‹ L'Algérie (volume 2)Chapitre 29 sur 93 · Voy. Férttud, Histoire de la Calle · texte numérisé non relu

Voy. Férttud, Histoire de la Calle

France et le dey. Au xviii*' siècle, grâce à la paix mainteixue avec les Algériens, les concessions ne furent ni pillées ni détruites; ce fut le temps de leur plus grande prospérité; vers 1775, le chiffre des affaires s'étevait à 4 millions 1/2 ; il y eut des années où les comptoirs d'Afrique expédièrent en France 200 000 hectolitres de blé. Après une longue intemiption pendant les guerres de la République et de TEmpire, la Galle avait été restituée à la France en 4817, et les anciennes stations étaient de nouveau occupées , lorsque survinrent avec le dey Hussein les difficultés qui devaient amener l'expédition de 1850.

La question des établissements tient une grande place dans les négociations qui eurent lieu entre la France et le gouvernement d'Alger; foai^ elle n'était pas la seule ni ia plus importante ; on voulait surtout faire respecter par les corsaires la marine marchande et le littoral. En 1628, Sanson NapoUon obtint pour la première fois un traité régulier \ A diiM*ge de réciprocité, les Algériens s'engagèrent à ne pas attaquer les côtes et les navires de la France. Mais la paix ne fut pas longtemps maintenue; de part et d'autre, on se livra à des agressions et à des représailles. Les ministres de Louis XIV estimèrent « qu'il étsdi indigne de la grandeur dki roi de traiter avec de la canaille et des corsaii^es ». On songea à former un établissement militaire sur la côte d'Afrique, mais rineapacité du duc de Beaufort fit manquer l'expédition de Dj\|elli, qui coûta 1500 hommes et 100 canons. En 1682, DuquesdObe vint expérimenter contre Alger l'invention nouvelle des galioAes à bombes. L'exéeution, interrompue par le mauvais temps, fut reprise l'année suivante. L'effet fut terribte. La p^ulation épouvantée força le dey à demander la paix. Mais, pendant les pourparlers, lereïs Mezzo-Morto soulève la milice et massacre le dey. Il fait savoir à Uuquesne que, si le bombardement recommence, les Français présents à

1. Voir les remarquables articles de M. de Gaammont dans la Revue africaine»

Alger seront mis à la bouche des canons. Le Père Le- Vacher, consul de France, et vingt-deux autres personnes périrent de cet effroyable supplice ; la sauvage énergie du nouveau dey ne se démentit pas un instant. Duquesne épuisa ses projectiles sans rien obtenir. Les ruines qu'il avait faites n'étaient pas encore réparées, lorsqu'en 1688, à la suite de nouvelles hostilités, l'amiral d'Ëstrées parut devant Alger. Du 1" au 13 juillet, on fit pleuvoir sur la ville 10 000 bombes ; de 10 000 maisons, 800 restèrent debout. Comme en 1683, les Algériens, exaspérés, ripostèrent en mettant à mort 43 Français, parmi lesquels le consul. Écraser une ville sous les bombes en frappant au hasard les forts et les faibles, les combattants et les non combattants, était alors un procédé inusité dont les Algériens s'indignaient avec quelque raison et qui légitimait presque leurs odieuses représailles. Il faut toutefois reconnattre que Duquesne et d'Ëstrées laissèrent aux gens de l'Odjak une salutaire impression de terreur. « Les Français, disaient les janissaires, peuvent faire cuire la soupe dans leur pays et venir la manger à Alger. » La haute idée qu'ils se faisaient de la France et de ses forces contribua beaucoup au maintien des relations pacifiques pendant la durée du xvni« siècle. Lors de la Révolution, ce fut la régence qui approvisionna de grains nos départements du Midi. Il fallut l'ordre formel de la Porte pour décider le dey à un simulacre de rupture. Mais la politique algérienne était changeante; grâce à l'affaibhssement de notre marine, l'influence anglaise prit bientôt le dessus. En 1802, Bonaparte parla de jeter une armée sur la côte d'Afrique; en 1808, il envoya en mission de reconnaissance le commandant Boutin; une expédition contre Alger aurait été moins périlleuse et plus féconde en résultats utiles que la déplorable guerre d'Espagne; mais Napoléon avait d'autres desseins; les plans et les mémoires dressés par Boutin restèrent dans les cartons du dépôt de la guerre jusqu'en 1830.

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