LA RESTAURATION DE F. ORDRE
pays on état de révolution ot engagé dans une guerre extérieure ne |)enl tolérer une Vendée dans son ])ropre sein.
(Jnant à la Constitution proclamée» par Temperenr au moment de la dissolution de la Diète, nous n'avons pas à y revenir, car elle n'a jamais eu d'api)lication réelle, et se ti'ouve maintenant complètementmiseàlécart. Depnisle 14 mars 1849, l'absolutisme fat rétabli en Autriche, dans tons les sens et sous tous les ra|)ports.
En Prusse, U'sChamIires se réunirent en février, pour la ralificalion e! la revision de la nouvelle (-Iharle promulguée par \o roi. b]lies siégèrent pendant six semaines, assez humbles et soumises dans leurs rapports avec le Gouvernement, mais pas assez préparées cependant pour aller aussi loin que le désiraient le roi et ses ministres. Aussi furent- (dles dissoutes dès qu'une occasion convenable se présenta.
Ainsi l'Anlriche comme la Prusse se trouvait pour le moment débari'assée des entraves du contriMe parlementaire. Les Gouvernements avaient concentré maintenant tout le pouvoir entre leurs mains et pouvaient l'employer part(uit ofi il le fallait : l'Autriche contre la Hongrie et l'Italie, la Prusse contre l'Allemagne. La Prusse, en effet, était en train de préparer, elle aussi, une campagne pour le rélahlissement de 1' « ordre » dans les petits Etats.
La contre-révolution ayant triomphé dans les
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deux grands centres d'action de l'Allemagne — à Vienne et à Berlin — il ne restait que les Etats plus petits, 011 la lutte était encore indécise, quoique, là aussi, la balance penchât de plus en plus du côté opposé à l'intérêt révolutionnaire. Les petits Etats ont trouvé, comme nous l'avons dit, un centre commun dans l'Assemblée nationale de Francfort. Or cette Assemblée, qu'on appelait nationale, quoique son esprit réactionnaire fût à tel point évident que la population de Francfort, elle-même, se révolta contre elle les armes à la main, avait une origine plus ou moins révolutionnaire par sa nature même; elle occupait, en janvier, une situation anormale et révolutionnaire; sa compétence n'avait jamais été définie, et elle était, entin, arrivée à décider — décision qui. cependant, n'a jamais été reconnue par les grands Etats, — que ses résolutions avaient force de loi. Dans ces circonstances et lorsque le parti des monarchistes constitutionnels vit ses positions prises par les absolutistes ressuscites, il ne faut pas s'étonner que la bourgeoisie libérale et monarchiste de presque toute l' Allemagne ait placé tontes ses espérances dans la majorité de l'Assemblée; de même, les petits boutiquiers, qui formaient le noyau du parti démocratique, se ralliaient, dans leur détresse croissante, autour de la minorité de cette même Assemblée, qui formait en etîet la dernière phalange parlementaire compacte de la démocratie. D'un autre côté, les Gouvernements
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des pays plus considérables, et en particulier le ministère prussien, voyaient de mi(»ux en mieux l'incompatibilité existant entre un corps élu aussi irrégulier et le système monarchique rétabli en Allemagne, et, s'ils n'ont pas aussitôt prononcé sa dissolution c'était uniquement parce que le moment n'était pas encore venu et que la Prusse espérait s'en servir d'abord pour ses propres projets ambitieux.
Pendant ce temps, cette malheureuse Assemblée tombait dans une confusion toujours plus grande. Ses délégations et ses commissaires étaient traités, à Vienne comme à Berlin, avec un extrême mépris; un de ses membres fut, en dépit de l'inviolabilité parlementaire, exécuté comme un rebelle ordinaire. Ses décrets n'étaient observés nulle part, et si les organes principaux du pouvoir y faisaient attention, ce n'était que pour émettre des notes de protestation contestant le droit de l'Assemblée à voter des lois et à prendre des rc'solutions obligatoires pour eux. Les représentants de l'Assemblée, le pouvoir exécutif central, se trouvait engagé dans des querelles diplomatiques avec presque tous les cabinets de l'Allemagne, et, malgré tous leurs efforts, ni l'Assemblée, ni le Gouvernement central ne pouvaient amener l'Autriche et la Prusse à exprimer d'une façon définitive leurs vues, leurs projets et leurs griefs. Enfin, l'Assemblée commença à y voir clair, — assez clair, du moins, pour comprendre
qu'elle avait laissé le pouvoir s'échapper de ses mains, qu'elle se trouvait à la merci de l'Autriche et de la Prusse, et que, si elle voulait donner une Constitution fédérale à l'Allemagne, elle devait s'y mettre tout de suite et sérieusement. Beaucoup de membres hésitants virent également d'une façon claire qu'ils avaient été complètement dupés par Jes Gouveinements. Mais que pouvaient-ils faire maintenant, dans leur impuissance? La seule chose qui aurait pu les sauvei", c'était le passage prompt et décisif dans le camp populaire ; mais même le succès de cet acte était plus que douteux. Ensuite, où étaient, dans cette foule impuissante d'êtres irrésolus, bornés et pleins de suffisance, qui, complètement étourdis par le bruit éternel des rumeurs contradictoires et des notes diplomatiques, cherchaient leur unique consolation et leur unique soutien dans l'assurance, éternellement répétée, qu'ils étaient les hommes les meilleurs, les plus grands et les plus sages du pays et qu'eux seuls pouvaient sauver l'Allemagne, — où étaient, disons-nous, parmi ces pauvres créatures, qu'une seule année de vie parlementaire avait complètement transformées en idiots, les hommes capables d'une résolution prompte et décisive et moins encore d'une action énergique et conséquente ?
Enfin le Gouvernement autrichien jt'ta le masque. Dans sa Constitution du 4 mars, il proclamait l'Autriche une monarchie indivisible, ayant