PRÉFACE XXIII
hrent, un tout petit livret ayant pour titre : catéchisme d'hygiène. Nous estimons qu'une courte étude des lois élémentaires de l'hygiène pour une jeune fille destinée à devenir une bonne bourgeoise ou simplement une femme d'ouvrier, est aussi utile que l'étude approfondie des lois de l'arithmétique, de Fhistoire, de la géographie et de certaines autres sciences dont Futilité pratique est encore à démontrer. Nos enfants, en sortant de l'école, savent faire du crochet et lire un roman, c'est un résultat sans doute ; mais y aurait-il grand mal à ce qu'elles connussent ce que, dans quelques années de là, elles seront obligées d'apprendre au détriment de leur santé, de la santé et de la vie de leurs enfants?
Ce qu'il faut surtout, c'est que les sages-femmes soient suffisamment instruites de tout ce qui concerne l'hygiène de l'enfant, qu'elles soient familiarisées avec le chapitre de l'alimentation des nourrissons et connaissent la valeur des diverses méthodes d'alimentation. A Lausanne, l'autorité sanitaire cantonale donne des conférences annuelles aux sages-femmes, qui sont tenues d'y assister : on y insiste tout particulièrement sur V emploi rationnel du biberon. Il serait à souhaiter qu'il y eût en France, comme dans certains autres pays, un Almanach des sages- femmes faisant le pendant à V Almanach de la mère et de la noui^rice et renfermant l'un et l'autre les principes de l'hygiène infantile.
Le gouvernement organise, dans les départe-
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ments, des conférences publiques pour l'élève des bestiaux et le développement de Fagriculture. Pourquoi ne ferions-nous pas pour nos enfants ce que nous faisons pour les animaux domestiques, et ne suivrions-nous pas en France les mesures mises en pratique dans d'autres pays et spécialement en Roumanie, en Suisse et en Amérique?
A Stockholm, à Gothembourg, à Nuremberg-, à Bruxelles et à Anvers, il existe des écoles de bonnes d'enfants; elles donnent de très bons résultats. Il serait si facile d'avoir chez nous de pareilles institutions, en envoyant les jeunes filles faire un apprentissage dans les crèches voisines des écoles. Tout y gagnerait : l'éducation de la jeune fille qui serait plus complète, la santé des enfants qui serait l'objet de beaucoup plus de soin et de dévouement, et l'administration qui aurait à payer un moins grand nombre de domestiques et de berceuses.
Le grand fléau pour les jeunes enfants est l'allaitement artificiel; et, aujourd'hui, celui-ci est tellement répandu que nous ne devons rien négliger pour en réglementer sagement la pratique, et tirer de lui tous les services qu'il peut nous rendre. La loi Roussel, tout en favorisant l'allaitement naturel, a réhabilité l'allaitement artificiel. Elle a montré l'excellence de ce mode d'allaitement convenablement dirigé. A l'Etat incombe le devoir de protéger les jeunes enfants contre l'ignorance de leurs nourrices et de leurs mères, contre les