Voy, Rinn, Histoire de U insurrection de 1871 en Algérie
entre Constantine et Collo était attaqué. Pour faire de ces troubles partiels un soulèvement général, il ne fallait plus qu'un chef. Mokrani se présenta.
Depuis 1852, il était bach-agha de la Medjana; l'influence traditionnelle de sa famille s'étendait bien au delà des limites de son commandement. Il avait rendu des services et en avait été récompensé par des distinctions de toute nature. Mais ses affaires privées se trouvaient en fâcheux état. Pendant la famine, afin de venir en aide à ses compatriotes, il avait engagé sa signature pour des sommes considérables. Il voyait avec inquiétude et colère l'avènement du régime civil, qui allait le soumettre à l'autorité de ceux qu'il appelait dédaigneusement des mercantis. L'insurrection lui apparut comme un moyen de relever de toute manière sa situation compromise. Si elle réussissait, elle faisait de lui une sorte de souverain; en cas d'échec, il savait comment la France avait traité Abdel-Kader. Il s'aboucha avec le cheikh des Khouans de Sidi-Abderrahman, le vieux El-Haddad, que ses fils entraînèrent; l'influence politique et l'influence religieuse travaillèrent ensemble la Kabyhe. Quant tout fut prêt, Mokrani envoya à l'autorité française sa démission de bach-agha et une déclaration de guerre; il donnait comme prétexe à sa défection l'avènement du régime civil. Le 16 mars, avec 8000 hommes, il parut devant Bordj-bou-Arreridj. Il saccagea sans peine le village; mais lebordj où s'étaient réfugiés les habitants tint bon. Déjà toute la Kabylie était debout. Fort-National, Dellys, Tizi-Ouzou, Dra-el-Mizan, Beni-Mansour, Bougie, Djijelli, Mila, les villes, les villages, les forts furent investis. Les insurgés se ruaient sur les places à coups de fusil; repoussés, ils organisaient des sièges réguliers, menaient des approches, pratiquaient des mines, montraient un ensemble et un acharnement qu'on ne leur avait encore jamais vus. Les exploitations isolées, les fermes étaient brûlées. Palestro, emporté après une vive résistance, était détruit et les habitants massacrés avec de&
raffinements de cruauté. L'insurrection essaya de déborder hors des montagnes où elle était chez elle : Sétif, Batna, Aumale furent menacés; une pointe audacieuse fut tentée vers Alger. La colonne Fourchault, formée à la hâte de quelques soldats de ligne, de mobilisés et de francs-tireurs, devança à peine les Kabyles au village de l'Aima. S'ils avaient passé, toute la florissante Mitidja eût été mise à feu et à sang. Le combat du 22 avril leur barra la route. Le colonel Fourchault, avec une poignée d'hommes, poussa audacieusement jusqu'à Palestro, où il ne trouva plus que des ruines et des cadavres.
Avec ce qu'on avait de troupes en Algérie, avec des mobiles, des mobilisés, des miliciens, des francs-tireurs, on organisa deux colonnes actives, Time dans la province de Constantine sous le général Saussier, l'autre dans la province d'Alger sous le colonel Gérez. Ce dernier, en manœuvrant pour couvrir Aumale, rencontra à l'oued Soufflât les contingents de Mokrani; le bach-agha gravissait une colline pour reconnaître à quelles forces il avait affaire lorsqu'une balle lui traversa le cou. Sa mort décapita l'insurrection. Gérez combina ses mouvements avec ceux du général Lallemand, qui venait de quitter Alger; tous deux ensemble débloquèrent les places et désarmèrent les tribus. Etouffée au centre, l'insurrection éclata alors dans l'ouest, tandis qu'elle redoublait d'intensité dans l'est. Les Beni-Ménacer se portent sur Yesoul Bénian, menacent le chemin de fer d'Alger à Oran et bloquent Cherchell; leur exemple pouvait entraîner le Dahra et les Flittas ; on se hâta de les réduire. Dans la province de Gonstantine, six colonnes, sous le commandement supérieur du général Saussier, opérèrent à la fois contre Bou-Mezrag, qui avait succédé à son frère Mokrani. Après une campagne de cinq mois, les insurgés furent écrasés au combat de Bou-Thaleb; le général de Lacroix poursuivait leurs derniers adhérents jusque dans l'extrême sud. La Kabylie fut durement châtiée; elle eut à payer des
indemnités de guerre, elle se vit enlever son autonomie municipale; une partie des terres mises sous le séquestre furent affectées à la colonisation, qui pénétra seulement alors dans ses fertiles vallées.
