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L'alimentation des volailles

Nous avons cherché dans ce bulletin à présenter le sujet de l'alimentation et des aliments d'une manière aussi simple et aussi claire que possible, évitant l'emploi de termes techniques, et ne gardant que ceux dont la connaissance est nécessaire pour étudier les aliments et en préparer des mélanges rationnels. L'explication de tous les termes qui peuvent n'être pas connus des aviculteurs ordinaires est donnée en langage simple, et le lecteur ne devrait éprouver aucune difficulté à nous suivre.

On trouvera dans ces pages des rations-types pour tous les genres de volailles, mais il ne faudrait pas croire que ce sont les seules rations qui existent ni même les meilleures. Chacune d'elles est typique des rations généralement employées pour les fins en question et qui ont donné de bons résultats dans les expériences et dans, la pratique. Pourvu que certaines conditions essentielles soient remplies, la composition d'une ration doit être réglée principalement par les aliments que l'on a à sa disposition.

Les principes nutritifs

L'alimentation des volailles est assez semblable à celle de tous les autres animaux domestiques; la ration employée doit varier suivant le but auquel elle est destinée. Normalement, une ration à volailles se compose de grains, ronds ou moulus, et de leurs sous-produits, d'aliments d'origine animale, de substances minérales, de vitamines et d'eau.

Ce n'est pas tout que de donner ces aliments, il faut encore les fournir dans les quantités et les proportions nécessaires pour former la ration propre à atteindre le but désiré.

Disons, pour être plus précis, qu'une ration bien équilibrée est celle qui contient des protéines, des hydrates de carbone, des matières grasses, des substances minérales, de la cellulose (fibre), et les vitamines nécessaires dans les proportions requises pour l'entretien de la vie, de l'activité et de la production chez l'animal qui les consomme. Il est essentiel également que tous ces éléments nutritifs soient fournis sous la forme et dans la variété voulues pour que l'animal reçoive des protéines de la bonne espèce, des substances minérales dans la bonne proportion et sous une forme promptement assimilable, ainsi que les vitamines nécessaires pour provoquer une bonne assimilation de ces éléments. Chacun de ces éléments est considéré ici séparément et en détail.

Protéine. — La protéine, nom sous lequel on désigne les substances albuminoïdes en général, est la partie azotée de la nourriture; elle est principalement employée pour favoriser la croissance, le renouvellement des tissus usés et la production. Les protéines sont des éléments constitutifs des os, des ligaments, des tissus délicats, des muscles, des plumes, des ongles, du bec et de la peau. Elles sont également des composants du protoplasme de la cellule vivante. Au moment de la digestion, les protéines sont décomposées en amino-acides dont elles sont presque entièrement composées. Outre les éléments carbone, hydrogène,

azote, elles renferment ordinairement du soufre et souvent du phosphore et du 1er. Il existe quelque vingt-deux amino-acides, certaine essentiels au maintien de la vie, d'autres non indispensables. La volaille Bouffre plus que certains autre- animaux de l'absence de ces acides dan- les aliments; onze des vingtdeux amino-acides sont absolument essentiels, c'est-à-dire que l'oiseau ne peut les synthétiser et qu'ils doivent par conséquent être fournis dans la nourriture. On trouve dans les tissus animaux la plupart des amino-acides essentiels, à un niveau assez élevé pour suppléer à la protéine végétale, d'où l'importance d'aliments d'origine animale. Toutefois, même cette source n'est pas toujours ( omplète, et il faut alors fournir un supplément à même d'autres aliments. Même les protéines des œufs et du lait sont incomplètes pour l'alimentation des poussins. Toutefois, les connaissances acquises sur la nature des amino-acides dans beaucoup de produits alimentaires nous permettent de combiner rationnellement différents types de protéines de façon à éliminer le manque d'amino-acides. D'après ce qui précède, on constatera la grande importance de varier les sources protéiques.

