‹ L'AlgérieChapitre 78 sur 104 · GALLINACÉS · texte numérisé non relu

GALLINACÉS

Gallinacés. — Une belle espèce est particulière à l'Algérie, le Caccabis petrosa ou Perdrix rouge d'Algérie, El Hadjel des Arabes, Perdrix Gambra des Européens. Elle est plus grosse que la Perdrix rouge d'Europe et atteint parfois 32 centimètres de longueur. C'est la seule perdrix qu'il y ait en Algérie. Elle y était, il y a seulement quelques années d'une extrême abondance. Autrefois les Arabes ne chassaient le lièvre et la perdrix qu à coups de bâtons. Et bien qu'ils fussent à cet exercice d'une habileté remarquable, ils n'en détruisaient pas beaucoup; aujourd'hui que les communications rapides leur permettent de tirer un bon prix du gibier, ils emploient des moyens moins primitifs. Braconnant en tout temps, ils détruisent rapidement le gibier. Telle était jadis l'abondance de la perdrix en Algérie, que l'Empereur en ayant fait demander des œufs pour repeupler les fermes impériales, des agents trop zélés en lirent ramasser d'énormes quantités. Un seul d'entre eux en envoya six mille. Ces essais d'ailleurs ne réussirent point.

La perdrix d'Algérie constitue un gibier assez agréable. Sa chair est toutefois un peu sèche et inférieure à celle des perdrix de France. Les baies delentisque lui donnent parfois un goût désagréable. Elle s'apprivoise bien, devient familière et caressante , vivant en parfaite intelligence avec les autres habitants des basses-cours ; rien ne serait plus facile que d'en faire un animal domestique. Quelques essais dans ce sens ont déjà été tentés, la seule difficulté parait résider dans l'alimentation des petits poussins.

A mesure que l'on s'éloigne du littoral, la perdrix

diminue de taille. Dans le Sahara, elle est bien plus petite et sa couleur tend vers la teinte Isabelle, caractéristique des animaux de cette région.

La Caille est aussi abondante ; elle arrive en mars pour repartir en septembre.

Le groupe des Gangas compte quatre espèces, deux Pterocles et deux Pte?'oclurus ou Gâtas.

De ces quatre espèces, deux ne se trouvent que dans l'extrême Sud, ce sont le Pterocles coronatus ou Ganga couronné, et le Pteroclurus senegalus ou Gâta du Sénégal, la Gelinotte du Sénégal de Buffon. Les deux autres espèces, quoique désertiques aussi, s'avancent dans toute la région des steppes et dans les plaines du Ghelif et de l'Habra. Ge sont le Ganga unibande, Pterocles arenarius, Perdrix du désert des Européens, El Koudry des Arabes, qui vient jusque sur le littoral; et le Gâta vulgaire, Pteroclurus alchata, El Geitha des Arabes, Perdrix anglaise des Algériens. Ges deux espèces sont communes dans le désert et les steppes. On les trouve parfois, surtout le Gâta, en bandes innombrables. Près de Méchéria, nous avons vu sur d'immenses étendues le sol couvert de leurs déjections. Si l'on considère que ces oiseaux sont friands d'insectes, qu'ils vivent dans des contrées couvertes d'acridiens, on ne saurait trop regretter de les voir détruire en masse, comme on le fait. Lors de notre dernier passage à Méchéria, un industriel était en train de remplir une commande de 25 000 paires d'ailes de Ganga pour une maison de modes, à raison de 25 centimes la paire. Les Gangas sont pourtant méfiants et volent bien, mais dans ces régions désertiques, quand les redirs sont à sec, ils sont bien obhgcs de venir boire aux rares

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points d'eau qui existent et où on les attend pour les massacrer. On en tue ainsi des quantités invraisemblables aux barrages de Laghouat, d'Orléansville, etc., souvent pour l'unique plaisir de tuer, car la chair noire du Ganga est peu appréciée; celle des jeunes n'est pourtant pas mauvaise. Ces animaux s'apprivoisent bien.

La Caille bédouine, Tarnix sylvatica, Semmama des Arabes, est fort répandue, surtout dans les plaines voisines du littoral. La femelle est plus grande que le mâle et a de plus belles couleurs, chose tout à fait exceptionnelle chez les oiseaux. Elle est sédentaire. Poursuivie par les chiens, elle se blottit dans les broussailles et refuse obstinément de se lever.

Autruche. — L'Autruche ne se trouve plus aujourd'hui que dans les parties les plus arides et les plus reculées du Sahara, où elle dut être fréquente à une époque relativement récente, étant donnés les nombreux débris d'œufs que l'on y rencontre. On a beaucoup essayé, depuis quelques années, l'élevage des autruches dans le Tell: au Mazafran, à Kouba, au Jardin d'essais, etc. Ces essais n'ont guère donné de résultats pratiques.

Echassiers. — Dans cet ordre, nous trouvons d'abord le groupe remarquable des Outardes, abondamment représenté. L'Outarde barbue, Otis tarda devenue rare ; la Canepetière ou Poule de Cartilage, Telrax campestris, assez commune ; la belle Outarde Houbara, spéciale à l'Algérie et surtout saharienne, et enûnV Otis Arabs, également spéciale à i'Afiique, mais dont l'aire s'étend de l'Arabie au Sénégal.

L'OEdicnènie criard et la SquateroUe helvétique se rencontrent fréquemment; le Pluvier doré, qui nous arrive, en automne, dès que les premières pluies ont détrempé le sol, se trouve, avec le Vanneau huppé, en troupes nombreuses sur tout le Uttoral. Ces oiseaux recherchent les grandes plaines bien découvertes, où ils peuvent voir venir de loin le chasseur.

Deux Cursoriens , le Court-vite Isabelle et le Pluvian d'Egypte, constituent une des principales curiosités de notre faune ornithologique ; tous les deux sont exclusivement africains.

Un Glaréolide, la Glaréole à collier, présente un intérêt particuher comme destructeur d'Acridiens. Il devrait être défendu de le chasser.

Nous citerons encore le Tourne-pierre, l'Huitrier, l'Échasse, l'Avocette, etc.

La Bécasse est répandue dans tout le Tell, mais peu abondante, ainsi que la Bécassine double. Par contre, la Bécassine ordinaire est commune dans tous les marais. Elle passe continuellement de novembre à mars. On rencontre aussi la petite Bécassine ou Bécassine sourde, le Combattant, le Bécasseau maubèche, les Barges, les CourUs et un grand nombre d'autres échassiers coureurs.

Le Balle d'eau est sédentaire en Algérie et fort recherché des chasseurs. Les autres Alectoridés sonl la Porzane marouette, les Zapornia pygmœa et minuta ou Balles crève-chiens, le Balle de genêt, les Porphyrionsbleu et vert, la Poule d'eau, le Foulque de Madagascar et le Foulque macroule ou Macreuse des chasseurs algériens. Cette dernière espèce est commune sur tous les lacs et sur toutes les rivières

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