La révolte d'El Amri en 1876, celle de l'Aurès en 1879 ne furent que des mouvements isolés, dirigés beaucoup moins contre l'autorité française que contre les chefs indigènes dont elle tolérait les abus. L'une et l'autre d'ailleurs furent facilement réprimées. L'insurrection qui éclata en 1881 * dans le Sud oranais eut plus de gravité; elle n'était que la suite de celle de 1864, qui ne s'était jamais complètement éteinte. Pendant la grande crise de 1871 nous avions joui de ce côté d'une tranquillité relative, grâce à l'impression laissée par la campagne de l'oued Guir et aussi au concours d'un des chefs Ouled-Sidi-Cheikh, Si Sliman, qui, après avoir fait sa paix avec nous en 1868, était devenu agha de Géryville, puis des Hamyan. A la fin de 1871, son commandement lui fut enlevé, et il cessa d'être notre auxiliaire pour redevenir bientôt notre ennemi ; des négociations entamées avec ses rivaux les Ouled- Hamza n'aboutirent pas. A partir de ce moment, le pays des Ksours et la plus grande partie des Hauts-Plateaux de l'ouest, qui n'étaient point occupés par des garnisons el que visitaient seulement par intervalles des colonnes mobiles, furent comme abandonnés aux incursions des Marocains ou des dissidents et aux intrigues des agita teurs. Les malheureux Ksouriens étaient obligés de payer l'impôt et à la France et à nos ennemis; les nomade^ soumis, dès qu'ils se hasardaient au sud des chotts, subissaient des razzias auxquelles il ne leur était pas permis de répondre par des représailles. Dès 1875 un marabout du nom de Bou-Amama, établi au ksar de Moghar-Tahtani, commença à exciter les populations, en exploitant leur mécontentement quelquefois légitime et notre apparente faiblesse. Bien que ses manœuvres fussent signalées el
l. Voy. Sabalier, la Question du Sud-Ouest. — Rinn, Nos frontière» sahariennes. — Le Cùâtelier, les Frontières méridionales de V Algérie.
LES INSURRECTIONS l'iS
connues, on ne parvint pas à s'assurer de sa personne. Les mesures énergiques qu'il aurait fallu prendre et que réclamaient tous ceux qui étaient au fait de la situation, furent différées d'année en année. Chanzy d'abord, puis son successeur M. Albert Grévy, laissèrent le mal s'aggraver et l'agitation grandir. Au mois d'avril 1881, l'assassinat du lieutenant Weinbrenner fut le signal de l'insurrection, qui gagna bientôt presque tous les nomades du sud-ouest. Dans le même temps les agressions des Kroumirs et les mauvais procédés du gouvernement beylical déterminaient l'expédition de Tunisie, et l'on apprenait le massacre de la mission Flatters, détruite en février par les Touareg Hogghar. Un instant on put croire à une vaste conspiration, organisée dans toute l'Afrique du Nord, et redouter un soulèvement d'ensemble préparé contre nous par la propagande panislamique. Et de fait il y avait plus qu'un rapport de coïncidence entre ces mouvements presque simultanés de l'est, de l'ouest et du sud; les excitations religieuses, sans en être la cause unique, avaient grandement contribué à les produire.
