‹ L'aliéné devant la philosophie, la morale et la sociétéChapitre 25 sur 25 · CHAPITRE VII. — De l'état des facultés mentales chez l'aliéné · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. — De l'état des facultés mentales chez l'aliéné

— Le complet désarroi de toutes les facultés de l'esprit n'étant pas nécessaire pour constituer la folie, y en a-t-il quelqu'une dont le trouble caractérise spécialement l'état mental de l'aliéné ? — Y a-t-il un ordre selon lequel les facultés de l'esprit succombent l'une après l'autre à la folie ? — Ni le corps ni l'esprit de l'homme ne sont soumis à d'autres lois dans la maladie que dans la santé , dans l'état de folie que dans l'état de raison. — Dans la maladie et la folie, comme toujours, l'état des organes modifie directement la sensibilité, mais elle seule ; il n'agit qu'indirectement sur les autres puissances de l'âme.

— Le dérèglement de la sensibilité est le germe spirituel de la folie, mais ne suffit pas à la constituer. — La folie n'existe que quand le trouble des idées et des jugements suit le désordre des sens et des passions. — Gomment se produisent l'erreur, l'hallucination, le délire.

— De l'état spécial de quelques facultés intellectuelles dans la folie. — Le dérèglement de la volonté résulte aussi naturellement du désordre de la sensibilité et constitue aussi bien la folie que celui de l'intelligence ; mais c'est une erreur que de faire du trouble de la volonté, soit le caractère exclusif de la fohe que caractérise aussi bien et plus fréquemment le trouble de l'intelligence, soit le principe des autres désordres de l'esprit, tandis qu'il n'en est le plus souvent que le dernier effet 218

; TABLE DES MATIÈRES. 551

CHAPITRE VIII. — Du libre arbitre chez l'aliéné. — La libcrl^^. de vouloir esl-ello toujours et complètement suspendue ou subsistet-elle parfois seulement amoindrie dans la folie? — Réfutation de la théorie de l'automatisme. — Rejet de la doctrine stoïcienne et cartésienne, selon laquelle la liberté ne pourrait être qu'infinie ou nulle. Faits qui prouvent que le libre arbitre n'est pas nécessairement aboli , mais seulement diminué dans la folie : conscience que conserve souvent l'aliéné de sa liberté ; sa résistance parfois longue et énergique aux impulsions du délire ; persistance de l'attention chez certains aliénés monomaniaques et raisonneurs; ruse, dissimulation, méchanceté de beaucoup ; ordre et discipline des asiles.

Nécessité d'écarter les préoccupations de la morale et de la justice sociale pour résoudre la question. — Distinction entre la liberté et la moralité des actes. — Différentes sortes d'actions volontaires ; conditions requises pour en estimer justement la valeur morale. — Irresponsabilité de l'aliéné devant la justice et la raison humaines, sa moralité devant Dieu 273

CHAPITRE IX. Des causes de la folie. — Ce qu'il faut entendre par les causes de la folie. — Deux espèces de causes capables de produire la folie, les causes physiques, les causes morales; leur importance respective. Des causes physiques, et particulièrement de i'innéité et de l'hérédité; de leur valeur, de l'abus singulier qu'on en fait. — Des causes morales. — La production de la folie par les causes morales n'est qu'un cas particulier de l'influence du moral sur le physique. — Du mode d'action et de l'étendue de cette influence ; des facultés et des élats de l'àme qui l'exercent le plus fortement et le plus souvent ; comment et à quel titre c'est la passion plutôt que la pensée ou la volonté. — Difficulté pratique de rapporter chaque cas individuel de folie à une cause physique ou à une cause morale. 332

CHAPITRE X. — Des principaux types de la folie. — Classifications historiques des principaux genres de folie; leurs différences, leurs analogies. — Une classification rigoureuse doit être établie à la fois sur une différence dans la nature ou le siège du mal organique et dans les symptômes moraux de chaque espèce dislinguée. — L'ignorance absolue du premier élément rend défectueuse toute classification des types généraux de la folie. — La désignation des variétés du désordre moral supplée imparfaitement à ce défaut ; à quelle condition, — Vanité des classifications qui ne reposent que sur l'objet du délire ou sur les facultés délirantes. — Classifications de Darwin, de Sauvage, de Linné. — Jusqu'à quel point l'on peut supposer qu'il existe une corrélation entre les variétés de l'altération invisible des organes et les symptômes moraux. — Quatre types disliiicls de la folie; comparaison de l'idiot et du maniaque, de l'idiot et du dément, du maniaque et du monomaniaque; réalité de la monomanie. — Valeur théorique de cette classification. — Son insuffisance dans la pratique.. , 387

TABLÉ DES MATIÈRES

CHAPITRE XI. — Du traitement de la folie. — Le traitement de la folie comme celui de tout autre mal doit être dicté par la connaissance du siège et de la nature de ce mal. — Deux espèces de traitement possibles, le traitement physique et le traitement moral. — Nature et mode d'action du traitement physique ; sa raison d'être , son efficacité. — Nature et mode d'aclion du traitement moral. — De la méthode de Leuret ; abus du trailement moral. — Infériorité du traitement moral vis-à-vis du traitement physique dans la plupart des cas ; son utilité comme auxiliaire, son importance quand la folie est produite par une cause morale. — Des principaux agents moraux, leur valeur différente; impuissance du raisonnement, puissance des sentiments et des passions, raison de cette impuissance. — Nécessité d'employer concurremment le traitement physique et le traitement moral , et d'en varier l'usage selon les symptômes et les causes de la folie 433

CHAPITRE XIL — L'aliéné devant sa famille et devant la loi. — L'état mental de l'aliéné change ses rapports naturels avec sa famille et la société. — Devoirs de la famille envers l'aliéné. — Utilité de l'isolement pour la guérison de l'aliéné ; résistance de la famille à cette mesure, ses motifs tantôt respectables, tantôt erronés. — Situation que la loi française fait à l'aliéné. — Droits qu'elle confère à la famille et à la société sur l'aliéné : le placement dans un asile, l'interdiction. — Mesure que la morale impose à la famille dans l'exercice de ces droits. — Protection que la loi accorde à l'a* liéné contre lui-même, contre sa famille, contre la société, — Article 64 du Code pénal juste et suffisant en principe, mais d'une application difficile. — Fausse et dangereuse interprétation de cet article. — Incompétence naturelle des jurés en matière de folie. — Le médecin seul vraiment compétent ; rôle précaire et secondaire que la loi lui donne. — Réformes désirables et faciles 485

FIN DE la TABLe»

Paris, — Imprimerie de P. À. Bouudier et C'^, rue Mazarine, 30,

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