INSURRECTIONS DANS LES ÉVÈCHÉS DE MAYENCF. ET DE TRÊVES
au comité, les révoltes répondirent qu'ils n'avaient aucun besoin de conseillers; qu'ils étaient à eux-mêmes leurs conseillers, leurs bourgmestres, leur pape et leur empereur. Les villages environnants pactisèrent avec les rebelles, et vinrent apporter leurs réclamations au conseil.
Dans une adresse présentée le 22 avril au conseil par le comité révolutionnaire après la remise des articles, nous lisons : « Si nous devions nous en rapporter aux anciens contrats ei aux lois humaines, comme cela s'est pratiqué jusqu'à présent, il nous faudrait abandonner la parole de Dieu et renoncer à l'amour fraternel; or nous sommes chrétiens, et il ne peut nous convenir en aucune manière de nous laisser plus longtemps opprimer par des maximes païennes, opposées à l' Évangile. Nous aimerions mieux perdre nos biens et nos vies que de tolérer que la crainte des hommes, les institutions humaines ou les privilèges portassent plus longtemps atteinte à la parole de Dieu. Cependant si par mégarde il s'était glissé dans un ou plusieurs de nos articles quelque réclamation contraire à l'Évangile ou blessant la charité fraternelle, et si ce fait nous était démontré par des textes précis, tirés de la sainte Écriture, nous consentirions aussitôt, pour la gloire de cette divine parole, en toute cordialité et bonne volonté, à nous laisser corriger, et nous aurions égard à la remontrance qui nous serait adressée. Mais ce fait ne s'élant pas encore produit, nous déclarons ne pas vouloir nous laisser égarer à l'avenir par les lois humaines, résolus que nous sommes à persévérer dans l'observance de la parole de Dieu et dans la pratique de la charité chrétienne'.
Les insurgés ne cessèrent de menacer et d'intimider qu'après avoir obteuu du conseil et du clergé la sanction de tout ce qu'ils réclamaient, a Le conseil », lisons-nous dans un acte municipal officiel, « ne sachant comment se comporter dans des circonstances si difficiles, se résigne, en présence de l'injuste violence qui lui est faite, à adopter, comme ou le lui demande, les articles proposés. » Les conseillers jurèrent doue d'observer les articles, au nombre de quarante-cinq; puis les bourgeois, levant la main, renouvelèrent leur serment. La révolution paraissait apaisée et la tranquillité rétablie.
Mais on s'aperçut bientôt de l'importance qu'avait l'habile restriction placée à la fin des articles. Les insurgés, en effet, s'étaient réservé le droit, si le besoin s'en faisait sentir, d'y ajouter les récla-
.Joannes Hamerscbmitl a Sigen, suior, ambo vicini et vetercs ;:inici. Aufruhrbuch, t. VIII, noie 1. Voy. Cochl El s. De nais ri leriptis Luther!, p. 115. 1 Aufruhrbuch, p. 45-46. — Voy. Steitz, Gerhard Wetterburg, p. 82.