L'insurrection du sud-ouest, tout annoncée qu'elle était, nous prit au dépourvu ; une partie des troupes de la province d'Oran avaient été expédiées en Tunisie. Favorisée par la connivence ou la mollesse de nos auxiliaires indigènes, par la faiblesse de nos colonnes, insuffisantes en nombre et médiocrement conduites, elle se développa d'abord avec succès. Le 14 mai, le colonel Innocenti, attaqué à Chellala, subit des perles sensibles et se laisse enlever son convoi. Bou-Amama court audacieusement jusqu'à Textrémité nord des Plateaux, brûle les chantiers de Kralfalla, près de Saïda, et massacre les halfatiers espagnols. Au retour, tout chargé de butin, il franchit le choit Chergui presque en vue de la colonne Malaret, qui garde le poste du Kreider. De nouvelles défections se produisent. Si- Sliman arrive du fond du Maroc pour se mettre de la partie. Mais déjà des renforts ont été expédiés, des décisions éner-
176 LA CONOUÊTE FRANÇAISE
giques ont été prises. Le général Saussier, appelé au commandement du XIX'' corps, et le général Delebecque, mis a la tête de la division d'Oran, mènent les opérations avec vigueur. Le chemin de fer d'Arzeu à Saïda est prolongé à travers les Plateaux, d'abord jusqu'au Kreider, puis jusqu'à Mécheria, sur une longueur de 215 kilomètres; les Ksours Ront parcourus ou occupés par nos troupes. A la fin de 1881, Tennemi est rejeté au Maroc. Six colonnes chargées de le tenir en respect manœuvrent autour des points d'El- Aricha, de Ras-el-Mâ, d'Aïn-Ben-Khelil, de Géryvillè, d'Aïn-Sefra et de Mécheria. Elles ne se bornent pas à la défensive et rendent coup pour coup, razzia pour razzia. L'échec de la mission topographique, surprise près du chott Tigri, est le seul incident malheureux de la campagne. Nos troupes bien entraînées sont aussi mobiles que les nomades; elles ont maintenant les chefs alertes qui conviennent à cette guerre, comme Négrier, qui obtient tout de ses hommes et dont l'entrain, la vigueur et l'heureuse audace rappellent les temps glorieux de l'ancienne armée d'Afrique. Vers la fin de 1882, l'annexion du Mzab fait disparaître, avec un foyer d'agitation permanent, l'entrepôt où les rebelles pouvaient s'approvisionner d'armes et de munitions. Le général Thomassin reprend les négociations avec la famille de Si-Hamza et parvient à ramener sur notre territoire les Ouled-Sidi-Cheikh et la majeure partie des dissidents. En 1883, la pacification peut être considérée comme achevée.
Cependant nous n'avons pas encore retrouvé dans l'extrême Sud le prestige et la sécurité relative dont nous jouissions vers 1860, alors que Duveyrier visitait pacifiquement Ghadamès, Ghat, Mourzouk, les parcours des Touareg de l'Est, que le commandant Mircher et le capitaine de Polignac allaient signer avec les Azdjer la convention de 1862. A dater de l'insurrection de 186/i, les routes du désert se sont fermées devant nous. Parmi nos explorateurs, ceux-là ont pu s'estimer les plus heureux
qui, comme Soleillet en 187/î et plus récemment Foiireau, se sont vus simplement contraints de rebrousser chemin. Combien plus nombreux ceux qui ont succombé, et M"^ Tinné « que l'on croyait Française », et Dourneaux- Duperré et Joubert, et les trois missionnaires, et Flatters avec ses compagnons, et Palat et Douls et Mores. Que des imprudences de conduite et plus encore les instincts pillards des nomades aient été pour quelque chose dans ces catastrophes, elles n'en révèlent pas moins de la part de leurs auteurs, avec un audacieux mépris de la puissance (française, un propos délibéré, un dessein concerté de nous interdire le passage. C'est pour nous écarter que l'on assassine les voyageurs isolés, considérés comme des éclaireurs d'avant-garde; c'est aussi pour nous échapper que Ghadamès et Ghat ont appelé depuis longtemps des garnisons turques.
