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L'Allemagne de M. de Bismarck

2i«|K»lë«ii I^*', prophète. — Mapoléon et Feaiperear d'Allenagne. — .¥«peléoB et M. de BUnarck.

L'emperear d^Âllemagne, auquel M. de Bismarck prodigue en toute occasion les marques de respect, laisse depuis bien des années déjà M. de Bismarck gouverner r Allemagne. M. de Bismarck a le rôle d'un Richelieu/ S'il n'est pas tout-pul^sant^^ c^st que la puissance lui suffit. La France sait que par un rescrit paru au mois de septembre 1884 l'empereur conférait à M. de Bismarck l'Ordre pour le mérite (le seul ordre qu'il n'eût pas encore) avec la couronne de chêne. Je donne le texte du rescrit pour que le lecteur sache bien sur quel ton l'empereur d'Allemagne parle à son premier ministre.

€ L'anniversaire que nous célébrons aujourd'hui, et qui me rappelle un des événements les plus importants qui marquent la période da vingt-deux ans de nos travaux communs, me fait souvenir aussi que non seule-

ment vous m'avez secondé comme conseiller éprouvé dans les deux dernières guerres, mais que vous avez aussi été à mes côtés, comme soldat, et qu'il existe en Prusse une décoration, V Ordre pour le mérite, que vous ne possédez pas encore.

« Bien que cette décoration ait une signification exclusivement militaire, il y a longtemps, cependant, que vous devriez l'avoir, car, dans plus d'une circonstance difficile, vous avez fait preuve du plus grand courage militaire, et vous avez démontré, à mes côtés, dans deux campagnes, d'une manière éclatante, qu'outre les autres distinctions, vous avez pleinement droit à une haute distinction militaire. Je ne fais donc que réparer un oubli en vous conférant l'Ordre pour le mérite ; je vous le confère tout de suite avec la couronne de chêne, afin d'indiquer, par là, que vous devriez l'avoir depuis longtemps et que vous l'avez gagné plusieurs fois.

« Je sais si bien qu'un cœur de soldat bat dans votre trine que j'espère vous faire plaisir en vous confét cette décoration, que plusieurs de vos ancêtres ont illeurs été fiers de porter. C'est, en même temps, \ satisfaction pour moi de rendre justice au soldat is la personne de l'homme que la bonté divine a mis les côtés et qui âTfant tait pour la patrie. Ce sera, en rfrj «trrgra'ïidè'Joîé pour moi îe^oiis^ voir porter doréant l'Ordre pour le mérite. »

/Allemagne de 1884 est bien l'Allemagne de M. de naarck ; c'est même peut-être ainsi qu'on l'appellera s l'histoire. On dira plus tard l'Allemagne de M. de

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