Hydrates de carbone. — Les hydrates de carbone sont des combinaisons de carbone, d'hydrogène et d'oxygène; on peut les diviser en deux catégories distinctes: les sucres et les formes plus complexes comprenant les amidons, le glycogène, les dextrines, les pentosans et la cellulose (fibre). Les hydrates de carbone, sauf la fibre, sont désignés comme "extrait sans azote". Tous les hydrates de carbone peuvent être convertis en matière grasse et déposés sous cette forme dans diverses parties du corps, ou encore ils peuvent être convertis en glycogène et emmagasinés sous cette forme dans le foie d'où ils sont tirés pour être convertis en glucose et utilisés dans l'organisme. Ils jouent donc, pour ces raisons, un rôle important dans le maintien du poids du corps chez les poules fortes pondeuses, Ils se composent principalement de sucres et de fécules.

Matières grasses. — Les matières grasses se rapprochent de beaucoup des hydrates de carbone, car elles servent principalement à produire de la chaleur et de l'énergie corporelles. Elles sont déposées en grandes quantités dans les tissus et autour des organes internes. Les matières grasses sont une source d'énergie plus concentrée que les hydrates de carbone. Lorsqu'il y a insuffisance simultanée, d'hydrates de carbone et de graisses, les protéines peuvent être converties en matières grasses pour la production d'énergie, mais les hydrates de carbone et les matières grasses ne peuvent être convertis en protéines. On voit donc qu'une ration manquant de protéines ne peut donner de bons résultats, quelque riche qu'elle soit en hydrates de carbone et en matières grasses.

Substances minérales. — Outre les trois éléments que nous venons de mentionner, les substances minérales, terme employé pour désigner les composés minéraux, sont également importante, car elles entrent dans presque toutes les fonctions du corps et spécialement dans la formation des os et de la coquille de l'œuf. De même, certaines substances minérales, notamment le fer et le cuivre, font partie de la composition normale du sang et sont essentielles pour prévenir l'anémie. Le rôle de deux substances minérales, le calcium et le phosphore, spécialement dans la nutrition de la cellule vivante et dans la formation des os, leur donne une grande importance dans l'alimentation.

Il y a encore d'autres substances minérales essentielles, mais il est rare qu'il s'en produise une carence parce qu'elles sont abondantes dans- beaucoup d'ingrédients alimentaires. Le manganèse, qui est nécessaire aux volailles, fait exception à cette règle; il est souvent insuffisant dans beaucoup de rations. Dans certaines conditions, Piode peut également être insuffisant; par précaution, ces deux ingrédients minéraux sont ordinairement ajoutés aux rations. Il est d'autres éléments inconnus, en quantité très faible, qui ne sont pas toujours pré-

sents en proportion suffisante, car la carence en est quelquefois constatée lorsque les oiseaux sont élevés sur certains sols, alors qu'ailleurs cette carence n'existe pas.

Mentionnons le fait que chez la plupart des catégories de bestiaux, certaines substances minérales trouvées en trop grande quantité dans les fourrages sont nettement toxiques et, par conséquent, nuisibles. Par exemple, le molybdène dans les pâturages est nettement toxique aux bestiaux, et le sélénium, à beaucoup d'animaux, y compris les volailles.

On ne sait pas encore au juste quelle est la meilleure quantité optimum de substances minérales pour les volailles. Toutefois, on sait fort bien que les grains de céréales, qui composent le gros de la ration des volailles, ne renferment pas assez de substances minérales pour la croissance et la production d'œufs. Ainsi, il devient évident qu'il faut fournir des substances minérales en plus de la ration régulière de céréales. Etant donné, comme nous venons de le dire, que la meilleure quantité n'a pas été déterminée, il faut en fournir en excès, et les reins et le tube digestif maintiendront l'équilibre voulu par l'élimination de surplus. Il a été démontré également qu'un bon équilibre entre les substances minérales est nécessaire, spécialement dans la proportion relative de calcium et de phosphore pour la formation des os.

