‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 565 sur 630 · RÉVOLTE D'ALSACE · texte numérisé non relu

RÉVOLTE D'ALSACE

de prétexte aux nouveaux croyants de Strasbourg pour provoquer un brisement d'images '. Les paysans insurgés se donnaient pour si experts dans la science du « véritable Évangile », qu'au rapport de Capito, ils sommèrent les abbés et les prêtres de se rendre dans leur camp, pour avoir avec eux une dispute publique sur des questions théologiques, menaçant d'envahir tous les couvents qui refuseraient d'envoyer leurs représentants. Strasbourg, en 1524, avait eu la faiblesse d'accorder droit de cité à plusieurs bourgeois et paysans chassés des principautés voisines pour y avoir excité des troubles. Aussi la ville se voyait-elle actuellement gravement menacée. Le bruit courait que le conseil avait fait emprisonner seize bourgeois < soupçonnés d'avoir voulu faire pénétrer les hordes insurgées dans la cité, pour piller ensuite avec eux clercs et laïques2 ». Saverne, résidence de l'évêque de Strasbourg, ville munie de bons ouvrages de fortification, ouvrit ses portes aux révoltés et prêta serment « à l'Union chrétienne ». Ce n'étaient partout qu'incendies, vols, profanations d'églises, criminelle destruction des plus nobles ouvrages d'art. Dans l'abbaye princière de Maurusmiinster, près de Saverne, les émeutiers, après avoir tout saccagé, mirent le feu à la bibliothèque. Pour pénétrer dans la maison des chevaliers de Saint- Jean, il fallait marcher « jusqu'aux genoux dans les débris de livres et de papiers ». Dans le camp des paysans, tout reluisait de calices, patènes, orfèvreries d'église d'or et d'argent, ornements d'autel de tous genres3. A Wissembourg, l'un des bourgmestres et plusieurs conseillers étaient du parti des révoltés1, dont le plus grand nombre appartenait aux corporations de vignerons. L'abbaye fut pillée, l'église de Saint-Élienne assaillie; des voitures remplies de livres, de registres de dimes, amenées sur la place du marché, et leur contenu livré aux flammes. Dans un récit de ces dévastations, écrit par le chapitre de l'abbaye, on se plaint plus amèrement encore des bourgmestres et des conseillers que des paysans. « Les paysans », y est-il dit, « n'ont demandé le sang d'aucun prêtre, au lieu que ceux de Wissembourg se sont montrés d'un tout autre avis, comme ils le savent mieux que personne5. »

voy. Vibck, t. I, p. 107-194. — Hartfelder, Strassburg louhrend des Bauernkriegs, p. 225.

1 L'archiduc Ferdinand écrivait le 20 mai 1525 au pape Clément Vil : « ...qua' apud Argentinam acta sint, pudet referre; nusquam locorum magis est spreta religio quam illic. » Communiqué par Chmel, dans les Sitzungsberichten der Wiener Académie der Wissenschaften, t. II, p. 28-34. — B\LAN, p. 457.

5 Lettre du 27 avril 1525, dans Schreiber, Bauernkrieg, t. II, p. 63. — Baumann, Quellen, p. 78G. — Il LRTFELDER, Strassburg während des Bauernkriegs, p. 245.

oy, Zimmermann, t. n, p. 575-570.

; Voy. BOEIX, p. 27, 4G.

I50ILL, p. 15-10, 23,60,67, 71.

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