Sepp, op. cit., p
fut reconnaissante. Gœrres, dès Fâge de dix-huit ans, se fit en terre rhénane le héraut de cette gratitude. Les clubs lui procuraient une chaire : il en profitai II prêchait, avec une candide audace et comme des révélations, les illusions du xvni® siècle. Une brèche s'était faite dans l'histoire du monde : hier, c'était l'abomination, c'était la complicité entre « les prêtres du trône et ceux de l'autel » ; c'était le règne de « ces animaux bien tachetés, mais sauvages et affamés de sang',» qu'on nommait les princes ; c'était la corruption des mœurs ; demain ce serait la Liberté, avec la Vertu comme satellite. On dressait et l'on attifait, à la mode parisienne, des arbres de la Liberté; à Goblentz comme à Paris, la Raison s'incarnait en une femme, que l'adulation des esprits libres faisait déesse -^ ; on improvisait des bouleversements fiscaux, qui devaient faire table rase du passé ^ ; on adoptait la fête française du 22 septembre^; la mort de Hoche devenait un deuil rhénan; et Gœrres apportait derrière la dépouille du général les regrets des patriotes de Goblentz ^\ La scène européenne lui faisait l'effet d'un champ clos, dans lequel la France révolutionnaire s'escrimait
1. Sepp, op. cit., p. ;î5-43. On peut se faire une exacte idée de lentiiousiasnie que les nouveautés révolutionnaires suscitaient alors en Prusse rhénane, en lisant, dans les deux séries d'Etude.'s d'histoire de M. Arthur Chuquet, les pages consacrées à Forster et Adam Lux (Paris, Fontemoing).