ÉLECTION DE RODOLPHE II
perdus depuis la paix de religion. Les Protestants ne se trompaient pas en attribuant aux Jésuites le changement qu'ils constataient. Amis et ennemis s'accordent en effet pour reconnaître que la Compagnie de Jésus a été en Allemagne le principal appui de l'Eglise persécutée.
« Il est hors de doute, » écrivait à cette date le prédicant Guillaume Seibert, « que c'est uniquement aux Jésuites qu'il faut attribuer l'état stationnaire et, dans beaucoup de territoires, le recul de l'Evangile; avant que cette engeance diabolique n'ait fait son nid parmi nous et ne se fût propagée, nous avions les plus sérieuses raisons d'espérer que les derniers vestiges de l'Antéchrist et de l'idolâtrie papiste seraient rapidement extirpés de notre pays par les princes, les autorités et les vrais serviteurs de la parole l. » On écrivait du côté opposé : « Tout Catholique, pourvu qu'il attache quelque prix à sa foi et se félicite d'appartenir à l'Eglise unique et au siègo apostolique, doit une éternelle et vive reconnaissance à la Compagnie de Jésus, sans laquelle, à voir les choses de nos yeux humains, le Catholicisme eût été balayé du sol du Saint-Empire. Depuis bientôt dix ans, les Jésuites ont rendu à notre cause d'incalculables services. Tout le monde peut facilement constater que partout où ils ont travaillé avec ce zèle et cette ardeur qui leur sont propres, ils ont été et sont encore à la téte des ouvriers et amis de la vraie réforme évangélique 2. »
« Seibert, p. 21.
» Christlicher Tractât, pp. 5, 7.