‹ L'Allemagne moderne [microform]; ouvrage illustré de [626] illustrations hors texte en couleurs et en noirChapitre 158 sur 164 · LEIPZIG · texte numérisé non relu

LEIPZIG

Une vieille cité. - Souvenirs précmix. - La table de Schumann. - VAuerbachs-hdlcr. -Le tonneau de Faust. - Ici naquit Wagner. - Champ de bataille. - Monument commémoratif sur une colline çPordures -Le petU chaplau de Napoléon. - D^ici^ V Empereur sur.eUla la BaUnlle des Nations.- Leipzig .die des contrastes. - Grossièreté matérudiste, élans idéali:;lcs. - Le culte de Bach. -Le grand philosophe W undt. - Activité industrielle et commerciale. - Accrois.ement de population. — Les mille millionnaires. - Uâme de Leipzig jugée à Dresde. - Triomphe du mercantilisme. - Rivalité de Leipzig et de Halle. - La

politique des chemins de fer. — Une gare de 100 millions.

EiFziG est une ville joyeuse et animée, où le trafic et les spéculations se font dans l'entrain et la gaîté ; ville universitaire aussi, protectrice des sciences, de la philosophie et des arts, où se perpétuent avec les souvenirs d'une prospérité séculaire ceux de noms glorieux. Leibnitz, Bach, Schumann y vécurent. Dans le faubourg de Gohlis, on peut voir encore la maison où Schiller écrivit YHymrtie à la Joie, sur laquelle Beethoven composa la fin de la neuvième symphonie. Il se trouvait pourtant alors, — ô dérision ! — dans une situation misérable, puisque l'on conserve de lui des lettres pleines de sa détresse dans lesquelles il demandait quelque argent à mi gros marchand de la foire. Je suis allé boire un verre de bière sur une table d'un petit cabaret enfumé et sale à l'enseigne : Zum Kaffee-Baum, où pendant sept ans, de 1833 à 1840, Schumann

mit chaque jour ses coudes. C'est là qu'il écrivit cette « suite » où il dépeint si spirituellement le caractère de chacun de ses amis. La table s'appelait Davids-Biindler. Presque rien n'a été changé dans cet estaminet populaire où aujourd'hui ne fréquentent guère que des cochers et des ouvriers. Si vous y allez, que ce soit seul, par un jour gris, vous verrez comme il est facile d'évoquer là l'âme sensible et mouvementée du grand musicien. Gœthe aimait aussi cette ville qu'il appelait « mon petit Paris «. Il comptait parmi les habitués de cette Auerbachs-Keller vieille de plusieurs siècles où, depuis 1428, se réunissaient de joyeuses compagnies d'étudiants et qui devait servir de décor à l'une des scènes les plus fameuses de son Faust. Aujourd'hui tout étranger de passage va faire un pèlerinage à cette cave obscure et enfumée, voûtée comme une cathédrale gothique, pleine de relents de bière et de vin, aux murs peints de fresques à demi effacées représentant les principaux épisodes du Faust. Et le tonneau que

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LA PORCELAINE DE MEISSEN. - Ces "Saxes" appartiennent à la belle époque des produits de Meissen

celle des Ions chauds, francs, vigoureux, qui va de 1735 à 177fi.

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i. 'ALLEMAGNE MODERNE

LA PORCELAINE DE MEISSEN. < .«s ".-.m^- ..,,,.,„ ,,..mm.mI .. h, |,..|l- .•, ,l,

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LE PALAIS DU GRAND JARDIN a subsisté sans (grandes modillcations depuis le xvii" siècle, épo(jue où il fiil

rtiiiïlruit. Il est afTeclé au Miij-ee des Anli(iuités de la Saxe.

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LA GARE PRINCIPALE de DRESDE presenl.- un vénlaltle caraetère nnmuriienlal. Il en va ainsi de la plupart

dt's «ares dans les grandes villes allemandes.

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chevaucha le docteur est là, à un bout (le la cave exiguë.

C'est à Leipzig également que naquit Wagner. Tant de gloire ne lui suffit point. Elle y ajoute les noms de célébrités modernes, de savants comme Wundt, Lamprecht. Bûcher, dont les travaux de I)sycho-physiologie, d'histoire, d'économie politique et sociale enrichissent la science contemporaine.