Nous savions où il fallait frapper. Le foyer des intrigues et des agitations anti-françaises était le groupe des oasis du Touât, surtout Insalah, le centre principal; là s'était tramé le guet-apens où devait périr Flatters; là était l'asile de nos dissidents, des mécontents et des rebelles d'Algérie. Amis et ennemis s'étonnaient également de nos longues tergiversations : « Chaque année, écrivait en 1886 un de nos agents indigènes au Touât, on annonce que vous devez arriver, puis que vous avez renoncé à l'expédition parce que vous avez eu peur. »
Les objections d'ordre diplomatique, s'il avait pu s'en produire, étaient écartées par la convention du 5 août 1890 avec l'Angleterre, aux termes de laquelle cette puissance reconnaît la zone d'influence de la France au sud de ses possessions méditerranéennes, jusqu'à une ligne de Say, sur le Niger, à Barroua, sur le lac Tchad. Le sens de cette convention fut souligné par une déclaration de M. Ribot, qui affirma que la question du Touât était une affaire de police algérienne, ne regardant que nous seuls.
On se borna cependant à augmenter les forces mili- Wahl. 12
178 LA. COiNQUÊTE FRANÇAISE
taires dans le sud *. Un poste permanent fut créé àEl-Goléa en 1891, puis, en 1893 et 1894, on construisit quelques caravansérails fortifiés ou bordjs à 110, l/iO, 160 kilomètres au delà des points extrêmes de nos possessions. Mais, avec les nomades, quand on occupe un point, on n'occupe que ce point. Bugeaud l'avait déjà dit, et ce principe stratégique, déjà, vérifié aux confins du Tell, devient un axiome en pays saharien. C'est en maîtrisant Insalah^ carrefour de routes et lieu de ravitaillement des Touareg, que nous pouvions espérer les avoir à notre merci. Plus utile était le prolongement du chemin de fer d'Aïn-Sefra d'abord jusqu'à Djenien-bou-Rezg, puis en 1900 jusqu'à Duveyrier (Zoubia), à la rencontre de l'oued Dermel et de l'oued Douis, et en 1902 jusqu'à Beni-Ounif, à quelques kilomètres de Figuig.
Enfin, pendant que la mission Foureau-Lamy, reprenant la mission Flatters dans des conditions meilleures et qui assurèrent le succès, réussissait à traverser le Sahara par le pays des Azdjer et aboutissait au lac Tchad, les oasis du sud-ouest étaient occupées à la suite de l'attaque de la mission Flamand, dont Tescorte, commandée par le capitaine Pein, s'emparait d'Insalah (décembre 1899). Une colonne, sous les ordres du colonel d'Eu, acheva la prise de possession du Tidikelt, non sans avoir eu à soutenir, le 19 mars 1900, un combat acharné dans les oasis d'Inrar, situées à environ 50 kilomètres à l'ouest dTnsalah. La kasba du ksar Lekhal, oii un grand nombre de combattants s'étaient réfugiés, fut bombardée et s'écroula en partie sur ses défenseurs. D'autre part, la colonne Bertrand, forte de 2000 hommes, partie de Duveyrier, occupait Igli sans coup férir le 5 avril. Ce ksar, très misérable, n'a aucune importance en lui-même, mais en nous y établissant nous avons coupé le dernier pédoncule
1. Voy. Augustin Bernard et N. Lacroix, Historique de la p&nétration saharienne (Brochure de l'Exposition de 1900).
qui aurait pu rattacher au Maroc les oasis du sud-ouest. Des forces parties d'El-Goléa et de Géryville, les premières par l'oued Meguiden, les secondes par l'Erg, convergeaient en même temps sur Tabelkoza et ïimmimoun et occupaient le Gourara.
