LE TRIOMPHE DE LA PRUSSE
mourir en fLimoe. Aussi se mit-elle sérieusement à l'ouvrage, dans le but de donner au monde, aussi rapidement que possible, sa grande œuvre, la «Constitution Impériale». 11 y avait cependant à cela une difiiculté. Quel était le Gouvernement ext'cutit" qui allait être créé? Un conseil exécutif? Non, car ce serait, comme on le pensait avec sagesse, faire de l'Allemagne une République. Un « président « ? Cela revenait à la même chose. Aussi était-on obligé de faire revivre l'ancienne dignité impériale. Mais, comme c'était naturellement un prince qui devait être empereur, lequel serait-ce ? Ce ne serait certainement aucun des Dit minoruin genliiim, de Reuss- Schleitz-Greitz-Lobenstein-Ebersdorf à la Ravière ; ni l'Autriche, ni la Prusse ne Taurait toléré. Cela ne pourrait être que l'Autriche ou la Prusse. Mais laquelle des deux? Il est hors de doute que, dans des circonstances plus favorables, l'auguste Assemblée aurait siégé jusqu'à présent pour discuter ce dilemme important sans être capable d'arriver à une conclusion quelconque, si le Gouvernement autrichien n'avait tranché le nœud gordien et ne l'avait ainsi débarrassé de tout souci. L'Autriche savait très bien que, du moment qu'elle pouvait reparaître devant l'Europe avec toutes ses provinces soumises, comme une forte et grande puissance européenne, la loi même de la gravitatiou politique allait entraîner le reste de l'Allemagne dans son orbite, sans le secours
de l'autorité que pouvait lui donner la couronne impériale conférée par TAssemlilée de Francfort. L'Autriche était devenue beaucoup plus forte et | beaucoup plus libre dans ses mouvements, depuis j la perte de la couronne impuissante de l'Empire j allemand, couronne qui gênait sa politique in- ] dépendante sans ajouter un iota à sa force i aussi bien à l'intérieur de l'Allemagne qu'en i dehors d'elle. Et, au cas où l'Autriche n'aurait î pas pu maintenir ses positions en Italie et en i Hongrie, elle aurait été défaite et annihilée en ï Allemagne également, et n'aurait jamais pu prétendre ressaissir la couronne qui avait glissé de ses mains lorsqu'elle était encore en ploine possession de ses forces. C'est ainsi que l'Autriche se déclara aussitôt opposée à toute résurrection impérialiste, demandant simplement la restauration de la Diète allemande, le seul Gouvernement central, connu et reconnu en Allemagne, par les traités de 1815, et fit paraître, le 4 mars 1849, une Constitution qui n'avait d'autre sens que de déclarer l'Autriche unemonarchie indivisible, ceniraliséeet indépendante, distincte même de cette Allemagne, que l'Assemblée de Francfort devait réorganiser. Cette déclaration si ouverte ne laissait, en effet, d'autre choix, aux prétendus sages de Francfort, que d'exclure l'Autriche de l'Allemagne, et de créer, avec le reste du pays, une espèce de Bas- Empire, une « petite Allemagne », dont le manteau impérial, plutôt râpé, devait tomber sur les