Les souvenirs guerriers ne manquent même pas à Leipzig. A 5 lieues de là, dans les mornes plaines qui entourent la ville, mourut Gustave-Adolphe. Là aussi fut livrée, du 16 ou 19 octobre 1813, la grande Bataille des Nations. Un monument colossal commémore ces journées fameuses, où les Saxons s'immortalisèrent en lâchant Napoléon en pleine bataille, contre la foi des traités. On l'a construit dans cette inmiense plaine si triste, parsemée de rares et pauvres arbres, avec le produit de souscriptions et de loteries nationales. Ce V ôlkerschlachtsdenkmal s'élève sur un vaste monticule artificiel, fait d'immondices, d'une quantité inimaginable de tessons de verres et de porcelaines, de vieilles boîtes de conserves de toutes tailles et de toutes formes, de cuvettes de water-closets et de seaux hygiéniques, de casseroles défoncées et rouillées et de milliers de batteries de cuisine qu'une armée de marmitons en grève semble avoir déposées là. De cette colline d'ordures s'élèvent d'infectes odeurs. C'est sur ces fondations si peu respectables que la Ligue des Patriotes a élevé un monument très laid qui lui a coûté 5 millions.

Non loin de là se dresse, sur un tertre, un cube de granit où grimpe un lierre entouré d'une simple grille de fer. Un petit chapeau et une épée de bronze y reposent sur un coussin de pierre. Gravés

sur les faces du cube, on lit ces mots: « Le Seigneur est le vrai maître de la guerre et Dieu est son nom. «Quatre petits sapins s'élèvent aux coins de ce modeste monument. A l'entour, parmi les chaumes, des enfants du peuple jouent au cerfvolant. Nous sommes à la mi-octobre ; le ciel est gris, le vent soufïle piquant et rude, faisant dans les branches des sapins un sombre bruit. Et j'imagine Napoléon, par une semblable journée d'automne observant à ce même endroit les phases de la Bataille des Nations. Car c'est pour lui qu'on érigea l'humble pierre et qu'on y rappela le néant des ambiti(m3 humaines devant la puissance divine. Alors, pourquoi cette pyramide arrogante à cent mètres de là, où tant d'armées réunies vainquirent l'armée française trahie par ses alliées?

Ces traditions et sa vieillesse auxquelles l'effort industriel et commercial moderne apporta, avec une vitalité nouvelle, bien des transformations font de Leipzig une ville multiforme et complexe, très riche en contrastes.

Un soir que je me promenais à la kermesse avec un compatriote dont j'ai déjà parlé, l'un des Français les plus distingués que j'aie rencontrés à l'étranger, M. le vice-consul Arqué, nous vérifions ensemble nos impressions de Leipzig.

« Selon les heures et les humeurs, me disait-il, Leipzig ne vous apparaît que comme une ville d'afTaires et de lucre. On oublie alors sa vieille Université et son Gcwandhaus pour ne songer qu'au philistinisme de ses bourgeois (qui ignorent le nom de Wundt, leur plus grand concitoyen vivant) et qu'à la bassesse crapuleuse de son peuple. Des visions de tavernes du Briihl ou de kermesses populaires passent

devant les yeux. On entend aux tables des bourgeois, hommes et femmes aux faces rougies par le vin, manifester leur joie bestiale d'être arrivés à la satiété : «/cA bin satt! Ich kann nicht rnehrh)... Sous les tentes de bière des faubourgs de Reudnitz ou de Gohlis, des ouvTiers chantent en chœur des couplets obscènes sur le vin et l'amour. On revoit dans l'affreuse Wirlschajt enfumée et puante de la Tkiiringcr Hof, «si vieille Allemagne», s'étaler la joie brutale et grossière des étudiants. Et le spectacle est écœurant. Ils boivent cette chose abominable, et dont ils rafîoîent, qui s'appelle la Gôse, étrange mixture ayant l'apparence de l'urine et le goût d'une mauvaise bière mélangée de cidre aigri. Des bouteilles larges et ventrues à la base avec leurs longs cols en tuyaux de cheminée emplissent les tables.

Le roi de Danem.ark est en ce moment à Leipzig, et il n'a pas de joie plus grande que d'aller respirer l'air empesté de ce heu affreux qui l'émeut et le ravit, où Sa Majesté trouve la Gemiitlichkeit idéale...

D'autres fois, par bonheur, des visions douces et charmantes viennent chasser ces évocations pessimistes. Des voix enfantines grêles et fines, des soprani déHcats montent aux voûtes d'une église. Nous sommes à la Thomas- Kirche, et ces chœurs d'enfants sont ceux que Bach organisa dans ce même temple, fidèlement maintpnus depuis sa mort. Ou bien, par un rappel de soii\'riirs heurtnx, <>ii se remémore certaine soirée du Ge\vandhau> nu ],.

maître Xikisch se surpcissa dans l'exécution de quelqii*. >ymphonie de Mendelssohn. Alors ^n oublie la foule brutale des jouisseurs, et l'on revient à plus d'optimisme.

