Beck, op. cil., p
2. Tel, par exemple, le Wurteiubergeois Beiioît-Marie-Léonard Werkmeister (1745-1823), ancien bénédictin, qui dirigeait réellement, à cette époque, la politique ecclésiastique du Wurtemberg. Voir, sur ce personnage, Schulte, op. cit., III, I, p. 277-280. Son projet d'une nouvelle constitution de l'Eglise allemande est analysé par Otto Meier, op. cit., II, i, p. 43-45 ; WerkmeistiM- est opposé à l'idée d'une primatie; car, disait-il, le Pape est déjà un ])remier étranger dans l'Etat, le primat en serait un second (Brùck, I, p. 31i>)- — Tel, aussi, en Bade, le bureaucrate Ignace Haeberlin, qui expliquait que, par l'effet de la sécularisation, les droits des chapitres étaient sui)primés ; que la prérogative d'élire l'évèque, exercée par le peuple dans la primitive Eglise, ajjpartenait désormais au prince; qu'il n'avait qu'à expédier au Pape la nouvelle du choix qu'il avait fait ; et que, penser autrement, c'était être un « Hildebrand » et un coquin {Schm-k) (Briick, I, p. 319-322).
3. Voir, sur Georges-Louis-Gharles Kopp (1774-1834), Schulte, op. cit., III, I, p. 310-317. Sa brociiure, publiée vers la fin de 1814 à l'instigation ri»' Dalberg, dont Kopp avait été le chapelain, est analysée dans Otto Meier,
bergne ralliait qu'un médiocre nombre d'hommes d'Eglise. Mais Wessenberg avait derrière lui Dalberg, qui, déchu de son grand-duché, aspirait du moins à garder sa primatie et à l'étendre désormais sur TAllemagne tout entière ; et quant au chancelier de Metternich, qui souhaitait un accord d'ensemble entre le Saint-Siège et le Corps germanique — désormais restauré sous l'égide de l'Autriche, — il ne répudiait pas Tespoir d'obtenir de Wessenberg, désireux, lui aussi, d'unifier l'Eglise allemande, un concours précieux. Quelque temps durant, le plus révolutionnaire des théologiens allait posséder la confiance du moins révolutionnaire des hommes d'Etat, et, pour Wessenberg, cette confiance était une force.
Restaurer dans ses droits originaires et imprescriptibles la communauté chrétienne : tel était le but suprême de Wessenberg. Une Eglise nationale allemande, dépendante d'un primat, régie par des statuts qui seraient partie intégrante de la constitution germanique, tenue sans cesse en haleine par des synodes diocésains, provinciaux et nationaux, et protégée contre le Pape par cette triple barrière du synode, de la primatie, et de la loi fédérale, serait l'organe approprié pour la réforme du catholicisme universel-. Il n'y avait pas
op. cit , n, I, p. 37-39. On trom'era dans Otto Meier, op. cit., II, i, p. 45-52, lanalyse de quelqiies autres écrits du temps, reproduisant plus ou moins les idées de Wesscnberj?.
1. Beck, p. 71 et suiv. C'est dans son Mémoire remis au Congrès le 27 novembre 1814 (Klùber, Akten des Wiener Confjresses, IV, p. 299-304), et dans un projet supplémentaire non daté (Klûber, Akten des Wiener Conçiresses, IV, p. 306-307), que Wessenberg définissait ainsi ses idées ; et
LA RÉORGANISATION DE l'ÉGLISE 125
de temps à perdre; car Pie VII, en rétablissant les Jésuites parmi le silence universel des cours, commettait un coup d'audace qu'il convenait de relever ^ On n'avait qu'à conclure avec Rome un concordat collectif, très sommaire; puis, cette politesse une fois faite, à se passer d'elle. Vouloir négocier, pour chaque Etat, des concordats distincts, c'était permettre à Rome de diviser pour régner. Au contraire, avec un primat qui, de sa propre autorité, donnerait ou rendraitaux évéques les pouvoirs canoniques refusés ou retirés par le Pape, l'Eglise d'Allemagne serait assez virile, assez fière, assez sûre d'elle-même, pour se germaniser, d'abord, et puis pour aider, par son exemple et par son action, à la purification de l'Eglise universelle.
Ainsi nationalisée, elle pourrait, en quelque mesure, calquer sa constitution sur la constitution même de la société allemande ; elle donnerait dans ses conseils une place privilégiée aux membres de l'aristocratie -et leur assurerait ainsi, dans la vie religieuse, cette même préséance que les vicissitudes politiques commençaient à leur rendre dans la vie civile. Dans l'Eglise germanique telle que la voulait le baron de Wessenberg, il n'y avait plus place, ou presque plus, pour la hiérarchie romaine; mais il y avait place pour la hiérarchie mondaine ; les grands de ce
il les développait dans deux écrits : Die deutsche Kirche, et Beimchiunffen ûber die Verhâlinisse der Kalholischen Kirche im Unifant/e des deutschen Bundcs. — Cf. Otto Meier, op. cit., I, p. 457-465.
1. Beck, op. cit., p. 75-7G. Wessenberg prévoyait que, si la Société de Jésus était reçue en Allemagne, un long combat s'engagerait entre la lumière et les ténèbres.