‹ L'Algérie romaineChapitre 56 sur 174 · Hérodote, XI, 32. V. de Saint-Martin, p · texte numérisé non relu

Hérodote, XI, 32. V. de Saint-Martin, p

2. tt L'Afrique porte probablement le nom d*un de ses moindres peuples, des Aonraghen ou Avraghen, tribu de cette nation des Touareg qui appartient au tronc des Berbères.

Les Aouraghen vivent maintenant avec leurs autres frères dans le désert du Sahara, où ils ne sèment ni ne moissonnent, préférant piller les caravanes au passage ; mais autrefois ils habitaient le rivage des Syrtes, dans le pays de sables, de roches et de lacs salés qui est aujourd'hui la Tunisie méridionale. Leur nom passa au littoral qu'ils occupaient, de ce littoral bien court à toute la côte qui va des Syrtes aux colonnes d'Hercule, enfin à l'Afrique entière, à mesure que, de proche en proche, on découvrait tout le contour de cette grande patrie des Faces Brûlées. » 0. I^eclus.

une noie de ses Apôtres, que dans l'ancien hébreu, comme du reste dans toutes les langues anciennes, les mois dési- , gnant étranger, langue étrangère, venaient de mots qui signifiaient bégayer, balbutier, un idiome inconnu se présentant toujours aux peuples naïfs comme un bégaiement indistinct. » Le nom de Berbers appliqué par les Arabes aux indigènes de TAfrique ne serait donc, comme le Barbare des Grecs, qu'une manière d'assez méprisant sobriquet.

Il y a d'autres explications : quelques-uns disent que les Berbers se rappellent avoir eu pour père commun Berber, fils de Mazigh, petit-fils de Gham, fils de Noé *. M. Duveyrier trouve l'origine du nom de Berber chez les Bérâber du Maroc; mais ce n'est là, dit-il, qu'une fraction de la race, et il n'admet pas qu'on en tire le nom ethnique qui convient à la race entière, A ce compte, on ne peut guère non plus le demander à ces Berabra de la vallée du Nil qui sont, eux aussi, des Berbers'^. Il n'y a là rien moins, on le voit bien, que lumière et que certitude.

Reste ce nom de Kabyles, dont on se sert tous les jours en Algérie, le plus employé certainement dans la langue quotidienne et les usages locaux, et qui d'ailleurs, dans la science, a fait place au nom de Berbers. Eh bien ! ce mot de Kabyles est-il seulement un mot berbère? Est-ce le nom générique? est-ce même l'une des appellations dont se désignent les indigènes? — Non encore, me répondait-on. Kabyle, comme Berber, ne semble, ôtk*e qu'un mot arabe et ne remonte qu'à la conquête : c'est le pluriel d'un mot qui signifie tribu, confédération. Les Kabyles, ce sont les confédérés, les gens des tribus. Quand les Arabes furent en présence de cette population autochtone, qui ne se ralliait point sous un même drapeau et sous le commun nom d'une race et d'un peuple, et qui paraissait au contraire se diviser en ligues distinctes, se fractionner en clans sans nombre, ils les appelè-

Page 1