DÉVELOPPEMENT Cependant, ce qui distingue finalement Leipzig, c'est bien son caractère mercantile. Elle se classe, en effet, troisième ville commerçante de l'Allemagne, après Berlin et Hambourg, et deuxième ville industrielle après Berlin. Les marchands, employés de commerce et leurs familles forment les 28 p. 100 de sa population ; 53 p. 100 sont constitués par les familles d'industriels, de leurs employés et ouvriers. Il ne reste donc que 19 p. 100 à distribuer parmi les autres carrières, universitaires, officiers, professions libérales, artistes, etc.

A cette activité industrielle et commerciale correspond un accroissement rapide de la population. Leipzig, qui, en 1870, comptait 106.925 habitants, en possédait 179.689 en 1890. L'incorporation des faubourgs, deux années plus tard, porta ce chiffre à 357.122, et la progression continua : 456.126 habitants en 1900 ; 503.637 en 1905; 528.184 en 1908!

Et le développement de la richesse et du luxe marchait du même pas. Il y a quelques années seulement, on rencontrait peu d'équipages et point d'autos par les rues de Leipzig. Les femmes, ignorant ce qu'était la toilette, allaient au théâtre, aux meilleures places, en blouse ordinaire et sans gants, ou tenant leurs gants à la main. .Aujourd'hui, h-s auhts ]. rivées et les taxi-autos sont nombreuses, et il n'est point rare de voir au thf.Ur»', cî !u<"'rue dans les rues, des femmes loi! cleganuiieut habilles. Ou gagne beaucoup et l'on déf" îis'' "u eonséquence. En 1907, les bipMens payèrent à l'État de la Saxe 11.015.994 marks d'impôts sur le leveuu et 1.779.602(1 impôts supplémentaires, soit 12.795.596 marks, c'est-à-dire les 22 p. 100 du total (l.'s impôts de l'État dans le royaume de Saxe. iNotez qu'ils paient

d'autre part à la ville un impôt égal, sinon plus élevé.

(( N'est-ce point naturel ? me disait im riche industriel lipsien. Ouvrez la Bible, vous y verrez qu'au temps du Christ chacun devait donner le dixième de ses revenus. Et il n'y avait à cette époque ni électricité, ni gaz, ni voirie, ni hôpitaux, ni institutions sociales. Aujourd'hui, nous payons 4 p. 100 à l'État, autant à la ville, cela fait seulement 8 p. 100, et certains osent se plaindre 1 Si j'étais ministre des finances, je leur dirais : « Vous allez me payer 20 p. 100 et « me féliciter encore de ne pas vous taxer « davantage. »

En effet, do telles contributions n'empêchent aucunement les grands éditeurs et les rois de la fourrure de se faire construire d'élégantes villas autour du Johannapark et de l'Albertpark. Il y a une trentaine d'années, ces deux belles promenades n'étaient que des marais. Un de leurs propriétaires légua à la ville 85.000 mètres carrés à la condition expresse que jamais on ne bâtirait sur cet emplacement qui devrait conserver le nom de sa fille Johanna. Devant et autour de ces 8 hectares et demi de verdure et de fleurs, de jolis quartiers de résidence se sont ainsi créés dans une atmosphère de fraîcheur neiirie et verdoyante, et donnent à cette partie do la cité un aspect de richesse. Presque partout le moderne domine ; des rues larges, sillonnées de tramways, des squares et des jardins et de vastes places. Un très vieux burg, datant du moyen âge, se dressait encore, il y a peu d'années, à l'emplacement du nouvel hôtel de ville. Il fallut le démolir, et, pour consoler les Lipsiens de sa perte, la municipalité consentit à sauver la partie inférieure du donjon, et on l'encercla

d'une autre tour reproduisant exactement celle que le temps avait ruinée. La nouvelle tour, qui emprisonne symboliquement le passé dans ses murs, se dresse au milieu de l'hôtel de ville actuel, qui a bel aspect. La rapide fortune de Leipzig fit d'elle une puissante rivale de Dresde et explique le dédain de la capitale saxonne pour cette cité de marchands, où les premières places appartiennent dans la société à de gros éditeurs ou à des commissionnaires en marchandises.

Et voici ce que je lis dans un journal de Dresde qui paraît pendant mon séjour.

