‹ L'Allemagne religieuse (volume 2)Chapitre 168 sur 202 · Gœrres, Gesœmmelte Briefe, U, p · texte numérisé non relu

Gœrres, Gesœmmelte Briefe, U, p

G. Sur le rôle et l'assassinat de Kolzebue, voir Denis, l'Alloimi/ne, 1810-1852. p. 127-130.

pas coulé en vain, si tous, puissants et sujets, profitaient de la leçon, et si les amis du mort, pour alléger au-delà de la tombe sa responsabilité, prêtaient enfin leur aide contre cette idolâtrie qu'il avait lui-même créée. Ainsi s'achevait l'oraison funèbre consacrée par Gœrres au théoricien de l'absolutisme prussien; et, pour souligner la portée de son écrit qui voulait être un acte, il jetait h la face des hommes d'Etat ces derniers mots : « Les paroles que nous avons dites peuvent être regardées comme une prédication sur l'esprit du temps; elle n'est pas de nature à Oatter les oreilles des puissants ou de leurs partisans aveuglés, mais l'esprit qui y régne ne saurait être désapprouvé par les fondateurs mêmes de la Sainte-Alliance; car c'est l'esprit biblique'. » Et Gœrres avait raison : l'on croyait entendre un prophète d'Israël demandant à Kotzebue ses comptes, au nom de ce peuple élu qu'était l'Allemagne.

« L'écrit de Gœrres, disait (ientz à Metternich, n'est pas seulement mauvais, il est condamnable au dernier degré, et tombe presque sous le coup de la loi'^ ». La loi n'allait pas tarder à sévir. Car peu de mois après l'assassinat de Kotzebue, un livre nouveau paraissait, qui s'appelait r Allemagne et la Révolution''. Gomme lieu de publication, l'imprimeur, sans préciser, n'avait mis que ce mot : « Allemagne ». Un sentiment général de mécon-

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