I.UTIIEK SUR LOBSiP. NATION DU DIMANTIIE. iOH
rimi(|ue (oridemcnt du «;abbaf de Moïse, c'est donc une iMisoii toute |)liyi-i(|ne, tout extérieure, el le Christ a eu les mêmes motits pour la contirnier. Or, dès qu'il ne s'agit plus que du repos du corps, il est évident que celui ([m n'est pas l'atijvué peut sans aucun péché violer la loi du sabbat, et faire choix d'un autre jour pour obéir â la réclamation de la nature. Une autre raison de garder le dimanche, c'est le devoir d'entendre la parole de Dieu', » Le dimanche, selon Luther, n'est donc qu'une loi purement extérieure, et par conséquent de peu d'importance. >< Dieu =, dit-il dans son grand catéchisme, « s'est réservé le septième jour, comme nous le lisons dans la Bible. Il nous a ordonné de garder ce jour et de le tenir pour saint entre tous, mais ce n'est qu'aux seuls .luifs qu'a été imposée cette loi tout extérieure. Dieu voulait que ce jour-là ils se reposassent des œuvres serviles, et que les hommes el les animaux eussent un peu de repos, de peur qu'un travail incessant ne vint à les épuiser. Mais ce commandement ne s'adresse qu'aux intelligences grossières; il ne nous concerne en rien, nous autres chrétiens, puisqu'il se rapporte à une nécessité toute physique. Comme une foule de prescriptions de l'Ancien Testament, il a trait à des mœurs, à des personnes, à des temps et des lieux fort différents des nôtres. Depuis le Christ, tout cela est abandonné à notre liberté. Mais pour bien faire comprendre aux simples ce que Dieu demande de nous par ce commandement, sachez que nous ne considérons pas l'observance des jours fériés comme d'obligation pour les chrétiens instruits et intelligents; ceuxci, encore une fois, n'en ont aucun besoin; nous gardons le dimanche à cause de certaines nécessités physiques, en vue des gens du peuple, des serviteurs et des servantes qui, travaillant toute la semaine, ont besoin d'un jour de répit; nou^ le maintenons surtout parce que, ce jour-là, on pourra se réunir pour assister au service divin. Notre sabbat n'est plus obligatoire, ni attaché à un moment précis, comme chez les Juifs; seulement, comme de toute antiquité le dimanche a été désigné pour le jour du repos, nous trouvons bon de le conservera " » 11 importe peu ", dit-il ailleurs en expliquant le troisième commandement, ^- que nous observions ou non le sabbat; les consciences sont libres. Celui qui veut ne pas y avoir égard peut conti uuer à travailler, nous ne le blâmerons pas, et nous ne le renierons pas pour cela. Cette question est laissée à notre libre appréciation'. ' Cette opinion de Luther et de ses disciples devait avoir les plus graves conséquences. Déclarer que Dieu ne fait pas aux chrétiens une stricte obligation d'observer le dimanche, c'était ôter à l'homme
' Sämmtl. Werke, t. XXIX, p. 136, 143, Uu, 157. 167, 173-174.
- Sämmtl. Werke, t. XXI, p. 48. i
3 ï. XXXVI, p. 93.