Cellulose ou fibre. — La cellulose se compose principalement des parties ligneuses des plantes. Les volailles ne peuvent s'assimiler beaucoup de cellulose; elles digèrent trop vite pour cela et il n'y a pas d'enzymes pour désagréger la cellulose dans leur appareil digestif; elles diffèrent sous ce rapport des ruminants et de la plupart des gros animaux. On peut donc, pour toutes les fins pratiques, considérer que la cellulose n'a aucune valeur nutritive dans la ration des volailles. Elle exerce, cependant, une influence bien nette sur le volume de la ration et, par conséquent, sur la quantité d'autres principes nutritifs consommés. Sa fonction la plus importante consiste à séparer les ingrédients finement broyés du mélange alimentaire, ce qui les empêche de s'empâter et permet une meilleure pénétration des sucs digestifs dans toute la nourriture. On a souvent remarqué que les volailles qui reçoivent une ration extrêmement pauvre en cellulose sont portées à ramasser de la paille, de l'herbe sèche et d'autres substances de même genre, et il en résulte un blocage du jabot.

Vitamines. — Les vitamines sont des substances principalement d'origine végétale, essentielles à la vie et spécialement à certaines fonctions de l'organisme, chacune d'elles ayant son utilité particulière. Les vitamines reconnues jusqu'ici ont été classées et ont reçu une nomenclature précise. Nous les passerons toutes sommairement en revue, quoique certaines d'entre elles n'aient que peu d'importance dans l'alimentation des volailles.

Vitamine A. — Cette vitamine est soluble dans la graisse et, par conséquent, ne se trouve que dans les parties grasses des aliments. Elle aide à la croissance normale; lorsque la ration n'en contient pas, certains désordres peuvent se produire, notamment, la xérophtalmie, une affection des yeux, la goutte viscérale, qui se manifeste par un dépôt excessif d'urates dans tous les organes internes et l'apparition de pustules typiques dans la bouche et dans la gorge. ^ Une des caractéristiques les plus importantes de cette vitamine est la faculté qu'elle possède d'augmenter la résistance du corps aux infections. Lorsqu'elle est entièrement absente de la ration des jeunes poussins, ceux-ci cessent de croître, ils perdent l'usage de leurs membres et meurent. Les volailles ont un plus grand besoin de vitamine A que la plupart des autres animaux.

On ne trouve pas la vitamine A dans les substances végétales comme telles, mais la carottine de la verdure et des produits végétaux est convertie en vitamine A dans le foie de l'oiseau, et pour cette raison, la car.. tune est

souvent appelée wpro-vitamine A". Pendant la saison de végétation, la verdure constitue la principale source ordinaire de vitamine A; au cour- de l'automne et de l'hiver, les huiles de poisson et les aliments verts secs en sont les principales sources.

Vitamine D. — Cette vitamine qui, comme la vitamine A, est soluble dans la graisse, est aussi indispensable que cette dernière. Sans elle, les volailles deviennent raehitiques, les os se forment mal, la croissance se ralentit, les œufs ont une coquille molle et cclosent mal. Il n'y a qu'un très petit nombre de substances qui contiennent une concentration suffisante de cette vitamine pour en fournir la quantité nécessaire dans les rations des volailles. Cependant, à la lumière directe du soleil, la croissance peut être normale et la formation des os parfaite quand bien même la ration ne renfermerait pas ces substances. On considère que les rayons ultra-violets du soleil activent une substance trouvée dans la peau et que cette substance ainsi activée produit la vitamine D. Cette source de vitamine D (lumière solaire) est très importante dans l'alimentation des volailles. On a identifié jusqu'ici plusieurs formes différentes de vitamine D. Les seules qui aient un intérêt appréciable dans l'alimentation des volailles sont les fractions D2 et D3, la première appelée calciférol, la deuxième, déhydrocholestérol-7 irradié. C'est la dernière de ces deux vitamines qui est la forme naturelle la plus importante; on la trouve dans la peau, les plumes et les poils, et elle est activée par les rayons solaires ultra-violets. La première est moins active que la seconde pour les poulets; en conséquence, on éprouvera sur les poussins les substances destinées à fournir la vitamine D afin de s'assurer de leur efficacité dans l'alimentation des volailles.

