‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 478 sur 572 · RESISTANCE DU HAUT PALATINAT CONTRE LE CALVINISME · texte numérisé non relu

RESISTANCE DU HAUT PALATINAT CONTRE LE CALVINISME

de l'agonie du Christ, des ténèbres de la semaine sainte, les images et les crucifix furent interdits comme « entachés d'idolâtrie ». On se demanda même un moment si les barbes des prédicants luthériens ne devraient pas être coupées?

Une lettre de l'Empereur vint rendre le courage aux membres de la diète. Maximilien les exhortait à fuir comme par le passé les erreurs de Calvin, surtout la doctrine de l'Eucharistie, tout en se montrant obéissants envers leur souverain dans toutes les questions civiles. Il se refusait à croire que leur seigneur voulût chargt'r leur conscience en les forçant à violer le traité d'Augsbourg au mépris de la constitution ecclésiastique établie par son prédécesseur Otto Henri; si cependant l'Electeur allait jusque-là, l'Empereur leur conseillait de protester au nom de la paix de religion, qui avait fait une loi à tous les membres d'Empire de pratiquer soit l'ancien culte, soit la religion de Luther, à l'exclusion de toute autre opinion ou secte*. L'Electeur fut extrêmement irrité de cette intervention dans ses affaires. Il fit dire au messager de Maximilien de s'en retourner au plus tôt vers son maître, et se plaignit à Vienne du procédé employé envers lui. Jusque-là, écrivit-il à l'Empereur, personne n'avait pu le convaincre d'hérésie ou d'erreur de doctrine; il était étonné que l'Empereur eût parlé du règlement ecclésiastique d'Otto Henri, puisque dans l'appendice de ce règlement, à l'endroit oii il était parlé d'additions ou de retranchements possibles, le prince n'avait pas obligé ses descendants à suivre à la lettre ce qu'il avait établi, et que de son vivant lui-rnême y avait ajouté beaucoup de choses '^. Frédéric reprocha aux Etats d'avoir reçu la lettre impériale, qu'il trouvait malséante, et leur défendit de la manière la plus sévère d'y répondre de quelque manière que ce fût ^. Mais il ne put jamais « briser ces dures cervelles ;). Les Etats lui déclarèrent que tous les changements qu'on avait opérés jusque-là avaient été faits contre leur volonté, et que, faisant usage du droit que leur reconnaissait la paix de religion, au pis aller, ils quitteraient le pays.

« Je voudrais que ton père et tous ses faux prophètes fussent loin d'ici, » écrivait le 20 décembre 1566 la comtesse luthérienne Dorothée, veuve de Frédéric II, à Suzanne, fille de l'Electeur actuel ; (c je voudrais ôter toute cette affaire de mon esprit; mais on souffre tant autour de moi que la chose est presque impossible. Au sujet de la religion, rien n'a encore été obtenu; les nôtres conservent leur

1 Wittmann, pp. 40-83.

« Kloçkhohn, Briefe, t. I, pp. 706, 717-719.

* Kluckhohn, Friedrich der Fromme, p. 275.

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