DE LA SIXIÈME ÉDITION
tt Vous ne pouviez assure'ment vous proposer de tâche plus fe'conde et plus belle que celle d'e'crire une histoire populaire de rAllemagne. (Je prends ici le mot populaire dans son sens le plus e'ieve'.) Utiliser pour cette grande œuvre les recherches déjà faites, les re'sumer dans leurs parties essentielles afin d'en composer un ensemble bien coordonne'; s'efforcer de revêtir les faits d'une forme de langage siuipie, e'nergique et concise, en un mot rendre cette histoire digne d'être appre'ciée par le pubhc intelligent et éclaire', c'est là, en vérité, une noble tâche, et je loue celui qui dès sa jeunesse s'est donné une si haute mission. Elevons notre pensée vers un but vraiment grand; nous puiserons dans sa beauté même la force, le courage, le désintéressement qui nous sont nécessaires pour le poursuivre. » Voilà ce que m'écrivait Böhmer, le 5 mai 1854, en réponse à une lettre où je lui faisais part de l'intention où j'étais de prendre pour objet principal des travaux de toute ma vie l'histoire du peuple allemand Lorsque je lui présentai plus tard le plan de mon livre, lui indiquant la place particulière que j'entendais y faire à l'histoire de la civilisation, et comment, avec une prédilection marquée, je comptais mettre cette histoire sur le premier plan, Böhmer m'approuva pleinement. « Je tiens pour certain y , me dit-il, « qu'à notre époque il est très-nécessaire d'insister sur ce point plus qu'on ne l'a fait jusqu'ici. Les études modernes doivent être dirigées dans ce sens. Mais, à mon avis, il faut avoir grand soin de tenir tout ce qui se rapporte à la civilisation dans un certain isolement de l'histoire proprement dite, c'est-à-dire du récit des événements politiques. »