Vitamine B. — Cette vitamine est généralement connue sous le nom de "B complexe", car il est maintenant avéré qu'il existe plusieurs vitamines B différentes. Elles sont toutes solubles dans l'eau. Nous laisserons de côté beaucoup des vitamines B pour étudier seulement les plus importantes dans l'alimentation des volailles, à savoir, la thiamine, la riboflavine, la choline, l'acide pantothénique, la pyridoxine, l'inositol et l'acide folique, que nous verrons brièvement. On peut réduire ces dernières à celles qui, en raison de leur nécessité dans l'alimentation des volailles, ne se rencontrent pas assez souvent en proportion suffisante dans les aliments et qui, par conséquent, doivent être l'objet d'une attention spéciale. Ce sont la riboflavine, la choline et l'acide pantothénique.

La thiamine. — Cette vitamine contribue au bien-être de l'organisme animal en stimulant l'appétit, la digestion et la croissance, et en l'aidant à résister aux parasites et à maintenir l'élimination normale. Dans des conditions normales d'alimentation, cette vitamine se trouve dans un si grand nombre des substances entrant dans les rations ordinaires, telles que les céréales et leurs sous-produits, les aliments verts, 'frais ou secs, que les risques d'insuffisance s'en trouvent très réduits.

Riboflavine. — Découverte encore plus récemment que la thiamine, cette vitamine est très importante dans l'alimentation des volailles. Le fait est qu'une carence de riboflavine dans la ration des volailles est chose encore très répandue malgré que l'on en connaisse la grande importance. Elle est nécessaire à une croissance normale, à la prévention d'une affection des poussins connue sous le nom descriptif de "paralysie entraînant le reeroquevillement des doigts", et au maintien de bons œufs d'éclosion provenant de sujets reproducteurs. Il ne faut pas oublier qu'une ration contenant assez de riboflavine pour maintenir une forte production d'œufs peut encore contenir trop peu de cette vitamine pour produire des œufs qui éclosent bien. Etant donné l'importance de la riboflavine, sa proportion dans beaucoup d'ingrédients alimentaires communs est indiquée au tableau 1.

Choline. — Cette vitamine est sans doute très importante dans l'alimentation des volailles, particulièrement dans celle des jeunes poussins et des dindonneaux. Lorsqu'elle est présente en proportion suffisante, elle stimule la croissance et prévient une affection connue sous le nom de pérose. La pérose est souvent constatée chez les poussins et chez les dindonneaux élevés sur treillis métallique ou en enclos. Le joint du jarret s'hypertrophie et dégénère, ce qui fait dévier le tendon d'un côté, et la partie inférieure de la patte se trouve ainsi à angle droit avec le corps. La choline n'est pas le seul facteur prévenant cette affection, mais elle y contribue largement. Le tableau 1 indique les aliments à haute teneur de choline.

Acide pantothénique. — Cet acide était autrefois connu comme filtrat; il est indispensable à une bonne croissance, à l'emplumement et à la prévention de la dermatite. Les poussins atteints de cette infection ont de la gale au coin du bec, les paupières épaisses et souvent collées l'une à l'autre (sans écoulement ni matière caséeuse) ; enfin des gerçures apparaissent sur les pattes et les écailles des pattes s'épaississent. Dans beaucoup de cas, l'acide pantothénique peut constituer un facteur limitatif dans la bonne croissance des poussins. Il faut donner de cette vitamine en abondance aux sujets reproducteurs pour que les poussins qui éclosent en aient une réserve pour se développer normalement. Le tableau 1 indique la teneur en acide pantothénique de quelques ingrédients alimentaires ordinaires.

Pyridoxine (Vitamine B6). — Les poussins dont la ration ne renferme pas assez de pyridoxine perdent l'appétit, se développent lentement, ont des convulsions spasmodiques et autres affections nerveuses. Cette vitamine est également essentielle à la reproduction normale. On la trouve dans les grains de céréales, le lait, la viande, le foie, la levure et la verdure. En raison de son abondance dans les fourrages ordinaires, il est facile de satisfaire les besoins de cette vitamine.