Au Touât, comme dans tout le Sahara, on vient facilement à bout des sédentaires, habitants des oasis; les nomades, plus guerriers et échappant plus facilement au châtiment, sont autrement redoutables. On ne pouvait guère espérer occuper le fossé, c'est-à-dire l'oued Saoura, sans être obligé de s'assurer en môme temps du talus qui le borde, c'est-à-dire de la région des Ouled-Djerir et des Douï-Menia. C'est même ce motif, joint à la crainte d'ouvrir la question du Maroc par le plus mauvais côté, qui avait fait hésiter tant de fois à occuper les oasis. Et en effet, à diverses reprises, nos postes ou nos convois de ravitaillement ont été attaqués par les nomades du Zegdou ou par la puissante tribu des Berabers, dont le territoire s'étend derrière le leur. Les sanglants combats de Sahela-Metarfa (30 août et 5 septembre 1900), de Timmimoun et de Charouin (18 et 28 février 1901) nous montrèrent que notre sécurité de ce côté ne serait pas de sitôt complète. Le sultan du Maroc, qui semble avoir dans une certaine mesure encouragé ces attaques, a été amené, sur nos représentations énergiques, à les interdire; mais les tribus dont il s'agit se passent bien de ses encouragements et se moquent également de ses défenses quand il s'agit de faire un mauvais coup. Le sultan a reconnu aussi notre droit à occuper les oasis; le protocole du 20 juillet 1901, en vertu duquel un commissaire français doit résider à Figuig et y assurer la police de concert avec un représentant du sultan, n'ayant pas suffi à 1 médier aux inconvénients de la situation qui résulte du traité de 1845, et les attaques se multipliant à l'ouest de la ligne Aïn-Sefra-Igli avec une insolence telle qu'elles tentaient d'atteindre le gouverneur de l'Algérie lui-même,
M. Jonnart, on se décida, le 8 juin 1903, à bombarder le ksar de Zenaga, le plus important et le plus hostile des ksours de Figuig. Ce bombardement eut provisoirement raison de l'arrogance des habitants, qui firent leur soumission, mais ne réussit pas à mettre fin aux coups de main des nomades.
Si l'expédition du Touât a occasionné des dépenses d'hommes et d'argent hors de proportion avec le but à atteindre, cela tient en partie à l'absence de plan d'ensemble, à l'incohérence dont on a fait preuve, aux rivalités et aux divergences de vues entre les diverses autorités qui ont eu à intervenir. La nouvelle organisation des territoires du sud, qui aurait dû précéder et non suivre l'expédition, a pour but de remédier à ces défectuosités. Elle permettra aussi de donner au Sahara une organisation aussi simple et aussi peu coûteuse que possible, sans chercher à y introduire les rouages compliqués de nos vieux pays d'Europe. Surtout le prolongement dans la direction d'Igli par la vallée de l'oued Guir du chemin de fer, instrument de domination, de pacification et aussi de commerce, réduira dans une certaine mesure les frais d'occupation de ces régions si déshéritées. Enfin il nous est désormais facile de pénétrer dans TAhaggar, gardé par une poignée de bandits, et de reconnaître la route encore inconnue d'Insalah à Tombouctou; celte œuvre est d'ailleurs déjà en bonne voie.
Sans faire preuve d'un optimisme exagéré, sans méconnaître non plus les fautes qui ont été commises dans cette expédition du Touât, mal engagée, mal préparée, mal dirigée, on peut estimer que les résultats en seront bons au point de vue de notre influence dans le Sahara. Mais les questions sahariennes, insignifiantes en elles-mêmes et grossies comme à plaisir, ne doivent jamais détourner notre attention des régions autrement riches et autrement importantes qui confinent à l'Algérie du côté de Fouest.