‹ L'Allemagne en 1848Chapitre 20 sur 52 · LE PANSLAVISME · texte numérisé non relu

LE PANSLAVISME

autrichienne^ résultat dont elle n'est redevable qu'à son propre fanatisme et à son propre manque de clairvoyance.

Si les frontières entre la Hongrie et l'Allemagne avaient pu faire l'objet de quelque doute, elles auraient certainement causé une autre querelle. Mais heureusement il n'y avait aucun prétexte. Les intérêts des deux nations étaient, en fin de compte, liés; aussi luttaient-elles en commun contre les mêmes ennemis : le Gouvernement autrichien et le fanatisme panslaviste. Pas un instant le bon accord ne fut troublé. Mais la campagne d'Italie a entraîné au moins une partie de l'Allemagne dans une guerre meurtrière; et nous devons constater ici — et cela prouve à quel point le système de Melternich a réussi à arrêter le développement de l'esprit public — que, pendant les premiers six mois de 1848, les mêmes hommes qui, à Vienne, montaient aux barricades, sont venus rejoindre, pleins d'enthousiasme, l'armée qui combattait les patriotes italiens. Cette déplorable confusion d'idées n'a, d'ailleurs, pas duré longtemps.

Enfin, il y eut encore la guerre contre le Danemark au sujet de Schleswig et Holstein. Ces pays, allemands, sans aucun doute possible, par leur nationalité, leur langue et leurs goûts, étaient nécessaires également à l'Allemagne au point de vue militaire, naval et commercial. Pendant les derniers trois cents ans, leurs habitants ont énergiquement lutté contre l'invasion danoise ; et le

droit des traités était, d'ailleurs, de leur côté. La révolution de mars les mit en lutte ouverte contre les Danois, et les Allemands les ont soutenus. ^lais, tandis qu'en Pologne, en Italie, en Bohême, et, plus tard, en Hongrie, les opérations militaires étaient conduites avec une extrême énergie, dans cette guerre, la seule populaire, la seule, au moins en partie, révolutionnaire, on a adopté un système de marches et de contre-marches qui ne donna aucun résultat ; on fit intervenir la diplomatie étrangère; après beaucoup d'engagements héroïques, la guerre se termina misérablement. Pendant cette expédftion, le Gouvernement allemand trahit à chaque occasion l'armée révolutionnaire de Schleswig-Holstein; il la laissa intentionnellement exterminer par les Danois quand elle fut dispersée ou divisée. Le corps des volontaires allemands fut traité de la même façon.

Mais, tandis que le nom allemand ne récoltait ainsi que de la haine de tous les côtés, les Gouvernements constitutionnels et libéraux de lAIlemagne se Frotlaient les mains de joie. Ils av.iicnl réussi à écraser le mouvement polonais et tchèque : ils avaient réveillé partout les vieilles animosités nationales qui, jusqu'à présent, avaient empêché toute entente et toute action commune entre les Allemands, les Polonais et les Italiens. Ils avaient habitué le peuple aux scènes de guerre civile et de répression militaire. L'armée prussienne avait repris confiance en elle-même en Pologne, et l'ar-

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