Inositol. — Bien qu'elle soit essentielle au métabolisme normal, il a été démontré que cette vitamine peut être aisément fournie dans les rations ordinaires; à vrai dire, comme l'acide nicotinique, elle ne constitue pas un problème avicole.

Acide folique. — L'une des variétés de B complexe les plus récentes, souvent désignée sous le nom de "facteur casei L", elle s'est montrée essentielle à la croissance normale, à la formation du sang et à l'emplumement. Les derniers renseignements sur les sources de cette vitamine indiquent que les parties feuillues des plantes, la farine de foie et la levure sont de bonnes sources, tandis que les grains de céréales et leurs sous-produits (blé, avoine, maïs, riz glacé, son de riz), la farine de graine de lin, la farine de soja, la farine de poisson, les issues de viande, le lait écrémé et le petit-lait, contiennent aussi de cette vitamine en proportions appréciables.

Vitamine C (Acide ascorbique). — Etant donné que les volailles peuvent apparemment produire cette vitamine dans leur propre organisme à même les aliments absorbés et qu'elles ne sont pas susceptibles au scorbut, une maladie causée par la carence de cette vitamine, elle est actuellement considérée d'aucune importance dans l'alimentation des volailles. En fait, on a réussi expérimentalement à élever des volailles normales avec un régime scorbutique, c'est-à-dire une nourriture dépourvue de vitamine C, et l'on a retrouvé cette vitamine dans les glandes des volailles, ce qui démontre qu'elle est produite par l'organisme.

Vitamine E. (Alpha tocophérol). — Cette vitamine (vitamine contre la stérilité) influence la fertilité et il est possible que la reproduction ne puisse avoir lieu en son absence. On sait qu'elle prévient également un état souvent appelé "la folie des poussins", maintenant désignée sous le nom d'encéphalo-

malade de l'alimentation. La vitamine E es! soluble dans la graisse mais les graisses rances la détruisenl par oxydation. La présence d'anti-oxydants dans les aliment- naturels en prévient quelque peu la destruction (en prévenant l'oxydation). La vitamine E elle-même aide à empêcher la destruction de la carottine, la pro-vitamine A. Toutefois, on a démontré qu'elle est présente en grandes quantités dans les grains des céréales, particulièrement l'huile de germe, dans la verdure et la viande; il est donc possible que l'on n'ait pas à en tenir compte dans l'alimentation des volailles.

Vitamine K (Vitamine anti-hémorragique). — Cette vitamine fait partie d'un groupe nombreux de composés solubles dans la graisse dont la fonction première consiste à stimuler la formation de prothrombine, nécessaire à la coagulation normale du sang. On la trouve dans beaucoup de verdures alimentaires, mais particulièrement dans les produits de luzerne.

D'autres vitamines qu'il vaut la peine de mentionner et qui ont été l'objet de recherches récemment, sont les facteurs R, S et M, la vitamine Bc et la vitamine Bc conjuguée. On croit que ces vitamines peuvent constituer une entité, notamment, de l'acide folique qui agit dans la prévention de l'anémie.

On a constaté que la biotine est essentielle à la prévention de la pérose, accompagnée de manganèse, de choline et d'un facteur non identifié présent dans la fraction de foie de bœuf soluble dans l'eau. Un autre facteur entraîne l'érosion de la paroi intérieure du gésier lorsqu'il manque dans le régime alimentaire.

On ne saurait attacher trop d'importance au fait que la levure est une excellente source des vitamines précitées sauf en ce qui concerne le facteur entraînant l'érosion dans le gésier. Ce facteur se trouve dans l'huile de soja, le son de blé et de riz, la farine de graine de chanvre et la farine de feuilles de luzerne.

Dans l'étude du rôle des vitamines pour l'alimentation des volailles, il importe de savoir que les vitamines A, B1 (thiamine), B2 (riboflavine), l'acide pantothénique, l'acide nicotinique (facteur préventif de la pellagre) T l'inositol, la choline, C, D, E, et K, si importants dans l'alimentation humaine, se trouvent en concentrations plus ou moins grandes dans les produits avicoles, notamment les œufs et la viande de volaille. Si ces facteurs se trouvent dans les aliments, il est évident qu'en plus de fournir aux volailles les vitamines essentielles dont elles ont besoin, la valeur nutritive des produits qu'elles fournissent est également plus grande.

