‹ L'Allemagne religieuse (volume 2)Chapitre 126 sur 202 · Krabbe, Leben Bernard Overfjerg's · texte numérisé non relu

Krabbe, Leben Bernard Overfjerg's

terre de Munster. Les limites de cette terre ne bornèrent pas son activité bienfaisante. Une grande partie de la jeunesse d'Allemagne est, de plus en plus, élevée d'après sa méthode. Il provoquait le règne de Dieu par se'; paroles et par ses actes. Il distribuait à beaucoup consolation, conseil et aide, et jamais un être ne fut exclu de son amour <.

Avec Overberg s'éteignait la première génération de la Sainte Famille. D'autres après lui restaient, les jeunes de jadis : Katerkamp-, Kellermann^, les Droste-Vischering^ ; ils devaient, le premier par ses travaux d'histoire, les deux autres par leur activité sacerdotale et bientôt épiscopale, perpétuer le souvenir de cette famille éteinte. Encore enfant, avec ses frères et le fils de la princesse Gallitzin, Clément-Auguste de Droste- Vischering s'était essayé à traduire, sous la direction de la princesse, le Combat spirituel, du P. Scupoli^, petit livre d'ascèse, qui dramatise avec une rare finesse psychologique les efforts et les achoppements du chrétien sur la voie de la perfection : Droste-Vischering, devenu archevêque de Cologne, concevra son épiscopat comme il s'était, dans le cercle de Munster, exercé à comprendre la vie ; et l'Eglise rhénane luttera contre les ma-

i. Krabbe, op. cit., p. 229.

2. Sur Katerkarnp (1764-1834), dabord précepteur des Droste-Vischering, puis professeur à Munster, et sur son Histoire de l'Eglise, qu'il conduisit jusqu à l'époque de saint Bernard, voir Rassmann, op. cit., p. 170-171 ; — ^Verner, op. cit., p. 386-388; — et Krabbe, Pûdagogische Erinnerungen, p. 00-61.

3. Sur Kellermann (1776-1847), qui mourut évèque de Munster, voir Rassmann, op. cit., p. 172-173.

4. Sur les trois Droste-Vischering : François-Otto (1771-1826), diacre tuute sa vie, auteur des écrits : Ueber Kirche und Staat (1817), et Ueber die religiôse Freilieit der Kalholiken (1818); Gaspard-Maximilien (1770-1846), mort évèque de Munster; et Clément-Auguste (1773-1845), le célèbre archevêque de Cologne, voir Rassmann. op. cit., p. 89-92.

."). Galland, op. cit., p. 144.

nèges et les avances de l'Etat, comme on lutte contre une tentation.

Mais c'est surtout par son action pe'dagogique, par ses efforts en faveur de l'instruction populaire, que le cercle de Munster eut une influence durable et qu'il se survécut à lui-même ; la princesse Gallit/in et ses amis formaient, indirectement, d'innombrables disciples ; le peuple westphalien, en qui l'Allemagne catholique aime à saluer un modèle, est issu de leur effort éducateur.

L'abbé Baston, chanoine de Rouen, exilé par la Révolution, nous a laissé de longs souvenirs de son séjour en Westphalie en 1794 et 1795. F*our vivre, le malheureux prêtre faisait du tricot, mais cette besogne improvisée lui laissait quelque loisir d'observer la génération qui, ayant alors de trente à quarante ans, n'avait pas encore subi l'influence du cercle de Munster et des réformes scolaires d'Overberg. Baston, en toute sincérité, nous la montre telle qu'elle est. « Le peuple de ces contrées, écrit-il, est encore dévot à la manière du x*" siècle : manière qui, sauf quelques abus qu'on pourrait corriger, ou qui ne sont pas dangereux, en vaut bien une autre pour le salut ^... Des actes extérieurs en quantité, des confessions et des communions à toutes les fêtes, des processions, des pèlerinages... Mais j'ai des raisons de douter que tout cela soit fort éclairé, et que les mœurs soient réellement aussi pures, aussi parfaitement chrétiennes que semblerait l'annoncer une piété

1. Baston, Mémoires, publiés par Julien Loth et Ch. Verger, U, p. 206 (Paris, Picard, 1899). — Cf. II, p. 232 : « Les Mûnstériens sont de zélns catholiques. )-

si amassante'. » Au confessionnal, à la table de communion, les gens se bousculent étrangement; et ce tumulte, ce manque de décence, offusquent Baston jusqu'au fond de Famé-. Les prêtres, aussi, lui semblent parfois passablement choquants.

« Infiniment de dévotion, écrit-il à leur sujet, mais nulle décence dans les cérémonies de l'Eglise. Ils disent la messe en bottes. Leurs mouvements sont brusques, gauches, souvent accompagnés de grimaces scrupuleuses. Ces défauts viennent de ce que la plupart se sont formés eux-mêmes sur de mauvais modèles. On peut être ecclésiastique, instruit et vertueux sans l'éducation de séminaires : mais on n'est que cela... Les ?naisons de vin sont ouvertes au clergé séculier. Il est pour lui de bon ton d'y paraître, d'y boire et d'y fumer. Il y jouera même à quelque jeu innocent. S'il y a danse publique, bal ou assemblée de voisinage, les ecclésiastiques s'y montrent, y valsent des heures entières avec leur dame, et personne ne s'en scandalise. Tous les moments qu'ils peuvent dérober, en conscience, à l'étude et aii ministère, aux bienséances d'usage, c'est à la chasse qu'ils les consacrent 'K » Et quant aux moines, Baston ne peut dissimuler sa surprise lorsqu'il voit les nobles Prémontrés s'abstenir de célébrer quotidiennement lamesse^ parceque cela «est le fait des prêtres nés

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