‹ L'AlgérieChapitre 22 sur 102 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Justinien meurt en 565; moins d'un siècle après, dès 6/i/i, l'islamisme maître de l'Egypte poussait ses avantgardesversle Moghreb. Les Arabes ne se risquèrent d'abord qu'avec précaution dans ce « lointain perfide » ; des razzias heureuses les mirent en goût, et ils revinrent bientôt en plus grand nombre. Le patrice Grégoire était alors gouverneur de l'Afrique ; il s'entendait assez bien avec les indigènes, dont l'appui lui avait permis de se rendre indépendant. Aidé de leurs contingents, il essaya d'arrêter les pillards ; il fut tué dans une sanglante bataille. Les villes, effrayées du sort de Tripoli et de Sufetula mises à sac, se cotisèrent pour acheter la retraite des vainqueurs. C'était le moyen de les attirer, une contrée aussi riche devant leur paraître une proie désirable. Les Khalifes ommiades songèrent sérieusement à en faire la conquête et y jetèrent 10 000 cavaliers. Sidi Okba fonda la place d'armes de Kairouan et s'enfonça dans le Sahara pour soumettre Ghadamès et les oasis du Fezzan. Dans une seconde expédition, il gagne les Ziban, les parcourt, puis, se lançant à l'aventure, traverse l'épée à la main tout le Moghreb. Les Grecs, enfermés dans leurs places de Lambèse,deTiaretet de Tanger, laissèrent passer cet ouragan. Arrivé sur les bords de la « mer environnante » , Okba pousse son cheval dans les flots, et, pris d'un sauvage en-

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