulièrement en Angleterre, à l'état brut, et il est incompréhensible que l'industrie française n'ait pas encore trouvé le moyen de l'utiliser ou, tout au moins, de lui faire subir, sur place, une première préparation.
Il nous reste à parler des troupeaux et des ani-
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maux domestiques ; chevaux, mulets, ânes, chameaux, bœufs, vaches, moutons, chèvres, formant un chiffre total d'environ quinze millions de tètes, dont 500.000, à peine, appartiennent aux Européens (1). Ici, encore, c'est l'indigène qui est le principal producteur ; ses troupeaux sont sa meilleure ressource, car ils s'élèvent et s'accroissent sans frais. Le mouton et le chameau ont en outre cet avantage de vivre et de prospérer dans les steppes des hauts-plateaux et du Sahara, où l'eau est rare et oii la végétation se compose de plantes aromatiques et épineuses dont ces animaux peuvent, seuls, s'accommoder. Chaque année, à partir du mois d'octobre, des troupeaux énormes sont dirigés sur le littoral. Là, on les embarque sur des vapeurs qui les conduisent à Marseille, où ils arrivent exténués mais vivants, grâce à la rapidité de la traversée. Ainsi l'Algérie contribue, pour une part, à l'alimentation, en viande, de la France.
A ces bestiaux il faut ajouter le porc qui s'élève facilement et à peu de frais ; il a, en outre, pour nos colons, cet avantage, qu'il ne tente pas la cupidité des voleurs musulmans.
Enfin, des tentatives sont faites pour vulgariser l'élevage de l'autruche, qui se reproduit, depuis de longues années, au Jardin d'essai d'Alger, à l'état domestique. On ne voit pas, en effet, pourquoi cette
(1) Etat de l'Algérie, p. i7.
industrie ne réussirait pas aussi bien en Algérie qu'au Cap, où elle constitue une véritable richesse publique.
La laine complète le groupe des principales productions du pays. Il s'en exporte, chaque année, environ huit millions de kilogrammes, sans compter tout ce qui s'emploie dans le pays.