ÉLECTION DE RODOLPHE II
par l'Empereur, En tout cas, ils déclarèrent ne pouvoir rien faire dans une question de cette importance sans l'assentiment et le conseil de tous les membres du Saint-Empire réunis *. Déjà toutes les négociations étaient sur le point de se rompre, lorsque Auguste, après un long entretien avec l'Empereur, se déclara d'accord avec lui et décida le Brandebourg à le suivre, il fut convenu qu'il no serait pas question de la Déclaration particulière dans la formule d'élection, à la condition que Maximilien promettrait « de rectifier et de redresser ce point » à la prochaine Diète ^.
L'Empereur était toujours prodigue de promesses, « mais quand il fallait en venir à l'exécution, c'était autre chose ». Peu de temps avant la Diète de Ratisbonne, les Protestants de Bohême en avaient fait l'expérience. Pour favoriser l'avènement de son fils au trône de Bohême, Maximilien leur avait fait les plus belles promesses : une fois Piodolphe élu, il ne parut plus s'en souvenir ^.
Rodolphe fut proclamé roi, et, le 2 novembre 1575, Daniel, archevêque de Mayence, posa sur sa tête la couronne impériale''. «C'est bien malgré moi, » dit Maximilien aux ambassadeurs d'Aix-la-Chapelle, « que la Diète élective et le couronnement ont eu lieu à Ratisbonne; je n'ai jamais eu l'intention de retrancher quelque chose aux privilèges et traditions des villes d'Aix-la-Chapelle et de Francfort. Ce qui est arrivé a été commandé par une impérieuse nécessité, avec l'assentiment des Electeurs, qui ont pu se convaincre par eux-mêmes de la frêle santé et de l'apparence chétive de Sa Majesté 2. »
La formule de serment dont se servit Rodolphe était la même que celle dont Maximilien avait fait usage avant lui *'.
Pendant les préliminaires de l'élection aussi bien qu'à la Diète de l'année suivante, on put se rendre compte du mouvement qui s'opérait dans l'Empire en faveur do l'ancienne religion. La mésintelligence du Palatinat et de la Saxe paralysait l'action du Protestantisme et, d'autre part, le parti catholique reprenait quelques avantages. Non seulement il suscitait desembarrasaux Protestants, mais il faisait d'énergiques efforts pour recouvrer les territoires
' Sur la Déclaration supplémenlaire, voy., pour plus de détails dans ce volume le chapitre sur la Diète de Ratisbonne en 1576.
s Kluckhohn, Briefe, t. II, pp. 833-899.
^ Voy. Reimann, Der böhmische Landtag des Jahres i5/5. Forschungen zur deutschen Geschichte, t. III, pp. 239-280.
■* Les rapports du nonce Delfino, envoyés de Ratisbonne du 3 au 5 novembre 1575 sont très curieux à consulter; voy. Theiner, Annal., t. II, pp. 463-470.
* ^ Charles de Glauburg au Conseil de Francfort, 5 novembre 1575, Frankfurter W'ahltagacten, t. X, fol. 9.
"Voy. plus haut, p. 217.