« Et l'âme de Leipzig? Elle est le produit d'un labeur bourgeois de plusieurs siècles, le résultat d'une activité créatrice purement marchande et d'énergies vitales consacrées aux affaires. La caractéristique de cette âme est le changement continuel, la hâte, la précipitation, le manque de cette tranquillité qui est un des éléments de la distinction, l'absence de cette modération dans le mouvement et la cadence de la vie qui donne leur cachet spécial aux civilisations aristocratiques. Ici, aucun passé ne peut se maintenir longtemps vivant — tout devient présent Changement continuel, perpétuelle hâte, génie purement mercantile, absence d'esprit conservateur, manque de fleur aristocratique : voilà Leipzig. Et, au lieu de trouver cette couche aristocratique qui couronne les sommets des civilisations riches en tradition, l'on voit fourmiller ici la populace des bas-fonds, e) il ne se passe pas de semaine sans que la nouvelle de quelque forfait vienne terroriser la bourgeoisie... »

Les Lipsiens, d'ailleurs, leur rendent bien leur dédain et considèrent la capitale saxonne comme une ville de poseurs, d'employés de cour et de fonctionnaires,

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de domestiques, en un mot. La rivalité entre Dresde et Leipzig est donc avant tout une rivalité de classes sociales.

Il n'en est pas de même de la rivalité entre Leipzig et Halle, rivalité séculaire que la « politique des chemins de fer » prussienne réveilla et attisa pendant la deuxième moitié de ce siècle. Halle, plus avantagée que sa rivale au point de vue géographique, située au bord d'un fleuve et au point de croisement des « routes du sel», était au xv^ siècle plus importante que Leipzig. Sa prospérité devint telle qu'elle obtint de l'empereur le droit de tenir une foire, ce qui lésait considérablement sa voisine. Celle-ci protesta si violemment que l'Empereur revint sur sa décision. Mais les contestations entre les deux villes se renouvelèrent maintes fois. Finalement, Leipzig triompha, et si la politique de la Prusse, depuis que Halle fut incorporée au royaume prussien, rendit à cette ville une grande importance, elle ne paraît pas de taille cependant à lutter contre sa rivale saxonne.

D'ailleurs, les Lipsiens d'aujourd'hui ne lui cherchent point querelle. Ils font mille amitiés à la Prusse, tout en restant fidèles à la dynastie saxonne; ils exagèrent même leur zèle en devenant impérialistes et pangermanistes. Et cette politique leur a fort bien réussi. La Prusse a, en effet, cessé toute hostilité envers la Saxe et donné la preuve de son bon vouloir en participant aux frais de construction de la nouvelle gare centrale de Leipzig. Ces frais s'élèveront à 100 millions de francs, selon les uns, à 120 selon les autres.

t^uc l'un ciJinprt'imo ïm-ii tiuitc la portée d'une telle participation. En ces dernières années, le gouvernement pnivsim nvnit dirigé tous les trains express iln >nil non pas sur Leipzig, mais vers Halle, beaucoup moins importante et qui ne compte que 150.000 habitants. Elle privait ainsi la cité saxonne de facilités de communications rapides avec les grandes voies internationales. Celle-ci, d'autre part, possédait six gares disséminées en difl'érents quartiers de la ville, autre obstacle aux facilités du commerce. Quatre de ces gares, aboutissements des lignes prussiennes, appartenaient à la Prusse, les deux autres à la Saxe. Le trafic des gares saxonnes et prussiennes étant à peu près égal, aucun des deux Étals ne consentait à payer seul les frais d'une station centrale dont le besoin se faisait cependant sentir. Après bien des chicanes, l'entente se fit, et l'on commença en 1902 la construction de cette gare fameuse qui doit être terminée en 1914. Au dire de la Chambre de Commerce lipsienne, elle sera la plus grande du continent, dépassant de 120 mètres de largeur celle de Francfort-sur-le-Mein, déjà si imposante.

La Saxe et la Prusse paieront 55 millions, Leipzig 16, l'Empire allemand 8.

Sans aucun doute, cette gare centrale, en -unifiant le trafic et en mettant Leipzig en rapports directs avec les principaux centres de l'Allemagne et de l'étranger, va donner un nouvel essor à sa vie commerciale, aux grandes foires annuelles surtout, qui en sont l'une des formes les plus caractéristiques.

l'hut. Nctirn, livritii

LA TERRASSE DU BRÙHL esl le grand rende/.-vous de la poimlalion dre^doise : on > jouil dnn<- vin-

tiiiperbe snr l'KIbe et les collines qui l'encadrenl.

Pliot. 0»« iu'.. P.nri^

LES TRAMWAYS de DRESDE peuvent, loul en Iransporlanl des vo>ageurs, iHre ulilisés pour le camionnage

des marchandises ou pour les déménagements.

Planche 35 i.

LA TKKRASSK DU BRUHL »>l !•■ i^iinnl n'iiil»/ \i.ii- il. |;i |i()|iiil:il joii <lir«(iiii-i- : mi v loijil il mm' mi.

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Planche ib2.

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