‹ L'Allemagne religieuse (volume 2)Chapitre 170 sur 202 · Gœrres, l'Allemagne et la Révolution^ p · texte numérisé non relu

Gœrres, l'Allemagne et la Révolution^ p

2. Gœrres, l'Allemagne et la Révolution, p. 137. — U Cf»mparait les

veut l'unité, et son vouloir est comme la croissance des arbres, comme le vent qui souffle : aucun effort ne peut opposer une barrière... Toute l'histoire de l'Allemagne, depuis trois siècles, n'est que stérilité etlangueur... Autrefois, quand les Etats étaient parvenus à ce point de décadence, la Providence employait le moyen de l'émigration des peuples; des flots de barbares se répandaient sur les nations languissantes. Ce moyen n'existe plus, depuis que la civilisation a détruit les anciennes forets, et que la charrue a dompté la terre au profit de l'homme. Mais cette civilisation a ouvert la communication avec un nouveau monde qui, par des forces morales, remplace cette force physique épuisée, et qui joue un grand rôle dans les révolutions des Etats. C'est ce monde mystérieux des idées qui plane au-dessus de toute notre existence et qui anime toutes les formes. Les idées servent d'âme aux Etats et leur donnent la véritable existence. Mais quand un Etat vieillit, ridée qui l'avait animé, et qui d'abord le pénétrait tout entier, devient de plus en plus étrangère à la matière; alors, de conservatrice elle devient destructrice ; et parce qu'elle veut se construire une demeure nouvelle, elle dissout les liens de l'ancienne organisation, afin de faire place à la création nouvelle... Et de toutes les démences, la plus impardonnable est celle de vouloir arrêter cette grande œuvre de création, et d'entreprendre la lutte contre les idées, dans laquelle personne n'a triomphé '.

La Prusse, insensible au reproche de démence, avança d'une étape dans la lutte contre les idées : un mandat d'arrêt fut lancé contre ce prophète de l'unité allemande; Gœrres dut s'enfuir '". « C'est la malédiction de cette terre infortunée, versifiait alors le poète Uhland, que ceux qui brûlent pour la patrie de la llamme la plus pure sont stigma-

)>oliciers de la Prusse à un honnête bourfieois qui mettrait le feu à sa maison pour détruire les souris {VAlhmaiinc cL la Bévolutùm, p. 141).

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