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DISPOSITIONS PRISES DANS ^AGGLOMÉRATION BRUXELLOISE

En jiiin 1916, en vue de remédier à l'insuffisance de pommes de terre, le Comité National, d'accord avec l'autorité occupante, décida qu'à partir du 21 du même mois il serait attribué :

1° A toutes les personnes fréquentant les soupes commtmales, 400 grammes de pain au lieu de 330 par jour;

2° Aux ouvriers et aux ménages d'ouvriers ne fréquentant pas les soupes communales ainsi qu'aux employés dont les salaires ou les appointements ne dépassaient pas 1,800 francs annuellement, une ration supplémentaire de pain de 340 grammes par semaine et par personne.

A cette fin, le chef de famille, muni des documents établissant sa qualité de travailleur, devait se faire inscrire au Comité local dont il dépendait.

La ration supplémentaire était mise en vente chez les boulangers le mercredi de chaque semaine.

Les inscriptions furent suspendues à la date du i®^ juin 1917, le Comité National ayant décidé de supprimer le supplément de pain à partir du 9 du même mois.

Toutefois, la décision ne devait être que passagère. En effet, la ration supplémentaire fut rétabUe en juillet, mais sur les bases exposées ci-après :

a) Ration supplémentaire ordinaire (70 gr, de pain par jour). En vue d'assimiler les petits travailleurs, au point de vue du rationnement de pain, aux bénéficiaires des cantines, il fut décidé d'accorder tme ration de pain supplémentaire d'tm poids de 490 grammes (sept fois la différence entre les rations S. C. et ordinaire) :

1° Aux artisans;

2° Aux ouvriers;

30 Aux employés de commerce et d'administration, dont le

revenu (salaires, appointements ou autres ressources) ne dépassait pas 1,800 francs par an et qui n'étaient pas nourris par leur patron.

Ce supplément de pain, débité hebdomadairement dans les magasins du Comité National sur la présentation d'une carte ad hoc, fut délivré après production d'un certificat de l'employeur attestant que l'intéressé réunissait les conditions requises et ne vivait que du produit de son travail personnel.

N'eurent pas droit à ce supplément : les rentiers, les avocats, médecins, ingénieurs, commerçants et autres personnes exerçant des professions analogues.

I<a mesure précitée fut mise en vigueur le i^^ juillet 1917 et prit rapidement un grand développement.

b) Ration supplémentaire pour i^es bénéficiaires des SOUPES COMMUNAivES. Les chômeurs et indigents fréquentant les cantines établies dans toutes les communes de l'agglomération ont continué à recevoir un supplément de pain ajouté chaque jour à la ration ordinaire délivrée en même temps que la soupe.

c) Ration supplémentaire des enfants. La ration supplémentaire leur a été délivrée chaque jour à l'école depuis le i®r août 1916, sous forme de miche à laquelle on a donné l'appellation populaire de couque.

Les conques délivrées aux enfants fréquentant les écoles non payantes ont continué en 19 17 à leur être fournies gratuitement pour être consommées sur place, dans la matinée.

Cette délivrance a été étendue, pendant le même exercice, aux élèves des écoles payantes, avec l'obligation pour ceux-ci de payer la valeur des dites conques.

d) Rations supplémentaires des restaurants, réfectoires, CANTINES ET MESS. Le nombre de rations supplémentaires à leur accorder fut déterminé, après, enquêtes, par le service d'inspection du département de l'alimentation de l'agglomération bruxelloise.

Pour l'année 1917, le nombre d'établissements de ce genre ayant demandé du pain supplémentaire pour leur clientèle, s'est élevé à 1,271. Parmi ceux-ci, 1,207 ont été ravitaillés et ont reçu im total de 8,420 rations journalières, en moyenne donc environ

7 rations par jour et par restaurant (exactement 6,975 rations). Des 8,420 rations précitées environ 785, à peu près 10 % (9.56 %), ont été consommées par les militaires allemands.

La différence (1271' — 1206= 64), soit 64 restaurants, représente le nombre de ceiix qui, à l'effet d'obtenir du pain, ont fait une demande à laquelle il n'a pu être donné suite, de même que ceux qui, pour un motif quelconque, ont cessé d'être ravitaillés. Ont encore été pourvus de pain supplémentaire : 1° Trente-sept restaurants économiques gérés par l'Œuvre des Restaurants bruxellois, qui ont reçu au total une moyenne de 600 rations journalières;

2° Huit cuisines faisant la préparation des repas destinés aux restaurants précités, auxquelles ont été servies 550 rations journalières ;

30 Trente-quatre restaurants économiques affiliés à l'CEuvre dont il est question au 1° ci-dessus, qui ont consommé en moyenne 789 rations par jour;

40 Quatorze réfectoires de l'CEuvre de la Croix nationale, qui ont reçu 720 rations ;

50 Trois cantines maternelles affiliées à l'œuvre de la Croix nationale, auxquelles il a été accordé 56 rations;

6° Quatorze réfectoires de suralimentation pour tuberculeux et prétuberculeux, qui ont été ravitaillés par 682 rations journalières ;

70 Vingt-deux mess de banques ou autres organismes financiers, industriels ou d'intérêt public, qui ont consommé 510 rations par jour.

