‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 367 sur 477 · DÉPÉRISSEMENT DES OEUVRES CHARITABLES · texte numérisé non relu

DÉPÉRISSEMENT DES OEUVRES CHARITABLES

parents et ancêtres, seigneurs et rois, princes et bourgeois, devrait pourtant nous faire rougir. Ils ont si abondamment et charitablement donné, et cela même avec excès, aux églises, aux cures, écoles, abbayes, fondations, hôpitaux, etc.! Cependant ni eux ni leurs descendants n'en sont devenus plus pauvres '. «

Parce que sous le papisme, dit-il ailleurs, on s'était montré si bienfaisant, si compatissant, Dieu, en récompense, avait accordé du bon temps >■. - La promesse de Jésus-Christ s'était accomplie, en ce temps-là, car il a dit : Donnez, et 11 vous sera donné, et l'on vous versera une mesure pleine, pressée, débordante ! Cette parole s'était vérifiée pour les dévotes gens qui, avant nous, avaient fait de pieuses aumônes, entretenu les prédicateurs, les écoles, soutenu les pauvres et richement fondé et donné. Dieu leur avait accordé la paix et le repos, et c'est de là qu'est venu le proverbe populaire : Aller à l'église ne retarde point; faire l'aumône n'appauvrit pas; le bien mal acquis ne profite jamais. De là aussi les malheurs auxquels nous assistons. A cause de notre avarice insatiable, à cause des larcins qui se commettent, et parce que personne ne veut plus rien sacrifier pour Dieu ni pour le prochain, accaparant pour lui tout seul ce que ses ancêtres ont légué, parce que nos chrétiens prétendus s'engraissent de la sueur et du sang du pauvre. Dieu, pour salaire, nous envoie renchérissement des denrées, la discorde et toutes sortes de maux, jusqu'à ce qu'enfin nous nous entre-dévorions ou que tous ensemble, riches et pauvres, grands et petits, soyons dévorés par un autre-. "

• T. XIV. p. 389-390.

« Sümmtl. Werke, t. XIII, p. 224-225.

Page 1