On a trouvé en ces dernières années, la formule chimique réelle de certaines vitamines et l'on peut maintenant produire quelques-unes d'entre elles par voie synthétique, sous la forme pure et presque pure.

Principes nutritifs clans les aliments

Nous avons traité séparément, dans les paragraphes qui prédèdent, des principaux principes nutritifs, à savoir, protéines, hydrates de carbone, matières grasses, substances minérales, cellulose et vitamines. Il s'agit maintenant de savoir dans quelles proportions ces principes se rencontrent dans les aliments donnés ordinairement aux volailles, pour que nous puissions utiliser ces aliments judicieusement. Nous indiquons les valeurs nutritives au tableau 1 qui comprend beaucoup des aliments généralement employés à l'heure actuelle. Dans bien des cas, ces chiffres représentent plus d'un millier d'analyses individuelles; on peut donc considérer qu'ils représentent une bonne moyenne pour les aliments en question. Remarquons ici, cependant, qu'entre les différents échantillons d'un môme aliment il peut y avoir de grandes variations, et que le seul moyen réellement exact de connaître la richesse nutritive d'un échantillon quelconque est d'en faire l'analyse chimique. Par exemple, on a trouvé que dans trois cents wagons de recoupes de blé (middlings) analysés par une grande

maison commerciale, la teneur en protéine variait de 13-02 p. 100 à 19-06 p. 100, et sur cent wagons consécutifs dans chacun des mois de février, juillet et novembre, seulement quatre, onze et quarante-sept wagons respectivement égalaient ou dépassaient la moyenne de Henry et Morrison (17-4 p. 100). Dans ces conditions, les analyses moyennes présentées dans le tableau suivant ne sont qu'approximatives. Cependant, elles indiquent les mérites relatifs des différents aliments et c'est là leur utilité principale.

Il est à noter, cependant, que le grain entier, les verdures et les légumes frais, ne varient que dans des limites très modérées, les produits moulus (sousproduits des grains), les verdures desséchées et les aliments d'origine animale sont ceux dont l'analyse varie le plus.

Chaque aliment est utilisé pour fin définie et quand deux aliments s'offrent au choix, on prend de préférence celui qui contient le plus de l'élément nutritif recherché. Par exemple, les grains sont une source d'hydrates de carbone plutôt que de protéines et de substances minérales, et cependant ils ont une valeur bien nette comme source de la vitamine Bi. La plupart des sous-produits des grains sont plus riches en protéine et en vitamines que les grains entiers et .sont très utiles pour régler la proportion de protéine et de cellulose dans la ration. On voit aussi que les verdures sont très faibles en principes nutritifs, surtout à cause de la forte quantité d'eau qu'elles renferment; par contre, elles constituent une excellente source de vitamine A et de riboflavine. Elles augmentent également le volume de la ration. Les racines, comme les betteraves fourragères et les navets qui sont peu nourrissants et pauvres en vitamines possèdent peu de qualités qui puissent les faire valoir pour l'alimentation des volailles, et ne doivent être considérées que comme un pauvre succédané aux verdures. Comme il est essentiel d'avoir une grande quantité de protéine et de substances minérales pour assurer la rapidité de la croissance et augmenter la ponte, les aliments d'origine animale sont des sources très importantes de principes nutritifs riches en protéine et aussi, généralement, en substances minérales. Dans certains cas, ils sont aussi de bonnes sources de vitamine A et de riboflavine.