Dans le nombre de 1,207 restaurants dont il est question cidessus, il faut également comprendre 90 restaurants, dits saisonniers, qui ont bénéficié de 402 rations journalières pendant la période estivale, alors que ce rationnement a été ramené à 137 rations pour l'hiver. En vertu d'un ordre du Comité National, la période estivale ne pouvant être envisagée que du i«^ mai au 30 septembre, les restaurants susdits ont donc consommé pour l'année 1917 une moyenne de 1

= 248 rations par jour.

Au cours de l'année, les mesures générales suivantes ont été imposées par les circonstances :

30 janvier : décision de ne plus augmenter le nombre des restaurants du centre de la ville, que dans des cas spéciaux, c'està-dire à l'occasion de la réouverture d'anciens établissements ou par suite de fermeture de restaurants voisins. Cette mesure trouve sa raison d'être dans le fait que la clientèle des restaurants en question a une tendance à diminuer par suite de l'arrêté de l'occupant prescrivant la fermeture de ces établissements à 9 heures du soir, et du fait de l'érection en territoire d'étapes des régions de Mons et d'Arlon.

14 mars : suppression du repas de 4 heures dans les restaurants saisonniers, mesure qui avait déjà été prise pour ceux du centre de la ville depuis le 6 novembre 1916 et qui provoqua une diminution de 1,748 rations (2,150 — 402) sur les années précédentes.

9 juin : suppression radicale de supplément de pain aux restaurants, par suite de la situation critique du moment. Par ordre de l'autorité occupante, la situation antérieure dut être rétablie six jours plus tard.

15 septembre : décision de supprimer le supplément de pain aux brasseries, cafés, distilleries, tea-rooms et autres lieux de plaisir, et de ne plus accepter de nouvelles inscriptions que pour les restaurants patentés comme tels.

Cette mesure ne put toutefois être immédiatement suivie d'exécution. Ce ne fut en effet qu'après une vérification complète du nombre des restaurants qu'elle put entrer en vigueur, c'està-dire le 25 décembre.

A cette occasion, furent en outre éliminées du rationnement supplémentaire les pensions de famille qui ne pouvaient prétendre être assimilées aux restaurants, vu que leurs pensionnaires étaient obligés de se procurer la carte de pain personnelle.

ê) Double ration supplémentaire : 140 grammes de pain par jour aux personnes suivantes :

1° Mères-nourrices et futures mères. — Avant le mois d'août 1917, les femmes enceintes recevaient, à partir du cinquième mois de leur grossesse, et sur production d'un certificat médical,

une demi-ration de pain supplémentaire qui leur était fournie par le boulanger qui délivrait la ration normale. Il en était de même pour les mères-nourricières, jusqu'au moment où leur enfant atteignait l'âge de neuf mois, à partir duquel il avait droit à la ration ordinaire.

A partir du mois d'août, cette réglementation a été modifiée en ce sens qu'il a été attribué aux intéressées un supplément de 140 grammes de pain par jour, mais sous forme de pain R. S. délivré dans les magasins du Comité National.

Pour l'obtenir, elles doivent s'adresser au service médical, 8, rue Sainte-Gudule, qui est chargé de remplir les formalités nécessaires. Cet organisme dresse deux cartes accouplées du même modèle que celle délivrée aux travailleurs, chaque carte donnant droit à tm supplément de 490 grammes (7 X 70 gr. de pain par semaine).

2" Tuberculeux et prétuberculeux. — La délivrance d'un supplément de pain aux malades de cette catégorie était soumise aux même règles que celui qui est fourni aux femmes enceintes. Toutefois, depuis le mois d'août et en vue d'éviter des abus, les personnes sollicitant l'obtention de la ration supplémentaire considérée, sont astreintes à un examen médical au siège du dispensaire de la Ligue nationale contre la Tuberculose dont elles dépendent, et qui est chargé de recevoir les inscriptions. Ce n'est que sur l'avis conforme de cette institution que le supplément de pain est octroyé.

Les personnes admises par les différents dispensaires sont portées sur un relevé transmis hebdomadairement par le dispensaire central au département de l'alimentation, qui établit deux cartes comme pour les mères-nourrices et femmes enceintes.

Les cartes destinées aux deux premières catégories de personnes sont surchargées en vert, à l'encre grasse, d'un M (malades) ; celles réservées aux tuberculeux et prétuberculeux portent la même surcharge, mais en rouge.

Cette mesure justifie immédiatement aux magasins de distribution la présentation de deux cartes.

Les rations supplémentaires ne peuvent en aucun cas être cumulées.

Le nouveau régime a été mis en vigueur le 15 août 1917.

Le chiffre de 70 grammes fixé par le Comité National ne permettant pas de combiner la ration ordinaire avec la ration supplémentaire, le Comité a été amené à faire débiter cette dernière, hebdomadairement et à jour fixe, dans les magasins locaux, et, partant, à faire fabriquer le pain en régie.

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