X INTRODUCTION
Sur la situation générale de l'Europe et des partis révolutionnaires de cette époque Engels nous renseigne assez complètement dans la préface qu'il écrivit pour l'édition de propagande des « Révélations sur le procès des communistes de Cologne», et qui se trouve reproduite en tête de la seconde partie de ce volume. Certaines affirmations, certaines prédictions que les faits ont démenties y sont suffisamment expliquées.
Quant à l'organe qui accepta les articles de Marx, le Daily Tribune de Neiv-York, c'était un journal à tendances fouriéristes. 11 est aujourd'hui parfaitement réactionnaire. 11 avaitétécréé en 1841 par Horace Grceley, fouriériste militant et fondateur de la célèbre « phalange » de Brookfarm. L'un des sociétaires de celle-ci, Dana, fit, au cours d'un voyage à Londres en 1848, la connaissance des réfugiés allemands, en particulier de Freiligrath. A son retour en Amérique, il devint rédacteur en chef de la Tribune (1851 ) et offrit à Marx d'y collaborer probablement sur les indications de Freiligrath.
Marx avait quitté l'Allemagne en 1843, après la suppression de la Rheinische Zeihmg, et se
dont Eleanor Marx ot Rautsky ont l'ait pn-céder les éditions antîlaise et allemande.
IMRODUCTION XI
rendit d'abord à Paris. Bientôt il fut expulsé de France, puis de Belgique. Après la révolution de 1848, il put rentrer dans le premier de ces pays, qu'il quitta d'ailleurs bientôt pour aller publier en Allemagne, à Cologne, la Nfiiie rheinische Zeitung. Cette publication fut à son tour supprimée, et Marx revint en France, avec sa famille. Mais les temps avaient déjà changé, et il fut obligé d'en partir encore une fois; il se rendit à Londres oîi il s'établit définitivement.
Marx a commencé à collaborer à la Tribune au moment où ses conditions d'existence étaient des plus précaires. Ses principaux collaborateurs étaient Bruno Bauer, Bayard, Taylor, Ripley, etc. C'est dans ce même journal que Marx a publié ses articles sur les relations de lord Palmerston avec le Gouvernement russe.
Dana rendit à Marx un signalé service : il lui permit de vivre et de se livrer aux travaux économiques qui allaient l'absorber à peu près complètement. 11 lui fournit, en outre, le moyen de se disculper d'infâmes accusations. Vogt, dans une brochure publiée en 1859, avait reproché à Marx de « vivre de la sueur de l'ouvrier » ; la National Zt'iiiinrj, renchérissant encore, l'accusa de recevoir des subsides de la police et de fabriquer de faux billets. Le procureur de Berlin ayant refusé