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V. Napoléon pris comme modèle : la politique concordataire

des souverains. — La Bavière et le Saint-Siège : du Concordat à la déclaration de Tegernsee. — La Prusse et 1' « Antéchrist ». — Politique religieuse nouvelle imposée à la Prusse par ses accroissements territoriaux. — La mission de Niebuhr ; ses dispositions personnelles. — Le voyage de Hardenberg : la bulle De Salute animarum.

VI. Les Etats du sud-ouest et le Saint-Siège. — Péripéties de leurs négociations. — Les deux bulles de 1821 et 1821. — Les trente-sept articles.

Résultats de la collaboration entre la diplomatie romaine et les pouvoirs laïques. — Nécessité d'une collaboration ultérieure entre l'inspiration romaine et les catholiques allemands.

Le Saint-Empire était mort ; mais le josépliisme survivait ; il allait s'incarner, au Congrès de Vienne, dans la personne d'un homme d'Eglise, Wessenberg. La réorganisation de l'Eglise allemande s'accomplirait-elle avec le Saint-Siège ou bien à l'écart du Saint-Siège? Telle était la question, qui, lors même qu'on ne l'énonçait point, demeurait urgente et vivante, au fond de tous les débats. Le Congrès de Vienne, en dépit de Wessenberg, se séparera sans la résoudre ; les divers Etats de l'Allemagne la résoudront par une politique concordataire, c'est-à-dire par des actes de déférence à l'endroit de la Curie romaine. L'épisode, ainsi envisagé, intéresse l'histoire générale de l'Eglise elle-même, et ce qui donne une portée plus large et plus ample à l'étude de ces longs conflits d'intérêts et de doctrines, c'est que l'ascendant même de la Papauté en était l'enjeu.

Ignace-Gharles-Henri de Wessenberg^ était le collaborateur que Joseph II eût rêvé. Elevé dans une famille très joséphiste, chanoine à douze ans, vicaire général de Constance à vingt-six ans, il ne fut ordonné prêtre qu'a trente-huit. 11 possédait donc les biens de l'Eglise et le gouvernement de l'Eglise, avant d'avoir reçu ce que le catéchisme appelle la grâce du sacrement ; mais Wessenberg eût souri du catéchisme, estimant, avec une partie du clergé d'alors, que la raison remplace avantageusement la grâce. Son premier écrit, qui date de 1800, souhaitait pour l'Eglise d'Allemagne une primatie spéciale, h peu près indépendante du Saint-Siège 2 : cette idée de jeunesse obséda son existence entière, et demeure attachée a son nom.

Sous la houlette de ce personnage, l'arrondissement ecclésiastique de Constance devint un terrain d'expériences pour les aventureuses réformes dont il rêvait. Délier Rome par des proclamations bruyantes n'était point de son goût : il préférait travailler discrètement, innover sans fracas, créer ainsi des « faits acquis » ; et, plutôt

t. Sur Ignac(vHenri-Gharles de Wesseiiberj? (1774-1860), voir : Schulte, Die Geschichte. der Quellen und Literatui' des canonischen Redits, III, 1, p. 317-321 ; — Karl Werner, Geschichte der katholischen Théologie, 2« édit., p. 341-353; — la monographie de Joseph Beck, dont nous citons ci-dessous l'édition populaire ; — et l'article que M. Nijrber a consacré à Wessenberg dans le Kirchenlexikon, et qui est assurément l'un des meilleurs de ce vaste recueil.

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