Galland, op. cit., p
nèges et les avances de TEtat, comme on lutte contre une tentation.
Mais c'est surtout par son action pédagogique, par ses efforts en faveur de Tinstruction populaire, que le cercle de Munster eut une influence durable et qu'il se survécut à, lui-même ; la princesse Gailitzin et ses amis formaient, indirectement, d'innombrables disciples ; le peuple westphalien, en qui VAllemagne catholique aime à saluer un modèle, est issu de leur effort éducateur.
L'abbé Baston, chanoine de Rouen, exilé par la Révolution, nous a laissé de longs souvenirs de son séjour en Westphalie en 1794 et 1795. Pour vivre, le malheureux prêtre faisait du tricot, mais cette besogne improvisée lui laissait quelque loisir d'observer la génération qui, ayant alors de trente à quarante ans, n'avait pas encore subi l'influeuce du cercle de Munster et des réformes scolaires d'Overberg. Baston, en toute sincérité, nous la montre telle qu'elle est. « Le peuple de ces contrées, écrit-il, est encore dévot à la manière du X® siècle : manière qui, sauf quelques abus qu'op pourrait corriger, ou qui ne sont pas dangereux, en vaut bien une autre pour le salut*... Des actes extérieurs en quantité, des confessions et des communions h toutes les fêtes, des processions, des pèlerinages... Mais j'ai des raisons dfe douter que tout cela soit fort éclairé, et que les mœurs soient réellement aussi pures, aussi parfaitement chrétiennes que semblerait l'annoncer une piété
1. Baston, Mémoires, publiés par Julien Loth et Ch. Verger, n, p. 206 (Paris, Picard, 1899). — Cf. II, p. 232 : « Les Mùnstérien» sont de sélis catholiques» »
si agissante ^ » Au confessionnal, à la table de î
communion, les gens se bousculent étrangement; et ce tumulte, ce manque de décence, offusquent Baston jusqu'au fond de Tâme-. Les prêtres, aussi, lui semblent parfois passablement choquants.
« Infiniment de dévotion, écrit-il à leur sujet, mais nulle décence dans les cérémonies de TEglise. Us disent la messe en bottes. Leurs mouvements sont brusques, gauches, souvent accompagnés de grimaces scrupuleuses. Ces défauts viennent de ce que la plupart se sont formés eux-mêmes sur de mauvais modèles. On peut être ecclésiastique, instruit et vertueux sans Téducation de séminaires : mais on n'est que cela... Les maisons de vin sont ouvertes au clergé séculier. Il est pour lui de bon ton d'y paraître, d'y boire et d'y fumer. Il y jouera même à quelque jeu innocent. S'il y a danse publique, bal ou assemblée de voisinage, les ecclésiastiques s'y montrent, y valsent des heures entières avec leur dame, et personne ne s'en scandalise. Tous les moments qu'ils peuvent dérober, en conscience, à l'étude et au ministère, auxbienséances d'usage, c'est à la chasse qu'ils les consacrent ^. » Et quant aux moines, Baston ne peut dissimuler sa surprise lorsqu*il voit les nobles Prémontrés s'abstenir de célébrer quotidiennement la messe* parce que cela «est le fait des prêtres nés