Certaines vitamines se trouvent en quantités raisonnables dans un si grand nombre des ingrédients employés ordinairement dans la ration des volailles qu'il n'est pas nécessaire de donner des suppléments alimentaires pour les fournir en quantité suffisante. Parmi les vitamines mentionnées ci-dessus, seulement les vitamines A, D, la riboflavine, l'acide pantothénique et la choline sont susceptibles de manquer dans les aliments ordinaires, dans des conditions courantes. Par exemple, la vitamine B1 se trouve en quantités raisonnables dans les grains de céréales, et puisque ces grains forment la plus grande partie des rations des volailles (85-90 p. 100), il est peu probable qu'il se produise une carence de cette vitamine. Par contre, la vitamine D se trouve rarement dans les aliments naturels, et il faut en conséquence la fournir au moyen de suppléments dans la ration. D'avril à octobre, la lumière solaire fournit assez de rayons ultra-violets pour prévenir l'insuffisance probable de ce facteur, mais pendant le reste de l'année, il faut l'ajouter à la ration. Les huiles de poisson renfermant la vitamine D sont la seule source naturelle connue, tandis que certains produits irradiés, tels que le cholestérol activé, sont également efficaces, et si l'on veut obtenir des résultats satisfaisants, il faut inclure l'un ou l'autre de ces produits dans les rations en hiver. Les autres vitamines qui doivent être fournies spécialement sont la vitamine A, la riboflavine, l'acide pantothénique et la choline; elles peuvent être pourvues en quantités suffisant es par un choix approprié d'ingrédients en se servant du tableau 1 sur la teneur en vitamine des aliments. Les valeurs moyennes de la teneur de ces vitamines dans la plupart des aliments communément employés sont indiquées dans ce tableau. Sous l'en-tête "Rations des poules", le tableau décrit en détail l'application

des renseignements sur les vitamines à la composition de rations adéquates. 11 ne faut pas oublier que si les oiseaux sont exposés à la lumière directe du Boleil mute la journée et s'ils disposent d'un grand parcours pourvu d'une abondance de verdure fraîche et succulente, comme l'herbe, la luzerne ou le trèfle, il n'est pas nécessaire de fournir de suppléments spéciaux pour les vitamines A et D. Il est à noter également que le séchage rapide des verdures augmente grandement leur valeur en vitamine, ce fait est mis en évidence par la haute teneur en vitamine des graminées et des feuilles de luzerne déshydratées artificiellement.

Principes nutritifs digestibles

Tout le monde sait que les aliments ayant la même composition ou à peu près n'ont pas pour cela la même valeur alimentaire, car leurs éléments nutritifs ne sont pas tous assimilables au même degré. Les uns sont digestibles et assimilés par l'organisme, tandis que les autres sont rejetés avec les fientes. Il n'y a en somme qu'une façon de déterminer exactement l'assimilabilité des éléments nutritifs des aliments; c'est l'épreuve de la digestibilité, par laquelle les quantités et les analyses des aliments donnés sont comparés aux quantités et aux analyses des excréments évacués; la différence restant dans le corps est ce qui a été digéré. Ces résultats sont généralement donnés comme "coefficients de digestibilité", qui représentent le pourcentage digestible d'un aliment ou d'un élément nutritif. Les essais de digestibilité sur les volailles sont très compliqués parce que les déchets des reins et de la voie digestive sont évacués ensemble et ne peuvent être séparés facilement; voilà pourquoi les aliments à volailles dont la digestibilité a été déterminée sont très peu nombreux. Le tableau 1 indique la digestibilité des volailles pour un certain nombre des aliments les plus employés, non comme coefficient de digestibilité mais comme quantité réelle de matière nutritive digérée. Par exemple, l'orge renferme 11-8 p. 100 de protéine brute, suivant le tableau, mais seulement 8-5 p. 100 de protéine sera absorbé en réalité dans la voie intestinale et assimilée par l'organisme. Il ne faut pas oublier que les données sur la digestibilité obtenues pour les autres animaux de ferme ne s'appliquent pas aux volailles. Bien qu'il ne soit pas possible ici de pousser l'étude de cette question, on peut dire que la quantité de matière nutritive digérée n'indique pas sa valeur définitive; par exemple, les protéines de la même digestibilité peuvent ne pas avoir les mêmes fins utilitaires dans l'organisme, car chacun a, pour ainsi dire, sa propre "valeur biologique".

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