‹ L'Algérie (volume 2)Chapitre 51 sur 90 · ARBRES FRUITIERS · texte numérisé non relu

ARBRES FRUITIERS

Les côtes delà Méditerranée font un commerce de fruits fort étendu. Les uns, du genre du citron, ont naturellement la propriété de se conserver ; les autres la tiennent de la dessiccation. Malgré les limites que la richesse croissante de nos vergers met à l'importation des productions étrangères analogues , la France a reçu en 1838 pour 2, 1 29,344 fr. de fruits secs, et pour 4,619,003 fr. d'oranges et de citrons. En Angleterre, où Tonne recueille, at-on dit , de fruits mûrs que les pommes cuites, ces mêmes^consommations sont infiniment plus considérables. En 1837, la dernière année dont les états soient publiés, les douanes britanniques accusaient une importation de 1 10,660 quintaux métriques de raisins deCorinthe, de 86,1 17 quintaux d'autres raisins secs, de 1 1 ,784 quintaux de figues, et de 349,880 caisses d'oranges et de citrons. La Russie achète aussi beaucoup, de fruits secs , à cause des jeûnes et des carêmes rigoureux qu'observent ses habitants.

Tout considérable qu'est ce commerce international , il ne roule que sur une faible partie de la production des contrées qui en fournissent la matière. Les figues , en particulier, sont une partie importante de l'alimentation du peuple de l'Archipel y et elles comptaient dans les approvisionnements de l'armée de César en Afrique1.

Une ressource si précieuse sous ces divers rapports a jusqu'à présent été négligée dans la régence. Bone ne mérite plus son nom de Tille des jujubes (Belad-el-Aneb), et à peine sa banlieue a-t-elle conservé quelques pieds de celte belle espèce d'oliviers dont les fruits à confire sont une des richesses des environs deSéville.

Les environs de Bone et d'Alger possèdent peu de plantations considérables d'orangers et de citronniers; mais les délicieuses oranges de Blida valent , dit-on» à peine un franc le cent sur l'arbre : l'exportation en élèverait le prix, et amènerait de la sorte une extension de culture que la consommation locale et les préparations dont les fruits et les fleurs offrent la matière favoriseront encore davantage.

La multitude de jardins dont Alger est entouré ne contient en arbres fruitiers que des sauvageons; les Algériens ne pratiquent point la greffe»

\ De bello Jfr., c. S7.

et cette circonstance explique la mauvaise qualité de leurs fruits, que des voyageurs irréfléchis ont attribuée au sol. Ils sont en cela bien dégénérés de leurs ancêtres d'Andalousie. Le Livre d'agriculture d'Ebn-el-Awam contient sur les plantations d'arbres fruitiers et sur la greffe des traités auxquels, après six cents années d'expérience, nous aurions peu de choses nouvelles à ajouter. Les sauvageons d arbres fruitiers sont extrêmement nombreux dans le Fas, et la multiplication des greffes amènerait dana la production une transformation rapide. Les espèces de raisins y sont très-bonnes, et il ne s'agit que de planter. 11 est facile de s'en procurer de nouvelles, et de tirer d'excellents plants de figuiers de Malte , de Grèce , d'Italie et d'Espagne. Plusieurs fruits sains et savoureux des colonies réussissent au jardin d'acclimatation de Toulon et peuvent, à plus forte raison, enrichir le sol de l'Algérie; la pépinière du gouvernement peut , à cet égard , rendre de très-grands services.

Sur un grand nombre de points de la régence, les deux premières conditions de succès de la culture sont d'exiger peu de fumier, parce qu'il est rare, et peu de main-d'œuvre, parce qu'elle est chère, et que, sous le soleil d'Afrique, les forces de l'homme ont plus besoin de ménagement que sous des latitudes plus tempérées. Les plantations

d'arbres fruitiers « d'oliviers, de mûriers, remplissent ces conditions et se recommandent par là aux agriculteurs pratiques.

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